Notre Voie (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Evénements malheureux de novembre 2004 - La justice française charge

Félix Teha Dessrait

6 Novembre 2009


Le débat lié à la suppression des cabinets d'instruction occasionné par Nicolas Sarkozy, qui a cours ces derniers temps en France, a amené récemment l'ancien juge d'instruction en charge du dossier "Bombardement de Bouaké" a cloué au pilori le pouvoir français dans les colonnes du journal Le Monde. Véritable pavé dans la mare.

"J'ai attendu plusieurs mois pour que le parquet ouvre une information. Ensuite, il a demandé des annulations de la procédure. J'ai subi des pressions avant d'aller au Rwanda. Qu'aurait fait un procureur soumis hiérarchiquement au pouvoir politique". Cette sortie de Mme Brigitte Raynaud dans le journal Le Monde dans sa livraison du 30 octobre dernier, ne concerne pas uniquement le Rwanda. Visiblement furieuse à cause du débat relatif à la suppression des cabinets d'instruction occasionné par le président français, l'ancien juge d'instruction en charge du dossier "Bombardement de Bouaké" a évoqué les problèmes auxquels elle a été confrontée. Selon le même journal, l'ex-juge d'instruction du tribunal aux Armées de Paris (TAB) "s'est opposée au procureur Jacques Baillet dans une autre affaire, celle du bombardement de Bouaké en Côte d'Ivoire, qui a coûté la vie à neuf soldats français. Le procureur s'est opposé à l'autopsie des corps des victimes". Ce n'est pas tout. Le quotidien Le Monde cite Brigitte Raynaud en ces termes :

"Quand on a enterré les cadavres, on a voulu enterrer l'enquête". En dénonçant publiquement les pratiques du procureur de la République près le tribunal aux Armées de Paris, Brigitte Raynaud entend montrer l'importance des cabinets d'instruction. Qui constituent un contre poids pour le parquet. En novembre 2004, lors de l'opération Dignité visant à libérer la Côte d' Ivoire, les militaires français ont soutenu que les bombardements ivoiriens ont tué des soldats français à Bouaké. Le ministre de la Défense d'alors avait affirmé qu'on ne tue pas les français impunément. Sous forme de légitime défense, l'Armée française a détruit la flotte ivoirienne et tué des jeunes patriotes qui protestaient.

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