Fasozine (Ouagadougou)
Morin Yamongbé
8 Novembre 2009
Dans un long entretien qu'il a accordé au magazine Fasozine, le président de l'Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD), Me Hermann Yaméogo, propose que, pour plusieurs raisons, la présidentielle de 2010 ne s'organise pas «à la va-vite» et qu'il «faut se donner le temps» pour la tenir en même temps que les législatives et les municipales».
Beaucoup de révélations et d'annonces! Ainsi peut-on qualifier, sans risque de se tromper, l'interview accordée par Me Hermann Yaméogo, président de l'Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD), au magazine Fasozine, dans sa dernière livraison de l'année 2009 (Fasozine N°24, Novembre-Décembre 2009), disponible dans les librairies, kiosques à journaux, stations-service et supermarchés de la place depuis la semaine dernière.
«C'est à une bien savoureuse gymnastique intellectuelle, qui souligne d'autant plus le discours et la vision politique de l'homme (...)» que s'est livré l'un des fils de Maurice Yaméogo, le père de l'indépendance de la Haute-Volta, aujourd'hui Burkina Faso, dans cet entretien, mené tambour battant par notre reporter. L'indépendance, la Refondation, la Côte d'Ivoire, la Guinée, les déclarations de Salif Diallo sur le régime politique actuel, la désignation de Me Bénéwendé Sankara comme chef de file de l'opposition... sont autant de sujets abordés sans fard par Me Hermann Yaméogo.
Pour la présidentielle de 2010, le très «avant-gardiste» mais «souvent incompris» patron de l'UNDD, ne croit pas «qu'il soit utile et même responsable de la tenir à la va-vite (...). Faut-il donc reporter la présidentielle de 2010 au Burkina? La réponse du chantre du «Tékré», sans équivoque fera certainement sourire certains qui pourraient penser que l'homme, qui «semble porter, à la fois, la douleur de l'enfantement de ses idées, les revers de ses positions et positionnements politiques (...)», fait le jeu de Blaise Compaoré.
Morceaux choisis: «(...) Je ne crois pas qu'il soit utile et même responsable de tenir à la va-vite l'élection de 2010 dans le mépris total des attentes populaires, tant politiques que socio-économiques. Notre position, à l'UNDD, plusieurs fois expliquée à l'opinion, à des partis politiques et leaders d'opinion, dont Zéphirin Diabré, est qu'il faut se donner le temps de l'organiser après avoir soumis à l'évaluation notre gouvernance et revisité nos institutions et pratiques politiques qui pêchent gravement. (...)». C'est dire que les arguments de Me Hermann Yaméogo pour le report de l'élection présidentielle de 2010, sont loin de manquer de poids. Le patron de l'UNDD va plus loin: «Nous pensons aussi que pour des raisons liées aux crises qui nous frappent, pour des raisons d'économies et donc de meilleures répartitions des richesses nationales, il faut se donner le temps de tenir la présidentielle, en même temps que les législatives et les municipales». Telle est la position de M. Yaméogo qui, entre d'autres révélations qui pèseront sérieusement dans l'avenir politique de la nation, a signifié sans détour qu'il n'ira pas à l'élection présidentielle de 2010, «si la situation reste la même qu'en 2005».
Pourtant, Hermann Yaméogo, qui a toujours boudé ce type de scrutin - certains disent que c'est pour respecter la mémoire de son père, dont l'une des dernières volontés aurait été que Hermann ne s'oppose jamais frontalement à Blaise Compaoré - voudrait bien goûter à ces moments exaltants vécus par les candidats dans l'antichambre de Kosyam (le palais présidentiel). Toutefois, il est tout autant clair sur la question, dans cet entretien à lire dans ce numéro de Fasozine déjà en vente: «Je ne suis pas de ceux qui recherchent le pouvoir, quitte à vendre père et mère...»
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