Chokri Gharbi
6 Novembre 2009
La Tunisie disposait, au début du siècle dernier et même avant, d'un nombre important de variétés de céréales, de légumes et de fruits qui se caractérisent par le goût, leur qualité et leur capacité de résistance à la salinité mais aussi à la sécheresse et aux conditions climatiques défavorables.
Avec le temps, de nombreuses variétés ont disparu de notre territoire. Le choix de semences et de plants est devenu de ce fait assez limité. Il a donc fallu attendre la création de la Banque nationale de gènes pour valoriser le patrimoine génétique national et restituer plusieurs gènes de pays étrangers comme les Etats-Unis d'Amérique et l'Italie.
Neuf équipes ont été constituées au sein de la banque afin d'effectuer les différentes opérations comme les analyses, le recensement des variétés, l'étiquetage et le stockage. Aujourd'hui, à la faveur de ce travail méticuleux, la banque dispose d'un patrimoine varié de gènes qui peuvent être exploités dans les régions pour avoir le meilleur rendement à l'hectare. Si les responsables de la BNG sont fiers de ce qui a été réalisé, ils considèrent que le chemin est encore long pour atteindre des objectifs ambitieux, à savoir mettre à profit les gènes obtenus et en tirer pleinement profit.
La deuxième rencontre annuelle de la Banque nationale de gènes (Tunis, les 4 et 5 novembre 2009) placé sous le thème «valorisation du patrimoine génétique de la BNG pour le développement durable» - qui coïncide avec le deuxième anniversaire de la création sur instructions présidentielles de cette institution - a fixé trois objectifs. Il s'agit de dresser le bilan des activités de la banque durant les deux dernières années, d'encourager l'échange d'idées et d'expériences dans les domaines de la conservation, d'évaluer et de valoriser des ressources génétiques et d'élaborer le plan d'action de la même banque pour l'année 2010.
Un travail sur le terrain et dans le laboratoire
Le bilan est positif selon M. M'naouer Djemali, directeur général de la banque qui exprime «la fierté des chercheurs et des ressources humaines opérant dans le domaine de la valorisation des ressources phytogénétiques, zoogénétiques et des micro-organismes de cet acquis scientifique national que représente la banque créée à la faveur de la vision prospective du Président Ben Ali». A noter que les neuf équipes thématiques formant le réseau national du patrimoine génétique ont mené un travail sur le terrain et dans le laboratoire pour s'assurer de la qualité des gènes et les conserver en vue de leur reproduction et leur utilisation à large échelle.
Le blé et l'orge constituent incontestablement les produits de bases qui occupent le premier plan dans le domaine de la recherche et de la préservation des gènes. Il s'agit de mettre à profit des semences à fort rendement capables de résister à un taux élevé de salinité et à la sécheresse. La banque a pu identifier plus de 3.000 échantillons de céréales 1.000 autres échantillons de produits fourragers. Il a été possible également de collecter et stocker plus de 25.000 échantillons de céréales, fourrages, plantes de parcours, forestières, médicinales en plus des produits maraîchères et semences réservées aux animaux.
La banque a effectué des travaux d'intensification pour les céréales - notamment le blé dur et le blé tendre en plus de l'orge - dans un site d'expérimentation à Béja. Pas moins de 19 variétés de céréales ont été également produites dans un autre site situé à Kairouan. Le traitement, le stockage et la conservation des variétés ne se font pas uniquement à l'intérieur des laboratoires et les chambres frigorifiques de la banque, mais aussi le milieu naturel. Les variétés locales des céréales sont même semées dans le Centre et le Sud en vue de les valoriser.
Une base de données élaborée
Quelque 21 variétés de blé dur ont été ainsi et depuis cette saison restituées aux gouvernorats de Gafsa, Kairouan, Gabès et Sidi Bouzid. Mme Neïla Trifi Farah, appartenant au groupe des plantes fourragères, estime que «dans le cadre de la gestion des bioressources, plusieurs outils moléculaires sont employés dans la caractérisation et la valorisation des phytoressources fourragères». Pour elle, l'ensemble des résultats basé sur l'évaluation agro-morphologique, iso-enzymatique et moléculaire aura à la fois des incidences fondamentales et appliquées sur le plan agronomique.
Les différents marqueurs moléculaires détectés «constituent des outils performants dans l'établissement de la cartographie du génome des espèces méditerranéennes de la tribu "Hedysarea" afin de pouvoir fonder un programme d'amélioration assistée des populations locales bien adapté aux irrégularités climatiques, en particulier l'aridité».
D'autres chercheurs se sont intéressés à la «caractérisation morphologique et moléculaire de quelques accessions autochtones de blé et d'orge du Centre et du Sud tunisien». Une base des données a été ainsi élaborée dans «Access». L'objectif étant de stocker de façon structurée l'ensemble des données générées par la caractérisation morphologique et collectées lors de la prospection.
A la faveur des gènes locaux collectés, il est donc possible d'exploiter des semences de qualité à rendement élevé et résistantes. Les agriculteurs trouveront leur compte et contribueront au renforcement de la production pour réduire un tant soit peu le recours à l'importation.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.