L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Madagascar: Pouvoir malgache - Le gâteau est découpé reste à pouvoir le manger ensemble

Issa K. Barry

8 Novembre 2009


éditorial

Peu d'observateurs pouvaient prédire avec certitude l'issue des pourparlers entre les quatre mouvances malgaches qui se sont retrouvées du 3 au 7 novembre dernier à Addis-Abeba, au siège de l'Union africaine. N'avions-nous d'ailleurs pas titré notre Regard sur l'actualité du mercredi 4 novembre "Pouvoir malgache - Un gâteau difficile à partager" ? Il n'était donc pas besoin d'être grand clerc ... pardon, grand pâtissier pour deviner tout notre embarras. "Oiseau de mauvais augure, va !", pourraient répliquer les mauvaises langues.

Et pourtant nous souhaitions que tout aille pour le mieux mais, il n'empêche que nos craintes étaient tout de même fondées. Comme pour nous donner raison, le jeudi soir, les négociations piétinaient si fort que le DJ de Tana, qui n'appréciait visiblement pas l'a cappella chanté par Marc Ravalomana, a fermé son micro et a claqué la porte du studio. "S'ils ne peuvent pas accepter que je dirige le pays, qu'ils assument leurs actes. Je vais partir. Le moment est venu", avait-il lancé en guise d'au revoir. Il a fallu toute la maestria diplomatique d'un Joaquim Chissano pour qu'il consente à revenir à la table des discussions.

Finalement, les dieux de la politique sont entrés dans la danse. Un accord a été trouvé, tard dans la soirée du vendredi, à la grande satisfaction de tout le monde. Andry Rajoelina reste le chef de l'Etat mais aura à ses côtés deux coprésidents qui sont de la tendance Marc Ravalomanana et Pr Albert Zafy. L'opinion malgache et internationale s'est félicitée et de cette conclusion et du fait que l'actuel homme fort de la grande île a accepté de lâcher du lest. "C'est pour l'intérêt supérieur de la nation, je ne veux pas que mon pays souffre.

C'est pour cette raison que j'ai accepté de revenir à la table des négociations", a-t-il dit, l'air angélique, et en reprenant cette antienne très connue. A y bien voir, il n'est pas le plus grand perdant dans cette affaire. Loin de là ! Non seulement il reste au pouvoir, mais il jouit désormais d'une certaine légitimité et de la reconnaissance internationale. Et comme le dit une célèbre citation bien de chez nous, que recherche l'aveugle si ce ne sont des yeux ?

Applaudissements à tout rompre et des deux mains pour ce gouvernement de transition qui vient de voir le jour. Cependant, le bruit provoqué par cette manifestation d'humeur ne peut noyer un autre son : les difficultés dans l'exercice du pouvoir. Le plus dur reste donc à venir. Les réalités risquent d'être bientôt perceptibles sur le terrain, tel un gros bouton sur le visage. Rajoelina, Ravalomanana, Ratsiraka et Zafy pourront-ils diriger dans une symbiose parfaite sans de fausses notes qui gâcheront le concerto ?

Ce n'est pas évident. Avec les vieilles rancÅ"urs, il y a de fortes probabilités qu'une - ou des tendances - cherche à étouffer d'autres, avec pour conséquence fâcheuse de faire voler la transition en éclats. Par ailleurs, si la décision d'Addis a l'avantage de faire baisser la tension, l'autre hantise est qu'un gouvernement de transition, avec son corollaire qu'est la lourdeur administrative au niveau des décisions, puisse bien gérer un Etat. Mais, malgré ces questionnements, il y a tout de même lieu de se féliciter que les différentes parties soient tombées d'accord pour une transition qui devra conduire le pays vers les élections de 2010.

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Author: Malagas
Mon Nov 9 14:48:47 2009

First let the people tell his voice through fair election because the people has already suffered too much ,and the people wants first to express his sufering . It is the job of a democratic governement to give fair jobs to the people ,because only a democratic governement can really fulfill the people wishes at least partly and with stability .


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