L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Burkina Faso: 1re session des investisseurs - Djibrina rameute le gros gibier

Lobservateur

5 Novembre 2009


« Nous chercherons les investissements avec les dents », titrions-nous dans notre édition du mardi 03 novembre 2009, pour relayer les propos du secrétaire permanent du Conseil présidentiel pour l'investissement (CPI), Djibrina Barry. C'était pendant le point de presse, prélude à la 1re session prévue pour se tenir du 5 au 6 novembre 2009. Eh bien ! le rendez-vous a été respecté. Hier, dans la salle des Banquets de Ouaga 2000, à la vue du vaste parterre d'apporteurs d'affaires présents pendant la cérémonie d'ouverture, l'on pouvait, l'air taquin, dire du secrétaire permanent que sa battue, pour les besoins de cette manifestation en tout cas, a été très bien menée et la chasse très bonne.

Société financière internationale, Banque mondiale, Bolloré, Aga Khan, Maroc Télécoms, Orezone, Patronat turc, BOA, UBA, investisseurs russes, indiens ...La liste des potentiels investisseurs étrangers présents hier à la session inaugurale du Conseil présidentiel pour l'investissement (CPI) était bien longue et suffisamment représentative du milieu des affaires international. Mais il n'y avait pas que des visiteurs étrangers.

Les hommes d'affaires burkinabè n'ont pas voulu s'en laisser conter et n'ont, par conséquent, pas marchandé leur présence à cette salle chichement décorée de Ouaga 2000. Face à tout ce beau monde, le président du Faso, Blaise Compaoré, qui semble être visiblement le vrai cerveau de l'affaire. N'est-ce pas lui d'ailleurs le président du CPI ? Pendant son intervention, il n'a surtout pas manqué de faire remarquer qu'avec la mise en place de la structure, « une nouvelle période de notre économie s'ouvre avec espoir ».

En poursuivant, il a fait dans le marketing financier afin de mieux vendre la destination Burkina. « Il y a un gisement d'opportunités d'investissements, longtemps méconnues, mais aujourd'hui largement identifiées et en promotion dans les secteurs des mines, de l'agro-sylvo-pastoral et des services », a-t-il précisé. Dont acte. Osons espérer que ces propos ont fait mouche auprès des entrepreneurs ou représentants de grandes sociétés présents.

A pris la parole en leur nom le vice-président de la Société financière internationale (SFI), l'Ivoirien Thierry Tano, qui a, sans fioriture aucune, fait remarquer que beaucoup hésitent à investir en Afrique et dans notre pays. Mais, il a aussitôt ajouté que les partenaires financiers doivent pourtant croire aux potentialités de développement économique du Pays des hommes intègres.

Certainement que les discussions, qui doivent s'achever en principe aujourd'hui, permettront aux participants de se faire une idée de l'intérêt à investir chez nous. C'est sûr que le chef de l'Etat se fera l'avocat de ses compatriotes avec la cerise sur le gâteau de la rencontre que sont les audiences individuelles qui seront accordées par le chef de l'Etat aux différentes personnalités ayant favorablement répondu à l'invitation.

Issa K. Barry

Attendons le maçon au pied du mur ...

Le Conseil présidentiel pour l'investissement a vu le jour par décret présidentiel du 19 novembre 2007. C'est un organe consultatif présidé par le président du Faso et dont la mission est de donner, par ses réflexions et ses recommandations, une impulsion à l'élaboration et à la mise en Å"uvre des politiques les plus appropriées pour stimuler l'investissement et la croissance économiques. Le CPI comprend 30 membres désignés intuitu personae et issus du secteur privé national et du secteur privé étranger au Burkina Faso.

Il tient deux sessions annuelles sous la présidence du président du Faso. Complémentaire aux mécanismes déjà existants dans son domaine d'activité, le CPI est organisé en groupes de travail thématiques et sectoriels dont la fonction est d'approfondir les réflexions en vue d'alimenter les sessions plénières. Il a été créé un secrétariat permanent qui anime, facilite les activités du CPI et assure l'interface avec les services gouvernementaux impliqués dans la mise en Å"uvre des recommandations.

A l'évocation de la structure, beaucoup d'interlocuteurs écarquillent les yeux, doutant déjà de sa capacité à pouvoir faire changer les choses. Et pourtant, il ne s'agit pas d'une étrangeté économique ou d'un ovni tombé du ciel burkinabè. D'autres pays l'ont mis sur pied ; c'est le cas du Bénin, du Mali, du Sénégal et du Maroc. Alors pourquoi pas nous ? Avant de juger de la compétence du maçon, ayons donc la patience de l'attendre au pied de son mur.

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