Le Soleil (Dakar)

Afrique de l'Ouest: Intégration dans l'espace Uemoa - 20 cadres bissau-guinéens formés

Abdoulaye Diallo

9 Novembre 2009


Pour aider leur pays à mieux s'intégrer dans l'espace Uemoa, 20 cadres Bissau-guinéens qui viennent d'être formés en français, ont reçu, samedi, à Dakar leurs attestations.

Samedi matin, 10 h tapantes. Petite ambiance à Ucad II. Dans le couloir qui mène à la grande salle de conférence, un groupe d'individus ne laisse aucun passant indifférent. D'abord parce qu'ils sont impeccablement habillés. Ensuite et surtout parce que la langue principale de leur conversation n'est ni le français encore moins le wolof ou l'anglais. Mais plutôt le créole, première langue de leur pays : la Guinée-Bissau. « Nous sommes des cadres Bissau guinéens », précise l'un deux. Enthousiaste, démarche sereine, Milanca Nunes Carvalho Alvarengua, spécialiste en Relations internationales, vient de rejoindre le groupe. Ses compatriotes. « Bondiyé noo..Aï, j'ai oublié ! Bonjournée ! Ah non, Bonjour ! », lance t-elle radieuse, à ses compatriotes. Dans un français qui tord parfois le cou à la grammaire, elle confie. « Vous savez eh...le français, c'est bon. Il est compliqué mais pour notre intégration, l'intégration de la Guinée-Bissau dans l'espace Uemoa, il nous faut maîtriser cette langue ». En une phrase, Milanca Nunes vient de nous résumer le sens de leur présence à Dakar : apprendre à lire et à s'exprimer correctement en français pour une meilleure intégration de leur pays dans la sous-région. La remise d'attestations, samedi, était le couronnement de trois mois de formation de ces cadres.

Le centre Africain de complémentarité scolaire, universitaire et de promotion (Cacsup) est une ONG. Il est le maître d'oeuvre de cette formation avec l'appui de l'Union économique monétaire ouest africaine (Uemoa). L'heure étant l'heure, les choses sérieuses vont bientôt commencer. Tout le monde entre en salle. Quelques instants après, ce sont les membres du Cacsup, les représentants de l'Uemoa, de l'Ambassade de la Guinée Bissau et les autres partenaires qui font leur entrée et s'installent. Les discours s'enchaînent. Tous magnifient la tenue de cette session de formation.

Certains formateurs se disent même « touchés » par la détermination et la volonté des cadres Bissau-guinéens à apprendre la langue de Molière. Point d'orgue de la cérémonie, la remise des attestations. Au total 20 « de niveau 1 » ont été remises à des récipiendaires qui ont compris l'enjeu de parler et de lire le français. Me Quiletche Natsua est l'un deux. Selon cet avocat, tous les cadres Bissau-guinéens doivent parler français. « Nous sommes le seul pays de l'Uemoa dont la langue officielle n'est pas le français. Par conséquent, pour notre intégration économique, il nous faut maîtriser cette langue ». Le président de l'Assemblée de l'association des étudiants Bissau-guinéens au Sénégal est encore plus précis. « En plus de nous aider à élargir nos connaissances, le français nous permet surtout de mieux défendre nos intérêts au sein de l'Uemoa », argue Rofino Mendes. « Grand merci au Sénégal pour tout ce qu'il a fait pour mon pays », dit-, brièvement, Orlando Sambou, au nom de l'ambassadeur de la Guinée Bissau au Sénégal.

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