L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Madagascar: Transition à trois têtes

Sylvain Ranjalahy Et Iloniaina Alain

7 Novembre 2009


Un accord a été trouvé à Addis-Abeba. Andry Rajoelina est maintenu chef d'État, mais il sera encadré au sein d'un Conseil présidentiel par Fetison Andrianirina et Emmanuel Rakotovahiny.

Lapoire est coupéeen deux. L'épineuse question de la présidence de la Transition a été résolue hier au cours d'intenses discussions, lors de la quatrième journée du Sommet d'Addis-Abeba. Le principal verrou vient de sauterdans les négociations en vue de la clé de répartition des institutions transitoires.

L'airradieux, Andry Rajoelina a annoncé la nouvelle vers 22 heures.«Le président de la Transition est validé. Ils'agit de Andry Rajoelina», a-t-il indiqué, après une brève discussion aux allures de congratulations avec Mialy, son épouse, Lantosoa Razafimahaleo et Norbert Ratsirahonana, conseillers spéciaux.

Andry Rajoelina reste donc chef d'État, mais il sera assisté au sein d'un «Conseil présidentiel» par Emmanuel Rakotovahiny et Fetison Andrianirina, respectivement de la mouvance Zafy et celle de Ravalomanana. Les décisions, prises d'une manière collégiale à la tête de l'Éxécutif de la Transition, doivent être co-signées. Le Conseil présidentiel se réunit toutes les semaines.

Lâcher du lest

L'aménagement de la structure à la tête de l'Exécutif de la Transition touche la vice-présidence. D'un commun accord, les chefs de file des quatre mouvances se sont convenus de supprimer le poste de vice-président, auparavant attribué à Emmanuel Rakotovahiny.

Finalement, la mouvance Rajoelina a accepté de lâcher du lest et a accédé à la principale demande du camp Ravalomanana. Au départ, elle avait refusé d'une manière catégorique la création d'un poste, quel que soit le schéma, aux côtés de celui de l'ancien maire d'Antananarivo à la tête de la Transition.

Mais la concession du camp Rajoelina n'est pas gratuite. Il faut s'attendre à une entrée en force de la mouvance au sein du gouvernement. Et Rajoelina consolide son poste de président, avec en prime, la reconnaissance internationale.

De son côté, la mouvance Ravalomanana a également obtenu ce qu'elle est venue chercher, après avoir mis la barre très haut en refusant Andry Rajoelina comme président. Elle dispose d'un poste prestigieux aux yeux d'une opinion fortement respectueuse de la hiérarchie, à savoir la vice-présidence. L'équipe de l'ancien président revient ainsi par la grande porte sur la scène politique.

Après avoir mis entre parenthèses la résolution de la présidence de la Transition, les chefs de file et les médiateurs sont revenus à la charge vendredi. Le départ spectaculaire de Rajoelina, quittant d'une manière fracassante la table des négociations jeudi, et la série de menaces de sanctions internationales semblent avoir joué le rôle d'électrochoc.

Les discussions ont commencé au début de l'après-midi et ont continué jusque dans la soirée, ponctuées par des pauses d'une dizaine des minutes. Les discussions ont été âpres. Chaque phrase a été tournée dans tous les sens et chaque mot dans la rédaction d'une moûture a été discuté. À 20 heures 30, Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana ont tenu des réunions parallèles pour s'entendre sur des points précis, dont le nom à donner aux futurs responsables de l'Éxécutif.

Le principal obstacle aux négociations vient d'être levé. L'ambiance dans la salle est devenue détendue, loin de la lourde atmosphère de la veille, parachevée par le brusque départ du président de la Transition, claquant la porte des négociations.

Encadré

Signature de l'accord dans la soirée

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À 23 heures trente, tout n'était pas encore bouclé. Mais l'issue favorable au Sommet d'Addis-Abeba se laissait entrevoir. «Les parties sont parvenues à un accord. La signature était prévue pour hier soir. Le processus de la Transition est sur les rails. Andry Rajoelina est le président accepté par toutes les mouvances», a indiqué Tiébilé Dramé, émissaire de l'Organisation des Nations unies (ONU). «C'est une étape importante et décisive», a-t-il continué.

Mamy Rakotoarivelo a été désigné président du Congrès. La mouvance Rajoelina n'a pas encore fourni le nom du président du Conseil supérieur de la transition (CST). Vers minuit, des délégués des mouvances planchaient pour la clé de répartition du gouvernement, à 32 membres. Normalement, Eugène Mangalaza reste le Premier ministre.

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