Wal Fadjri (Dakar)

Afrique de l'Ouest: La mission du Fmi fait l'impasse sur des propositions spécifiques

Khady Bakhoum

8 Novembre 2009


Le rapport du Fonds monétaire international sur les Perspectives économiques pour l'Afrique subsaharienne, présenté jeudi à Dakar, a décliné les prévisions pour le Sénégal. Pour ce pays-ci, le Fmi prévoit un taux de croissance de 1,5 % pour 2009.

En 2010, il est attendu autour de 3 à 4 % alors que la reprise de l'économie mondiale devrait faire remonter la croissance des pays d'Afrique subsaharienne à 4 % en 2010 et à plus de 5 % les années suivantes, selon les perspectives du Fonds. Le chef de la mission du Fmi au Sénégal, Norbert Funke, s'est chargé de présenter les perspectives pour le Sénégal, à la suite de son collège du Département Afrique de la même institution, Roger Nord. S'attelant à la tâche, il a relevé la baisse du tourisme, la réduction de la demande extérieure, une reprise de la croissance même si elle sera plus faible que celle qu'on pourrait observer ailleurs en Afrique, etc.

Des personnalités du secteur bancaire, de la société civile, des représentants de ministères et services connexes, avaient été invités à la présentation du rapport. Certains d'entre eux ont relevé des manquements dans le document du Fmi, pour ce qui concerne le Sénégal. Des orientations sur les voies et moyens pour lutter contre la crise alimentaire, des propositions sur la crise énergétique, et pour le soutien des secteurs productifs étaient, semble-t-il, attendues. Or, les suggestions du bailleur ne sont allées, en profondeur, dans ce sens.

Dans les orientations, les experts du Fonds monétaire international mettent un accent particulier sur les politiques budgétaires. L'institution demande aux Etats de renforcer les stabilisateurs automatiques, de raffermir les institutions budgétaires, d'assouplir les contraintes de financement et d'améliorer les données et les capacités d'analyse. Les règles budgétaires et les fonds de stabilisation des prix des matières premières, pourraient être utiles, à condition de s'appuyer sur des institutions solides, avec une ferme volonté d'observer les normes de bonne gouvernance, souligne l'étude. Toutefois, les autorités sénégalaises se sont réjouies de l'annonce de la reprise de la croissance.

Cependant, le gouverneur de la Banque centrale livrant mercredi la leçon inaugurale de l'année universitaire à l'Ucad, a attiré l'attention sur la réjouissance hâtive lorsque les taux de croissance progressent. Rappelant l'importance de la définition de politiques économiques pertinentes, M. Philippe-Henri Dacourey Tabley a relevé que la progression de l'économie de certains pays africains est suspendue à la pluviométrie. L'agriculture étant le secteur d'activités qui concentre un fort pourcentage de la population. Donc, une évolution du taux de croissance qui relève du hasard. Ce qui n'est pas pour favoriser un développement durable.

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