Mohamed NJIM (Stagiaire)
8 Novembre 2009
Des milliers de protestataires ont sillonné, hier, l'Avenue Malick Sy et les Allées du Centenaire pour décrier les errements du régime libéral. Déterminés, les marcheurs exigent le départ d'Abdoulaye Wade.
Courbé sur ses deux béquilles, Malick Ndao a bravé la distance entre la Poste de la Médina où à débuté la marche et la Place de l'Obélisque. Si ce quarantenaire ne s'est pas épargné ce chemin de croix, c'est parce qu'il s'estime lésé par la 'léthargie du régime libéral'. Handicapé moteur depuis 2005, Malick Ndao est venu se plaindre, cette fois aux côtés des jeunes et femmes de Bennoo Siggil Senegaal. 'Je prenais ma douche dans l'une des maisons du plan Orsec quand j'ai contracté une fracture à la jambe suite à une mauvaise chute. Pour obtenir une évacuation sanitaire, j'ai manifesté devant le Palais présidentiel à deux reprises mais je me suis retrouvé en prison.
Pourtant Abdoulaye Wade a donné à Alex Segura des millions qui auraient aisément couvert mes frais médicaux. C'est injuste' lance-t-il, fou de rage. Amer, exténué et dégoulinant de sueur, M. Ndao, foulard rouge noué autour du cou, symbole, dit-il de son dépit, n'entend pas baisser les bras. Comme lui, de nombreux manifestants, tous les âges confondus, ont écumé l'Avenue Malick Sy et les Allées du Centenaire, malgré la forte canicule.
Habillés les uns en noirs (signe de deuil), d'autres en rouge, les marcheurs, hommes et femmes avaient pour point commun leur farouche opposition à la politique d'Abdoulaye Wade. Etudiant à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis, Massamba Fall est catégorique. D'après lui, 'il faut remettre le pays sur la voie du développement en faisant confiance à Bennoo Siggil Senegaal'.
Il tient, entre ses mains, des pétitions pour 'le départ de Wade' qu'il distribue aux passants tout en leur invitant à visiter le www.wadenadem.com crée à cet effet. Sur les pancartes et banderoles ont pouvait lire entre autres exigences : 'Wade, y en a marre, Non à la corruption', 'A quand l'audit de l'Anoci'. La procession s'est longtemps déployée en formation compacte mais, à mi-chemin, le peloton de tête a pris une petite longueur d'avance sur le reste de la troupe.
Certains manifestants ont imputé ce désordre à un sabotage orchestré par les forces de l'ordre. 'Les membres du Groupement mobile d'intervention, chargés de canaliser les marcheurs, pressent le pas pour que la manifestation soit tronquée', se plaint Chérif Diop, un des organisateurs de la marche. La réponse d'un policier, non loin de lui n'a pas tardé : 'j'ai cinquante ans passés et j'arrive à marcher à ce rythme, les jeunes devraient être en mesure de suivre le mouvement.'
A bord d'une camionnette de couleur verte avec sonorisation embarquée, des militants de Bennoo Siggil Senegaal ont ravitaillé les manifestants en fanions, pancartes et autres banderoles porteuses de messages à la limite du politiquement correct. A quelques mètres de la camionnette, la porte-parole des femmes de Bennoo Siggil Senegaal, Hélène Tine, s'est chargée de galvaniser la foule. 'Touche pas à ma Constitution, Non à la Monarchie, Halte au pillage des deniers publics et du domaine foncier, Gorgui la population est en deuil'... autant de revendications exprimées, autant de griefs retenus à l'encontre du Pape du Sopi.
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