L'Aurore (Conakry)
9 Novembre 2009
La création d'une société de patrimoine, Guinea Development Corporation (GDC), dans laquelle l'Etat guinéen doit placer ses actifs miniers et pétroliers, présents et futurs en exploration et en exploitation, a fait couler beaucoup d'encre et de salive, depuis qu'un accord des actionnaires a été signé début octobre 2009 en ce sens, pour définir les modalités de partenariat dans la joint-venture de droit singapourien.
Samedi 10 octobre 2009, signature à Conakry du pacte d'actionnaire et de la création d'une holding en joint-venture, Guinea Development Corporation, (GDC) par la Guinée et la China International Fund (CIF SA), pour une avance pour le financement des infrastructures situé entre 7 et 9 milliards $US. Où la Beiya International Development dirigée par Xu Jinghu est coactionnaire à 30% de la China Sonangol International Holding Ltd.
Filiale de droit singapourien de Beiya International Development Ltd, la CIF a été créée en 2005 comme fonds destiné à financier divers projets d'infrastructures en Angola.
La participation de la Guinée dans le capital de la GDC est de 25% (15% rémunération partielle des apports de l'Etat et 10% actions supplémentaires en portage payables d'avance par la CIF et avoir sur les dividendes futures) contre75% pour la CIF. A son tour GDC créera 5 filiales de droit guinéens dont la Guinea Development Corporation Mining & Oil & Gas.
Le gouvernement de Conakry s'engage à attribuer, Guinea Development Corporation Mining,& Oil & Gas, une partie de 64% de l'Offshore représentant la rétrocession par la SCS Corporation/Hyperdynamics (qui devra en garder 36% selon le protocole d'accord du 11 septembre 2009).
Cette joint-venture risque de contrôler l'ensemble des projets et sociétés miniers, pétroliers et gaziers en Guinée, car en lieu place de l'Etat, il reviendrait à la société GDC de négocier les nouveaux partenariats. Le caractère confidentiel du pacte des actionnaires est sujet d'interprétations diverses. Des craintes sur l'éventuelle entrée de GDC dans la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG) où l'Etat détient 49%, à la Société Ashanti GoldFields de Guinée (SAG) pour les 15% de la Guinée, la reprise de la Compagnie des Bauxites de Kindia (CBK) appartenant à l'Etat sous gestion de RusAl, la reprise de la raffinerie de Friguia sous contrat de RusAl etc.
L'ouverture faite à GDC dans les multiples projets et sociétés des industries extractives en Guinée n'a pas été révélée au grand public, si fait que le deal pose problème, à la fois pour les guinéens et les partenaires traditionnels du secteur minier de la Guinée ainsi qu'aux institutions financières, notamment de celles de Brettons Wood qui ont mis le pays sous programme d'ajustement structurel renforcé.
Cet enthousiasme guinéen s'explique aussi par l'engagement de la CIF à créer une compagnie guinéenne de transport aérien, doté d'une flotte appropriée. Tout comme le but primordial de la coopération vise un investissement dans l'Energie, le traitement de l'Eau, le transport routier et ferroviaire, le développement des installations portuaires, l'habitat, l'exploitation minière de l'aluminium et tout autre secteur d'intérêt commun identifié par les parties.
L'appât est tel que le Président de la Junte en Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara avait mis en place, par Décret Présidentiel du 28 août, une commission de coordination des investissements de China International Fund (CIF) en Guinée. C'est le Ministre d'Etat chargé de la Construction et du Patrimoine Bâti Public, l'Architecte Boubacar Barry qui préside cette commission. Suivi de deux vices présidents M.Mahmoud Thiam, Ministre à la Présidence Chargé des Mines, de l'Energie et de l'Hydraulique, et du Capitaine Mamadou Sandé, ministre à la Présidence Chargé de l'Economie et des Finances. Le Rapporteur de cette commission est M. Bouna Sylla, deuxième conseiller juridique du Président de la République.
Ce décret découlait de l'accord cadre du 12 juin 2009, portant création d'une société de Holding pour les investissements dans les projets de développement en Guinée, entre China International Fonds et le Gouvernement Guinéen.
En juillet dernier, les partenaires s'étaient convenus dans un projet de pacte d'actionnaires de la création de la Holding dénommée " Guinea Development Corporation". Cette nomination des membres de la commission de coordination des investissements de China International Fund avait failli donner du blé à moudre au docteur Mamadi Diaré, ambassadeur de Conakry à Pékin, qui avait été très actif dans la négociation du partenariat stratégique Guinée-Chine. Aussi, l'ambassade de Chine à Conakry ne semble pas avoir été associée au montage du dossier de CIF.
Néanmoins, rappelons que le 7 septembre dernier, le ministre de la Défense, le Général de Brigade Sékouba Konaté s'était rendu en Angola, pour une visite de travail sur invitation de la China Sonangol International Holding Ltd via l'entourage de Edouard Dos Santos maître du Gouvernement de Luanda. A cette occasion, des discussions entre l'émissaire de Conakry et le Président Angolais, José Edouardo Dos Santos avaient été jugées « fructueuses » par des membres de la délégation.
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