La Prospérité (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Bemba devant ses juges !

9 Novembre 2009


Kinshasa — Toutes les vaticinations autour de la mise en liberté provisoire du Sénateur Bemba Gombo se sont volatilisées comme une fumée dans l'air.

Désormais, c'est une autre page de l'histoire qui s'ouvre, celle de répondre de ses actes devant les juges de la Cour pénale internationale. Dans une décision rendue par la Chambre de première instance III de la CPI, le procès Bemba est fixé pour le 27 avril 2010. Ce dernier est appelé à répondre des actes posés par ses miliciens lors de leur intervention en République Centrafricaine au cours de la période allant du 26 octobre 2002 au 15 mars 2003.

Parallèlement, des voix s'élèvent pour réclamer que la CIP lance d'autres mandats d'arrêts à l'endroit de tous les suspects impliqués dans le dossier en RCA. Sont cités nommément par la FIDH, dans son communiqué, Ange-Félix Patassé, ex président de la RCA, Meskine, son ancien chef de la sécurité présidentielle et François Bozizé, chef rebelle à l'époque des faits et l'actuel Président Centrafricaine. Par cet acte, Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH veut voir à quel point Louis Moreno travaille avec tout le sérieux voulu et en toute impartialité. Il n'est plus un leurre pour personne. Le séjour de Jean-Pierre Bemba au quartier pénitentiaire de la Cour pénale internationale à Scheveningen, à La Haye sera de longue durée. A peine que se soient volatilisées toutes les chances pour lui d'obtenir une liberté provisoire, l'heure pour le leader du Mouvement de Libération du Congo (MLC) est désormais à l'étape du procès.

Ainsi en a décidé la Chambre préliminaire III de la CPI. Celle-ci a fixé la date du mardi 27 avril 2010 pour l'ouverture du procès qui l'oppose au Procureur Luis Moreno O'campo dans l'affaire liée à la République centrafricaine. En effet, cette instance judiciaire internationale met à sa charge les crimes perpétrés par ses hommes (l'armée de libération du Congo, ALC) alors envoyés en RCA pour soutenir le régime démocratiquement élu de Ange-Félix Patassé, confronté à une rébellion conduite par François Bozizé, l'actuel Président centrafricain. Ainsi, pour la CPI, Jean-Pierre Bemba serait pénalement responsable, pour avoir effectivement agi en qualité de chef militaire au sens de l'article 28-a du Statut de Rome, de deux crimes contre l'humanité (meurtre et viol) et de trois crimes de guerre (meurtre, viol et pillage) commis par ses hommes au cours de la période allant du 26 octobre 2002 au 15 mars 2003. FIDH réclame d'autres têtes à Moreno Pour la Fédération Internationale des Droits de l'Homme, FIDH en sigle, il n'est pas correct dans le chef de Luis Moreno O'campo, Procureur près la Cour Pénale Internationale, de garder Bemba seul dans les geôles de la CPI dans le dossier centrafricain.

Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH, estime quant à elle que des crimes d'une extrême gravité pèsent aussi sur Ange-Félix Patassé, ex président de la RCA à l'époque des faits, sur Abdoulaye Miskine, chef de l'unité de la sécurité présidentielle et de François Bozizé, chef rebelle et actuel président de la République centrafricaine. Pour la FIDH, ce sera une preuve que Louis Moreno travaille avec tout le sérieux voulu et en toute impartialité. Que dire de l'entourage direct de Bemba au pays ? Si le mutisme est total au niveau de la Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH) quant aux proches de Jean-Pierre Bemba, c'est-à-dire, tous ceux qui ont oeuvré avec lui durant la rébellion dans la prise des décisions, il reste que la brèche est ouverte. La CPI peut à tout moment et à tout bout de champs mettre la main sur qui elle veut. A chacun son tour, a-t-on laissé entendre. Pour rappel, Bemba a été arrêté à Bruxelles le 24 mai 2008 suite à un mandat établi la veille par la CPI.

Transféré à La Haye, le 3 juillet 2008, il comparaît pour la première fois le 4 juillet 2008 devant les juges de la Chambre préliminaire présidée par la juge Fatouma Dembele Diarra, de nationalité malienne. Les audiences de confirmation de charge ont été plusieurs fois reportées. D'abord le 4 novembre, puis le 8 décembre 2008. C'est le 29 décembre 2008 que les dates du 12 au 15 janvier seront arrêtées finalement pour la confirmation des charges.

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