Louis-Paul Eyenga Sana
7 Novembre 2009
Kinshasa — Il y a des signes très positifs et un grand changement dans les rapports entre la RDC et les Etats de la sous-région, notamment le Rwanda, avec l'opération « Kimia II » appuyée par la Monuc en dépit de la bavure de la 213ième brigade des FARC à Lukweti à Masisi, au Nord-Kivu.
Au terme d'un séjour de travail de 6 jours en RDC, le sous-secrétaire général de l'Onu chargé du maintien de la paix, M. Alain Le Roy, quitte la RDC où il a noté un grand changement par rapport à sa dernière visite qui remonte il y a un an, au moment où le CNDP menaçait aux portes de Goma les FARDC. Ces signes positifs sont à mettre sur le compte de l'opération Kimia II.
Bien qu'il n'ait pas rencontré le chef de l'Etat, Joseph Kabila, à la suite de l'agenda chargé de ce dernier, le diplomate onusien a eu des contacts fructueux avec les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, le Premier ministre, les ministres et les gouverneurs ainsi que les autorités locales pour examiner, dans un dialogue fécond, la nécessité de reconfigurer le futur mandat et le rôle de la Monuc, dont la protection des civils ainsi que ses tâches essentielles et prioritaires dans le cadre de l'opération « Kimia II ». Ces contacts ont pour but de préparer les prochaines rencontres avec les autorités congolaises au Conseil de sécurité de l'Onu.
« Il y a des changements. La situation s'est nettement améliorée sur le terrain grâce à l'opération « Kimia II qui a permis de rapatrier 1.700 ex-combattants FDLR et 3.500 dépendants au Rwanda », a déclaré Alain Le Roy. Et d'ajouter : « Cela augure de bonnes perspectives étant donné que 95 % des troupes de la Monuc sont concentrés dans l'Est de la RDC où j'ai visité, notamment, Dungu, Bunia, Goma et Bukavu ».
S'agissant du drame de Lukweti à Masisi, au Nord-Kivu où le Bureau des Nations unies des droits de l'homme, il a fustigé la mort de 62 personnes tuées. Celles-ci ont été tuées par les troupes des FARDC issues du CNDP, le sous-secrétaire général de l'Onu chargé du maintien de la paix a affirmé que les Nations unies ont décidé ce qui suit : suspension immédiate du soutien de la Monuc à la 213ième brigade, en collaboration avec les autorités gouvernementales et militaires congolaises, la Monuc va ouvrir une enquête pour établir l'ampleur des faits et identifier les auteurs afin de les sanctionner, et la Monuc va installer une base temporaire à Lukweti afin d'éviter d'autres drames en attendant le résultat de l'enquête.
Alain Le Roy a dit que le drame de Lukweti» est un crime très important». « Ce sont les directives du Conseil de sécurité qui disent que nous ne pouvons pas soutenir une unité qui porterait atteinte aux droits de l'Homme » a-t-il renchéri. Et d'ajouter : « Nous avons à l'esprit la politique de « tolérance zéro » du président de la République Joseph Kabila. Nous avons suspendu immédiatement notre soutien à la 213ème brigade.
Mais, avant de prendre cette décision, nous avons informé toutes les autorités militaires, le ministre de la Défense, le chef d'Etat-major général des FARDC. Mais, en même temps, avec les autorités militaires, nous lançons une enquête conjointe détaillée pour établir l'ensemble des faits. Et puis, nous allons déployer une base temporaire de la Monuc à Lukweti pour à nouveau rassurer les citoyens sur place».
Pour le sous- secrétaire général de l'Onu, cette décision de la Monuc se réfère aux directives du Conseil de sécurité qui dit que « nous pouvons soutenir les opérations des FARDC s'il y a planification conjointe et s'il n'y a pas violation des droits de l'Homme ou du droit humanitaire international. Nous sommes dans ce cas là ».
A une question de l'intervention de la Monuc à Dongo au Nord-Ubangi à l'Equateur, Alan Doss, chef de la Monuc, a indiqué que cette dernière qui n'a pas d'unité dans cette zone, n'a pas été encore sollicitée par les autorités congolaises.
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