Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Jean-Paul Dias (premier secrétaire du Bcg) - 'Même si les militaires prenaient le pouvoir...'

Georges Nesta DIOP

8 Novembre 2009


interview

' Le Pds est une femme que j'ai aimée, mais que je n'ai pas pu épouser'. Ces propos de Jean-Paul Dias en disent long sur ce qui explique l'appel que lui a lancé le chef de l'Etat, mercredi dernier, à Thiès pour revenir dans la maison paternelle. Seulement, le Premier secrétaire du Bcg a ses conditions : Il ne peut répondre que s'il s'agit de lui parler de travailler pour l'Etat. Donc pour le Sénégal. Pas pour des relations partisanes. Invité à plusieurs reprises par Me Wade, Jean-Paul Dias croit que des forces obscures ont toujours torpillé la démarche de Wade. Dans cet entretien, il s'explique aussi sur ses relations avec Moussa Dadis Camara.

 Le président Wade vous a demandé de revenir dans la famille libérale. Quelle suite allez-vous donner à cet appel auquel a déjà répondu favorablement Idrissa Seck ?

Je ne vais pas disserter sur la question. Lorsque cet appel a été lancé, je n'étais pas au courant. Je l'ai appris par voie de presse et je me suis intéressé à savoir ce qui a été dit. J'en ai pris acte. Mais je dois rappeler que je suis constant du point de la réponse. J'ai toujours dit que si j'arrivais à la tête de l'Etat, comme je le souhaite d'ailleurs, j'appellerais d'autres personnes appartenant à d'autres partis à venir travailler avec moi. Et de la même façon, j'ai toujours dit que si on m'appelle pour travailler pour le Sénégal, je serai partant. Et j'ai été très loin dans ce domaine parce que j'ai dit qu'en dehors d'envahisseurs qui viendraient prendre le pouvoir au Sénégal, même si les militaires prenaient le pouvoir et que j'étais d'accord avec les conditions dans lesquelles ça a été fait et qu'ils acceptent mes conditions, je travaillerai avec eux. Tant qu'il s'agit de travailler pour l'intérêt du Sénégal, je n'ai aucun problème ; je peux répondre positivement. Mais il se trouve que ce n'est pas la première fois que Me Wade fait appel au Bcg et à moi-même. Je dirai même que c'est la deuxième ou la troisième fois. Et nous sommes à chaque fois venus, de bonne foi, nous mettre au service du Sénégal, mais il ne s'est rien passé par la suite.

Wal Fadjri : Il est vrai que ce n'est pas la première fois que Me Wade vous lance un appel. Mais où se trouve alors le blocage ?

Je répète que chaque fois qu'il nous a lancé un appel, nous sommes allés répondre. Mais à chaque fois, des esprits tordus sont passés par derrière et ont miné la démarche. Et cette fois-ci, il est hors de question de donner dans le panneau. C'est hors de question. Il faudra qu'à tête reposée, nous prenions le temps de discuter, de voir ce qu'il est possible de faire. C'est tout. J'ai toujours dit que je respectais l'institution que représente le président de la République. Si le président m'appelle, il est de mon devoir d'aller répondre, mais il est aussi de mon devoir de poser les conditions pour indiquer dans quel sens mes compagnons et moi-même, nous sommes prêts à travailler. Je ne peux pas faire davantage de commentaires sur cette question. Actuellement, la balle est dans le camp du président de la République qui a lancé cet appel. Depuis l'appel, des choses ont bougé et peut-être que, les jours à venir, les choses continueront à bouger.

 Apparemment, le chef de l'Etat semble souhaiter d'abord votre retour au Pds, avant d'envisager de vous confier une responsabilité étatique.

Cela ne peut pas se passer de cette façon. Ce qui m'intéresse, c'est le pays, c'est l'Etat. Les problèmes de partis peuvent venir dans un deuxième temps. Moi, je suis prêt à répondre tant qu'il s'agit du pays, tant qu'il s'agit de l'Etat. Et pour le moment, ce sur quoi je peux répondre, c'est ce qui concerne le pays.

L'enthousiasme avec lequel votre ancien allié Idrissa Seck est retourné dans la famille libérale ne provoque-t-il pas chez vous un effet d'entraînement ?

Concernant mes relations avec Idrissa Seck, c'est de l'histoire ancienne. Maintenant, qu'il ait agi comme il l'a fait, c'est sa responsabilité. Je n'ai pas les tenants et les aboutissants de ce qu'il a discuté avec Wade pendant plusieurs mois, peut-être même pendant plusieurs années. Pour notre part, dans ce que Wade propose que nous fassions, nous entendons prendre le temps pour en parler calmement. Mais nous ne pouvons pas agir dans la précipitation.

 Voulez-vous d'abord demander l'avis de votre parti, avant d'aller voir Me Wade ?

C'est déjà fait. Hier nuit (jeudi soir, Ndlr), tout le staff était ici (à son domicile, Ndlr) en réunion. Tout ce qui est position de principe, a été arrêté. Aujourd'hui, on peut débroussailler le terrain. Mais mon seul et unique interlocuteur, c'est Me Abdoulaye Wade.

Pouvez-vous être plus clair sur les conditions que vous posez ?

Peut-être que le terme 'conditions' peut paraître excessif. Mais sachez que je ne les révélerai pas parce que le destinataire, c'est Me Wade.

 N'accepterez-vous pas de discuter avec d'autres responsables du Pds ?

Jean-Paul Dias : Jamais. J'ai bien dit que je n'ai pas de problèmes partisans avec le Pds. Vous aurez observé que, dans toute l'histoire, jamais le Pds n'a attaqué le Bcg, et jamais le Bcg n'a attaqué le Pds. Et il y a eu même des moments où lorsque les deux partis étaient dans l'opposition, pendant certaines réunions où les plénipotentiaires ne pouvaient pas rester, les uns demandaient aux autres de prendre des notes pour eux. Pour moi, le sujet de cet appel, ce n'est pas le Pds, mais l'Etat. La discussion que je suis prêt à mener avec Me Wade, c'est celle qui concerne l'Etat, celle qui concerne le pays.

Une autre affaire qui concerne l'Etat, c'est cette fameuse mallette d'argent remise à Alex Ségura par les autorités sénégalaises en guise de cadeau d'adieu. Quel commentaire en faites-vous ?

C'est une affaire qui me gêne. Elle me gêne énormément et, de ce point de vue, l'Etat du Sénégal a l'obligation de redorer son blason, en présentant un nouveau visage face aux bailleurs de fonds. Parce que beaucoup de personnes ont été éclaboussées et le visage du Sénégal a été terni dans cette affaire. S'il s'agissait de compromettre Ségura - je l'ai pensé un moment donné - c'est un acte inamical. C'est méchant d'avoir imaginé cela. Parce que Segura est un jeune qui a sa carrière devant lui. Si, quelque part, une personne a pensé le compromettre dans cette affaire, cette personne-là est méchante. Parce que si ça avait marché, c'est sa carrière qui allait être détruite. Et cette thèse peut prospérer parce que personne n'était au courant de ce qui s'était dit à ce dîner entre Ségura et le chef de l'Etat. Cela veut dire qu'il y a des fuites qui ne sont pas compréhensibles. L'entourage du président de la République, je l'ai toujours dit, doit être étanche, imperméable. On ne doit pas à partir de ce qui se passe là-bas avoir les échos à l'extérieur. Qui a organisé la fuite pour que la presse soit au courant de cette affaire ?

Deuxièmement, du point de vue du Sénégal au plan officiel, ce qui a été fait, est une erreur. Entre Africains, on peut se donner de l'argent, on peut le faire et on le fait d'ailleurs. Mais on ne doit pas le faire avec les gens qui viennent d'organisations de cette nature et qui sont des Européens ou des Américains. Les cadeaux dans ce cas-là se limitent à des tableaux, à des masques, à des livres, à des objets d'art, même de qualité. Même s'ils devaient être en or. Donc il y a eu une erreur d'appréciation parce qu'un chef d'Etat, il a des conseillers. Si ce sont des conseillers qui ont engagé le chef de l'Etat dans cette affaire, ils l'ont amené à se fourvoyer.

Quant au Fmi, il est obligé de protéger son agent pour ne pas donner l'impression que Ségura est corrompu. Mais c'est d'ici deux ans que nous saurons si c'est la vraie position du Fmi. Parce que le Fmi couvre l'agent pour pouvoir couvrir l'organisation. Mais si dans deux ans, Segura y est toujours en activité, cela voudra dire que l'organisation est convaincue de la position de Segura, sinon il serait licencié avant. Il ne faut pas recommencer cela. C'est contre-productif. Vous voyez que le Fmi va jusqu'à dire qu'il ne faudrait plus qu'un chef d'Etat reçoive son représentant tout seul. Moi, je demande à tous les chefs d'Etat africains - et j'insiste - de refuser de recevoir les représentants du Fmi parce qu'un chef d'Etat doit pouvoir recevoir quelqu'un dans le secret de son cabinet. Ou bien le Fmi a confiance en ses agents ou bien il n'a pas confiance. Et le fait de dire que cette décision n'est valable qu'avec les chefs d'Etat africains, pas avec les chefs d'Etat asiatiques, sud-américains, c'est une insulte à l'Afrique et je ne peux pas l'accepter. Je demande donc au Fmi de revenir sur cette décision si elle existe.

'Moussa Dadis Camara n'a pris aucun engagement sur sa candidature à la présidentielle. C'était une déclaration politique. Dadis n'a pas juré sur la Constitution qui, d'ailleurs, était suspendue. Il n'a pas juré sur le Coran ni sur la Bible'

 Vous vous êtes signalé, ces derniers temps, par des prises de positions très osées dans ce qui se passe en Guinée. Vous prenez le contre-pied de la communauté internationale qui exige le départ de la junte et demande à Dadis de ne pas se présenter à la présidentielle. Qu'est-ce qui vous lie à la junte militaire guinéenne ?

Il faut replacer mon intervention dans son contexte. Qu'est-ce qui s'est passé ? Pendant trois jours environ, je lisais dans les principaux quotidiens de Dakar qu'il y avait des gens appartenant à l'opposition guinéenne qui menaçaient les ressortissants sénégalais vivant en Guinée sous prétexte que le président Wade soutenait Dadis Camara. J'ai trouvé ça intolérable, inacceptable. J'ai trouvé que c'était un terrorisme anti-sénégalais qu'il ne fallait pas laisser prospérer. C'est ça qui m'a fait intervenir et j'ai mis le holà. Et je crois d'ailleurs que quand je suis intervenu, plus jamais personne n'a évolué dans cette direction. Et chemin faisant, je me suis mis à me poser la question : 'Mais pourquoi dit-on que Dadis ne doit pas être candidat à une élection présidentielle ?' J'ai dit que je veux des arguments. Personne n'en a fourni. Il n'y avait que des récriminations, des affirmations du genre : 'Il a pris un engagement.' Quel engagement ? Quand il a pris le pouvoir, Dadis a dit qu'il ne serait pas candidat si les élections se tenaient en 2009. Alors, l'an 2009 n'est pas encore terminé, que les élections se tiennent et Dadis ne sera pas candidat. Mais il n'a pris aucun engagement sur 2010 ou plus tard.

Ensuite, Dadis n'a pris aucun engagement. C'était une déclaration politique. Dadis n'a pas juré sur la Constitution qui, d'ailleurs, était suspendue, ni sur le Coran ni sur la Bible. Pourquoi veut-on qu'une déclaration politique l'engage ? Personne ne m'a sorti un argument. Je vais profiter de votre journal pour expliquer ce qu'est un argument. Un argument c'est de dire, par exemple, que Dadis n'est pas Guinéen et nous n'acceptons pas qu'il soit candidat. Ou Dadis n'a pas l'âge, il a 25 ans. Ou il a 90 ans, il est trop vieux. Ou encore qu'il était directeur général des hydrocarbures de l'armée, a vendu des citernes de carburants, la justice l'a condamné et il n'est plus qualifié pour être candidat, ça aussi c'est un argument. Mais dire que Dadis Camara est militaire, qu'il est à la tête du Cndd, il ne peut pas être candidat, je dis non. Tous ceux qui ont pris le pouvoir à travers l'armée, dans toute l'histoire de l'Afrique, et qui ont voulu être candidat, l'ont été. Alors, ce qu'on lui interdit, on le permet au général Aziz de la Mauritanie, au général Tandja président de la République du Niger, etc. Voilà ce que je défends.

Est-ce ce qui a été à l'origine de votre rencontre avec le chef de la junte guinéenne ?

Jean-Paul Dias : Forcément, il y a eu un rapprochement et nous nous sommes entretenus. En fait, cet homme est en train de faire du bon travail pour la Guinée. L'affaire du 28 septembre, c'est un coup monté. C'est quelque chose qui a été manigancé contre lui, pour le discréditer. Mais Dieu qui ne dort jamais, fera éclater la vérité.

N'avez-vous pas le sentiment que Dadis a été grisé par le pouvoir ?

Jean-Paul Dias : Ce n'est pas vrai. L'homme que j'ai rencontré, est un homme simple. J'ai rencontré un homme amoureux de son pays, un patriote. Et j'ai rencontré un homme qui fait des résultats. La ville de Conakry est maintenant éclairée tous les soirs, ce qui ne faisait pas depuis des dizaines d'années. Vous arrivez à l'aéroport de Conakry, un nouvel aérogare est en train d'être créé avec des tunnels qui vont jusqu'aux avions. Ce que même l'aéroport de Dakar n'a pas. J'ai rencontré un homme qui a combattu la drogue. Les trafiquants de drogue en Guinée n'ont plus pignon sur rue. J'ai rencontré un homme a combattu la corruption, qui a reformé l'armée. Parce que l'armée est incontournable en Guinée. C'est comme en Egypte. Quand il est arrivé, il a mis plus de vingt généraux à la retraite. Qui a osé faire ça. Tous ceux qui crient actuellement, ont été Premiers ministres en Guinée et ils n'ont pas été capables de le faire. J'ai donc rencontré un homme qui travaille pour la Guinée et qui mérite d'être aidé et soutenu. Et je le répète : les événements du 28 septembre, c'était un coup monté. Par qui ? Peut-être que les enquêtes le détermineront.

Les Sénégalais se demandent encore comment Jean-Paul Dias a pu nouer des relations avec Moussa Dadis Camara. Aviez-vous rencontré le chef de la junte avant son accession au pouvoir ?

Non, je ne le connaissais pas. Quand je l'ai rencontré, il m'a dit que c'est Dieu qui nous a fait nous rencontrer tous les deux. Je le crois et je suis disposé à l'aider. Je suis disposé à aider la Guinée, à aider les femmes et les jeunes de la Guinée.

Wal Fadjri : N'êtes-vous pas gêné de défendre un homme rejeté par l'opinion internationale ?

Jean-Paul Dias : Je n'en ai rien à cirer. Je suis un homme libre moi ! J'ai déjà dit que je ne hurle pas avec les loups. Ce n'est pas parce que tout le monde crie dans un sens que je vais faire comme eux. J'ai rencontré un homme de bonne volonté, des jeunes dont je peux être le père, pour la plupart, et qui veulent que la Guinée avance. Ce pays mérite d'avancer. Je me suis même mis à rêver d'une union étatique, peut-être sous forme de fédération, entre le Sénégal et la Guinée, tellement nous sommes complémentaires. C'est un pays magnifique. Le prochain miracle économique, c'est en Guinée qu'il se produira. Il faut donc aider ce pays.

'Je n'ai jamais dîné avec Moussa Dadis Camara, je ne lui ai jamais parlé de Serigne Bara'

Lors votre récente visite en Guinée, il s'est dit que vous avez dîné avec Moussa Dadis Camara et que vous lui avez même parlé d'un guide religieux sénégalais, le khalife général des mourides. Qu'en est-il ?

J'apporte le démenti le plus formel face à ces mensonges. Je n'ai jamais dîné avec Dadis, je ne lui ai jamais parlé de Serigne Bara. Ce qui n'était même pas le sujet d'ailleurs. J'ai travaillé avec lui, je l'ai rencontré plusieurs fois, nous avons échangé et je suis prêt à l'aider.

C'était quoi l'objet de votre visite en Guinée alors ?

Je ne le dirai pas en public.

Parce que les gens croient que c'est à la suite de vos nombreuses contributions en sa faveur dans la presse sénégalaise que Moussa Dadis vous a invité chez lui.

Jean-Paul Dias : C'est clair que tout est parti de là. Il faut être honnête. Mais je ne l'ai pas fait dans cette optique. Je l'ai fait pour défendre les ressortissants sénégalais en Guinée qui sont environ cinq mile. Et les ressortissants guinéens vivant au Sénégal doivent faire près de 2 millions. Sans compter les binationaux. Nous sommes donc des parents. C'est pourquoi j'ai dit que je me suis mis à rêver d'une fédération entre nos deux pays.

 Revenons à l'actualité sénégalaise. Où en sont vos relations avec l'opposition réunie au sein de Bennoo Siggil Senegaal ?

Je suis un homme de principe. Lorsque des gens créent un groupe et qu'ils ronronnent entre eux (Il ne termine pas la phrase). Quand ces gens ont créé le Bennoo, qui a appelé le Bcg ? Personne. Quand ils ont organisé leurs assises, qui a invité le Bcg et son leader ? Personne. J'ai entendu quelqu'un dire qu'il n'y avait pas d'invitations. Je dis que c'est faux. J'ai vu des lettres adressées à des gens de la société civile, à des avocats, à des cadres, etc. A partir du moment où on ne nous invite pas, nous restons à notre place. Les gens de Bennoo, je les respecte tous, j'ai de la considération pour tout le monde. Ils peuvent faire leur chemin et nous, Bcg, nous faisons le nôtre. C'est tout. Au Bcg, nous avons toujours prouvé que nous étions capables d'aller à des élections tout seul. Nous n'avons pas besoin de locomotive. Nous sommes entrés à l'Assemblée nationale tout seul et nous espérons y retourner. Nous sommes allés à la mairie de Dakar et dans des collectivités locales plusieurs fois sous la bannière de notre propre parti. Et nous venons de rentrer au Conseil régional tout seul. Donc nous nous assumons. Si des gens veulent qu'on collabore, nous collaborons, s'ils pensent qu'ils n'ont pas besoin de nous, nous continuons notre chemin. Il n'y a pas d'animosité entre le Bcg et la coalition Bennoo Siggil Senegaal. Il y a simplement que certains croient qu'ils sont supérieurs aux autres.

Le Bcg serait-il partant pour l'élection de 2012 ?

Tout à fait. Cela confirme que nous allons toujours aux élections. Nous sommes en train de préparer de nouvelles cartes. Il est question de mieux nous préparer pour déterminer la stratégie qui va nous aider à aller aux élections de 2012. En tout, nous sommes sûrs et certains que nous nous présenterons aux élections législatives. La présidentielle dépendra du contexte du moment. Le Bcg sera là pour les législatives parce que la dernière fois (législatives de juin 2007, Ndlr), on nous a entraînés stupidement dans un boycott insensé. Et nous le regrettons profondément.

Alors, si nous allons à la présidentielle, c'est moi qui vais être candidat, mais j'ai déjà dit à mes camarades que je refuse d'aller à une élection présidentielle pour sortir avec des zéros virgule quelque chose ou des 1 %.

L'appel de Me Wade pourrait-il changer la donne en 2012 ?

Jean-Paul Dias : Absolument parce que la politique, c'est de l'évolution. La politique, c'est le contexte. C'est une affaire de moment. Peut-être qu'à ce moment, nous irons en coalition avec le Pds ou Bennoo Siggil Senegaal. Tout est possible. L'adage dit qu'en politique, on ne dit jamais jamais. Mais quoi qu'il en soit, retenez que, seul ou en coalition, le Bcg sera aux élections de 2012.

'N'importe quel troubadour qui fait danser des gens dans des arènes, peut être candidat simplement parce qu'il a 40 millions. Si vous lui demandez 100 millions, il les amènera'

Avez-vous commencé la collecte des fonds puisqu'il paraît que la caution sera de 100 millions à la présidentielle ?

C'est de l'intoxication, c'est un mensonge et je vais vous dire pourquoi. D'abord, la caution est déterminée six mois à l'avance. Par conséquent, elle ne peut pas être fixée aujourd'hui. C'est pourquoi je considère tout cela comme une intoxication. Personnellement, au moment où je vous parle et même dans six mois, je serai contre la caution à 100 millions. Au fait, de quoi s'agit-il ? On nous dit qu'il ne faudrait pas que n'importe qui soit candidat. Je suis d'accord. Mais qui est fautif ? Sont fautifs ceux qui ont laissé des troubadours venir être candidats à une élection présidentielle. Sont fautifs ceux qui ont laissé des inconnus, parce qu'ils avaient un illustre patronyme, venir être candidats. Si nous étions à l'Assemblée nationale nous aurions fait des propositions de loi dans ce sens. Ainsi, quiconque veut être candidat à la présidence de la République doit remplir un certain nombre de conditions. Mais nous ajoutons qu'il faut qu'il ait déjà occupé certaines fonctions : il faut qu'il ait été déjà ministre, sénateur, député, maire, président de conseil rural ou régional. Qu'il ait déjà été ambassadeur ou officier supérieur. En fait, même pour le Sénat, n'importe qui ne devrait pas être sénateur. Pour l'être, il faut nécessairement avoir déjà occupé certaines fonctions. Mais n'importe quel troubadour qui fait danser des gens dans des arènes, peut venir être candidat simplement parce qu'il a 40 millions. Si vous lui demandez 100 millions, il les amènera. Certains le font parce qu'ils vont découper des journaux qu'ils vont montrer à l'extérieur pour leurrer des gens. Nous disons non. Ce n'est pas une question d'argent. N'importe qui peut aller trouver un trafiquant de drogue qui vous donne 100 millions pour être candidat.

La candidature de Me Wade fait couler beaucoup d'encre. On dit même que le Sénégal aura le plus vieux candidat à une élection présidentielle au monde. Qu'en pensez vous ?

Jean-Paul Dias : Alors là, ce n'est pas parce qu'il risque d'y avoir un rapprochement avec Wade que je vais me dédire. J'ai déjà dit dans une radio de la place que je ne suis pas sûr que cette candidature se concrétisera. Le président Wade s'est juste annoncé pour calmer le jeu dans son camp. Et de ce point de vue, il a raison. Maintenant, il reste que Wade, s'il ne fait pas de la politique, il ne fait pas autre chose. C'est ça la vérité. Lui-même l'a dit, s'il a la santé, les capacités physiques, il se présentera. La loi le lui permet. Mais personnellement, je crois qu'il cherche à calmer le jeu dans son parti. Et que, le moment venu, du groupe sortira un candidat.

Votre fils Barthélémy Dias est à la tête d'une municipalité. Que retenez-vous de son bilan à mi-parcours ?

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Un bilan se fait après un an (Il insiste). Mais pour le moment, il a pris une mairie où il n'y avait absolument rien du tout et, à ma connaissance, ce n'est que cette semaine qu'il a eu un fax. Cette mairie n'avait pas de fax, de photocopieuse, d'informatique, encore moins de site internet. Il n'y avait rien du tout. Même pas un groupe électrogène. Et vous ne pouvez pas demander à quelqu'un d'être performant quand il n'y a rien. Mais, petit à petit, en travaillant, il pourra atteindre ses objectifs.

Du point de vue social, tout en travaillant, il est obligé de mettre en place une véritable administration et c'est ce que fait Barthelémy. Dans un an, il y aura un premier point et je maintiens que, sauf 'thiat' (mauvaise langue, Ndlr), dans cinq ans, il présentera la plus belle mairie d'arrondissement de Dakar.

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