Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Prise en charges des maladies infectieuses - L'insuffisance des appareils d'imagerie médicale déplorée

Eugène Kaly

7 Novembre 2009


A l'occasion du 3ème congrès international de la Société africaine de pathologie infectieuse (Sapi), les spécialistes des maladies infectieuses ont déploré le manque d'appareils d'imagerie médicale en Afrique.

La deuxième journée du 3ème congrès international de la Société africaine de pathologie infectieuse (Sapi) a été dominée par trois communications : infections parasitaires et bactériennes du système nerveux, l'apport de l'imagerie médicale dans le diagnostic et la prise en charge des infections neuro-méningées et l'enseignement de la pathologie infectieuse à l'heure de la réforme du système Lmd.

En parlant de l'imagerie médicale, le Pr Rabiou Cissé du Burkina Faso a indiqué que les moyens permettant aux structures sanitaires africaines d'en disposer sont limités. En plus, le peu d'appareils existant tombe souvent en panne. D'où les difficultés pour les professionnels des maladies infectieuses d'assurer une prise en charge correcte des malades, a-t-il regretté. Et d'ajouter : « une mauvaise prise en charge peut entraîner des complications neurologiques en laissant des séquelles chez le patient durant toute sa vie. Donc, il faut faire un plaidoyer afin de rendre accessible la technique de l'imagerie à toutes les couches de la société », a suggéré le Pr Rabiou Cissé.

La première communication de la journée présentée par le Pr Daouda Kassoum Minta du Mali lui a permis de rappeler que les infections bactériennes du système nerveux restent et demeurent un problème de santé publique pour les pays sous-développés. Dans nos pays, les spécialistes des maladies infectieuses et tropicales rencontrent d'énormes difficultés dans le diagnostic et la prise en charge des patients alors qu'ils font face à une forte létalité et mortalité liée aux infections localisées dans le système nerveux.

Selon l'agrégé en Infectiologie, les hôpitaux africains ne disposent pas suffisamment de laboratoires pour faire un bon diagnostic permettant d'administrer un traitement adéquat à leurs patients et d'éviter les ravages du neuro-paludisme qui touche 28% des enfants maliens et plus dans les autres pays de la sous-région.

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En faisant sa communication sur l'enseignement de la pathologie infectieuse à l'heure de la réforme du système Lmd (Licence-master-doctorat), le Pr Cheikh Saad Bouh Boye, doyen de la faculté de Médecine de Dakar, a plaidé pour que l'on forme plus de spécialises en Infectiologie pour qu'ils répondent aux besoins des populations africaines.

La faculté de Médecine de Dakar est sur cette voie, car elle forme une cinquantaine de spécialistes africains en Infectiologie, a informé son doyen. Selon lui, la réforme Lmd dans le domaine de la santé permet de former des étudiants qualifiés et aptes à soigner des maladies. « Donc, les avantages de la réforme Lmd ne sont pas uniquement limités dans l'obtention des diplômes, mais elle permet à l'apprenant d'avoir des compétences et d'être opérationnels dès sa sortie de la faculté », a expliqué le Pr Boye.

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