Propos recueillis par Eric Elouga
6 Novembre 2009
Le Dr Théodore Bidjogo Atangana, secrétaire général de l'Ordre des médecins du Cameroun.
«Beaucoup de choses ont changé dans le secteur de la santé. Il y a de plus en plus de médecins qui exercent et sont formés au Cameroun. Nous sommes partis de la seule faculté de médecine de Yaoundé qui formait 40 médecins par an, et qui a aujourd'hui triplé ses effectifs ; la mise en place d'autres facultés comme celles de Douala, Buea ou Dschang qui se profile. On a ainsi considérablement amélioré le ratio médecin/population.
Des efforts ont également été faits sur le plan des structures, des équipements, et on a amélioré l'offre en stimulant le secteur privé et encourageant beaucoup de médecins à se mettre à leur propre compte. Cela dit, beaucoup reste à faire. Et comme c'est un domaine sensible, il s'agit d'un processus. Il y a d'abord ce problème de la fuite des cerveaux qui interpelle. De nombreux médecins sont formés ici mais s'exilent ailleurs pour chercher fortune. Nous avons à ce sujet rencontré le Premier ministre plusieurs fois pour lui transmettre ces préoccupations sur l'amélioration des conditions des médecins. Et par amélioration, on n'entend pas seulement l'aspect financier. Il y a aussi tout ce qu'il y a autour, en termes de cadre de travail, d'équipements, etc.
Nous venons par exemple de plancher sur la politique des technologies sanitaires au Cameroun, car il faut une vision pour réaliser les choses. Voir dans les années à venir comment mieux équiper nos formations sanitaires, construire plus d'hôpitaux spécialisés pour réduire les problèmes des évacuations sanitaires par exemple. Que les médecins spécialisés ne se concentrent pas uniquement dans les grandes villes, mais aussi exploiter à fond les champs nouveaux comme celui de la télémédecine. Il est illusoire de penser que dans cinq ans, chaque centre de santé aura un spécialiste dans chaque domaine, et donc on pourra s'appuyer sur les techniques de télémédecine pour résorber le problème. C'est cette politique visionnaire qui est en train d'être élaborée. Mais les gens doivent intégrer que la santé a un prix, et que l'initiative privée est à encourager.
L'Etat ne peut pas tout faire, et le privé est là pour le suppléer dans cette mission régalienne. Et c'est pourquoi les pouvoirs publics ont toujours soutenu le secteur privé. Par exemple, dans la grosse crise qu'elle a récemment connue, la Fondation Ad lucem dont j'assure la direction, n'a pu s'en sortir que grâce à l'intervention personnelle du chef de l'Etat. »
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