Brice Mbeze
6 Novembre 2009
L'Homme du 6 novembre 1982, le gagneur, a imprimé sa marque sur le mouvement sportif.
Le défi
En procédant à l'inauguration du Palais polyvalent des sports le 19 juin dernier, Paul Biya apportait une première réponse à un besoin, à une demande forte formulée par sa jeunesse: le déficit en infrastructures sportives de qualité. Depuis quelques mois, le chef de l'Etat a effet lancé un vaste chantier de construction d'équipements sportifs. Lors de la même cérémonie, il avait annoncé la poursuite du Programme national de développement des infrastructures sportives (PNDIS), programme ayant comme partenaire la République populaire de Chine. Quelques jours seulement après la mise en service du Palais des sports, devenu dès lors un outil de travail de prédilection, le chef de l'Etat obtenait de la Chine l'accord de construction de deux stades flambants neufs à Limbé dans la région du Sud-Ouest et à Bafoussam, à l'Ouest. Selon nos indiscrétions, les travaux commenceront bientôt. Avec des installations sportives modernes, le Cameroun va capitaliser ses atouts pour améliorer les performances sportives. L'ambition est de doter chaque chef-lieu de région d'une plate-forme sportive de référence. Par ailleurs, le programme de réhabilitation des infrastructures existantes se poursuit. A coup sûr, le PNDIS secrétera de nouvelles variétés de champions.
Le pays est en train de passer du sport rudimentaire, avec son corollaire de terrains nus et vagues, d'outil de production dépassé pour un sport industriel qui sollicite de modernes méthodes d'exploitation : l'utilisation de nouveaux intrants sportifs, un couvert végétal de qualité (palais des sports, terrains gazonnés, ouvriers qualifiés). Le sport est comme l'agriculture : ses techniques connaissent une perpétuelle évolution.
Les acquis
Les faits sautent aux yeux. Le Cameroun construit au fil des jours l’image d’un pays de sport. Comme les faits sont têtus, le mouvement sportif national n’amorce véritablement son décollage qu’au début des années 80 qui coïncident avec l’accession à la magistrature suprême de Paul Biya. La « feuille de route » du chef de l’Etat en matière de sport peut être résumée dans cette phrase : « Au Cameroun, il n’y a pas de sport mineur, de sport majeur ou de sport réservé. » Cette ligne directrice est comparable à un plan d’une maison. Après les fouilles réalisées en 1984 et en 1988 avec les premières victoires camerounaises en Coupe d’Afrique des nations, le Renouveau commence à poser les fondations de la maison de sport lors de la décennie 1990-2000. Le pays assure sa présence dans la plupart des grands rendez-vous sportifs internationaux.
Les observateurs sont unanimes. Les fondations du sport camerounais, qui s’appuie sur un formidable potentiel, sont solides. Sous le Renouveau, tous les sports ont bénéficié des mêmes attentions. Résultat des courses : le Cameroun occupe le premier rang des nations africaines au classement FIFA. En athlétisme (triple saut), le pays, grâce à Françoise Mbango, joue les premiers rôles. Dans les sports de salle (basket, volley, hand), le Cameroun figure toujours sur le podium. Il n’est d’ailleurs légèrement devancé que par les pays du Maghreb. Les sportifs camerounais font partie des meilleurs ambassadeurs du pays. Roger Milla, ambassadeur itinérant, Françoise Mbango, double championne olympique, Samuel Eto’o, l’un des meilleurs footballeurs du monde en activité, entre autres, symbolisent cette pépinière entretenue par le chef de l’Etat, toujours aux côtés des jeunes athlètes qu’il arrose d’égards.
Les pistes
Les résultats sportifs sont là. Mais, les observateurs sont unanimes sur le fait que le Cameroun peut faire mieux. La première solution pour franchir le saut qualitatif est de rendre le mouvement sportif professionnel. La gestion des fédérations sportives, épines dorsales du dispositif, est appelée à se moderniser. En amont, un cadre réglementaire et juridique doit être aménagé. En aval, un suivi de proximité des athlètes devrait accompagner le mouvement. Au niveau intermédiaire de la pyramide, il faut renforcer les capacités des entraîneurs nationaux. La préparation des sportifs de haut niveau, objectif recherché, devient de plus en plus scientifique. Le Renouveau tient le bon bout. Comme un supporter qui donne de la voix en voyant passer un Tour cycliste, il ne nous reste plus qu’à dire au Renouveau, tel un maillot jaune qui s’accroche à son bien : « un seul mot, continuez !»
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