Essama Essomba
6 Novembre 2009
Trois objectifs jalonnent l'évolution de la diplomatie camerounaise sous le Renouveau.
En s’adressant à son homologue Idriss Deby Itno à l’occasion du dîner officiel à lui offert par le couple présidentiel le 28 octobre dernier au palais de l’Unité, le président Paul Biya a, une fois de plus, souligné l’importance et la nécessité de la solidarité, gage du développement et de l’intégration en Afrique centrale. Depuis son accession à la magistrature suprême, il n’a jamais cessé de mettre l’accent, chaque fois que l’opportunité lui est offerte, sur la solidarité régionale et la solidarité africaines. Ces valeurs font partie des principes fondamentaux de la diplomatie camerounaise tels que réaffirmés par le président Paul Biya le 6 novembre 1982 dans son discours de prestation de serment devant les députés à l’Assemblée nationale. Il déclarait en effet : « ces options sont, en Afrique, la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats, le respect de leur souveraineté et de leur intégrité territoriale, l’unité et la solidarité africaines, la lutte résolue et irréversible contre les derniers bastions du colonialisme et les méfaits de l’apartheid en Afrique australe, le développement du continent. Elles sont, sur le plan international, la paix entre les nations, le non-alignement, j’entends non-alignement authentique, et la coopération. J’entends une coopération rénovée – dans la perspective d’un nouvel ordre économique mondial plus juste et plus stable. » Dans son essai politique intitulé « Pour le libéralisme communautaire» (Editions Pierre-Marcel Favre-ABC, 158 pages, janvier 1987), il a une fois de plus confirmé les principes ainsi énoncés.
Comment œuvrer pour mettre en action ces principes fondamentaux ? Tel est l’un des principaux défis à relever constamment par la diplomatie camerounaise. Les jalons de la voie à suivre demeurent ceux fixés par le chef de la diplomatie camerounaise lui-même dans son message à la nation le 30 décembre 1983. Il s’agit de renforcer davantage l’action grâce « à une diplomatie de présence, de participation et de rayonnement encore plus active avec tous nos partenaires, les Etats comme les organisations, ceux d’Afrique centrale, du reste de l’Afrique, d’Europe, d’Amérique, d’Asie et du reste du monde, avec lesquels, à des degrés divers, nous nous efforçons d’entretenir les meilleures relations possibles d’amitié et de coopération… Il importe en effet que la voix et l’action du Cameroun retentissent, éclairés, réalistes et fermes, chaque fois que cela est nécessaire et possible ».
Implication personnelle
Présence, participation et rayonnement de l’action diplomatique camerounaise s’illustrent avant tout à travers l’implication personnelle du président de la République. Sans remonter loin dans le temps et sans être exhaustif, l’on peut rappeler au cours des trois derniers mois, la participation du président Paul Biya à l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre dernier à New York où il a fait une fois de plus, comme les années précédentes, entendre la voix du Cameroun du haut de la tribune onusienne. Il a plaidé comme par le passé pour la solidarité des nations, la paix et la sécurité internationales, la mise en œuvre de mesures appropriées de la communauté internationale pour compenser les efforts et les sacrifices consentis par les pays africains face aux changements climatiques, la réforme de l’ONU… Au plan bilatéral, le succès de sa visite officielle en France en juillet 2009 est également une illustration. Le Cameroun a répondu à d’autres rendez-vous internationaux par la présence de délégations importantes, d’émissaires et d’envoyés spéciaux du président de la République, ainsi qu’à travers la présence des missions diplomatiques dans de nombreux pays à travers le monde.
Parallèlement à cette action à l’extérieur du pays, le président Paul Biya accueille régulièrement ses homologues à Yaoundé, comme l’atteste la récente visite du chef de l’Etat tchadien Idriss Deby Itno. Douala ou Yaoundé abritent souvent des conférences internationales ou régionales, à l’instar de la récente rencontre des ministres des Finances de la CEMAC pour faire le point sur la situation de la BEAC. L’activité diplomatique peut aussi s’apprécier à l’aune des multiples et fréquentes audiences accordées par le ministre des relations extérieures et les ministres délégués aux responsables des missions diplomatiques accréditées à Yaoundé. L’objectif du rayonnement s’illustre aussi par la présence de nombreux Camerounais dans les organisations internationales comme l’Organisation internationale des bois tropicaux, dirigée par Emmanuel Zé Meka, ou bien par des exploits sportifs. C’est à cet égard que s’offrent des perspectives imminentes et prometteuses. L’attente de qualification et l’espoir de la participation des Lions Indomptables à la phase finale de la coupe du monde de football en 2010 en Afrique du Sud constitueraient un bouquet pour le rayonnement du Cameroun.
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