Propos recueillis par Eric Elouga
6 Novembre 2009
Catherine Ndoumbe Manga, présidente du conseil de direction de l'Office du baccalauréat du Cameroun.
«Le chef de l'Etat a fait de l'éducation une priorité, et ça s'explique. Si l'on devait se projeter dans l'avenir, je mettrai, pour ma part, l'accent sur un certain nombre de dispositions de la loi d'orientation de 1998, qui trace d'intéressantes pistes pour le futur, à partir de ce qui a été fait jusqu'ici. Car c'est important de relever que beaucoup de choses ont déjà été faites, que ce soit en termes de facilité de l'accès à l'école, la gratuité pour le primaire, ou encore l'amélioration de l'offre en d'éducation.
Ce dernier constitue toutefois l'un des grands chantiers des années à venir, si l'on considère que du fait de la croissance démographique, il faudra encore augmenter cette offre. Dans certaines zones d'éducation prioritaire comme en milieu rural, l'offre n'est pas suffisante, en matière d'établissements, de salles de classe ou encore de personnels enseignants. Dans ce sens, la vague de contractualisation engagée depuis 2007, est sans aucun doute un bon début de réponse. On ne peut non plus éluder la nécessaire réforme des programmes, avec une orientation claire vers la professionnalisation, et un accent particulier à mettre sur l'enseignement technique et les sciences. Il faudrait également accorder plus de place à l'orientation scolaire.
La bonne nouvelle, c'est que les diagnostics sont déjà posés, et que nombre de ces réformes ont été amorcées. Depuis la promulgation de cette loi de 1998 sur l'éducation, nombre de dispositions ont été mises en application, d'autres restent à faire. Les choses évoluent progressivement. Et dans ce mouvement d'ensemble, tout doit partir de la base. C'est pour cela que la mesure de gratuité décidée par le président de la République pour permettre à tous les enfants, indépendamment de leur origine, d'avoir accès à l'école, avec toutes les mesures d'accompagnement qui y ont été greffées, est une étape fondamentale. Il faut maintenant que cette gratuité prévue par la loi, voit son effectivité assurée partout. Je trouve également louable qu'on puisse bientôt introduire dans les programmes de nouvelles disciplines sur des thèmes comme le Vih Sida, qui viennent compléter la formation classique dans la mesure où l'éducation totale doit former un citoyen sain de corps et d'esprit. Mais cette approche doit être suivie d'une pédagogie intégrant le genre (PIG), encore appelée « Gender progressive pedagogy ». Enfin, il faudra insister sur le volet de la moralisation.
Avec l'introduction des Tic, qui sont sans doute bénéfiques au système éducatif, on observe toutefois la perte de certains repères, et le développement d'une certaine acculturation. Il faudrait inviter les parents et toute la communauté éducative à se pencher sur le phénomène, et savoir donner l'encadrement nécessaire pour que les moeurs ne se dégradent pas. Et surtout, combattre la corruption qui gangrène notre système éducatif »
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