André Alain Atundu Liongo
9 Novembre 2009
Kinshasa — Le 11 novembre est la date de la fête nationale de la République d'Angola. Probablement et comme d'habitude, une multitude de Congolais, du responsable ou simple citoyen, vont se retrouver aux côtés de leurs frères Angolais au cours de la réception de circonstance, autour d'une collation à la bonne franquette.
Au-delà de cet événement, cette commémoration est une occasion pour réfléchir sur les incidents malheureux qui ont marqué les relations entre nos deux Etats, ces derniers temps.
Evidemment, nul ne doit soutenir l'insoutenable dans la gestion de nos relations fraternelles, quel qu'en soient les raisons.
Au regard des précieuses relations qui existent et qui unissent la RDC et l'Angola, l'intérêt véritable de nos deux Etats, sur la base d'une bonne intelligence et notre situation géographique et dans la région devrait nous empêcher d'avoir à soutenir certaines choses.
Nul, en Angola comme en RDC, ne devrait soutenir ou favoriser la présence, somme toute, nocive des clandestins- simples immigrations opérateurs économiques au sens large du terme. Car, elle finit toujours par brouiller les relations entre Etats. En effet, pour couvrir leur turpitude, ces citoyens marginaux n'hésitent pas à prendre les deux Etats concernés en otage soit par chantage, à cause de leurs nationalités, soit sur la base de l'émotion nationale suscitée par leurs cas dans l'opinion.
Nul, en RDC comme en Angola, ne devrait justifier ou couvrir les dérapages inadmissibles dont sont victimes ces compatriotes, au motif qu'ils vivent et évoluent en marge de la loi. Les auteurs des tels actes doivent absolument être punis, car la dignité humaine passe avant toute autre considération : droits de l'homme obligent.
Il convient donc que les sujets brûlants et sensibles qui concernent nos populations soient traités en toutes sérénité et mesure. Ne dit ont pas qu'on a souvent tort par la façon d'avoir raison.
Au demeurant, la lecture métaphysique des faits que nous observons et vivons nous amène à poser certaines questions fondamentales pour éclaircir notre religion.
A qui profite le crime ? Mais auparavant, en quoi consiste le crime ? Enfin, pourquoi ce crime ? Le crime en l'occurrence, c'est cette tentative de mise à mort des précieuses relations fraternelles qui existent aussi bien entre les présidents Dos Santos et Joseph Kabila qu'entre l'Angola et le Congo.
PRIVILEGIER L'UNION
A la question du bénéficiaire et donc de l'auteur ou du commanditaire, la réponse n'est pas aussi facile qu'elle pourrait paraître à première vue. Ce ne sont certainement pas les Angolais et les Congolais qui traversent la frontière à leurs risques et périls, à la recherche d'un mieux-être légitime.
A observer attentivement ce qui se passe dans la sous-région, l'on est tenté de chercher les véritables bénéficiaires et commanditaires en dehors de nos deux Etats, de la sous-région d'Afrique centrale et même au-delà du continent africain.
Nos réflexions s'orientent spontanément dans deux directions qui pourraient converger. D'abord, envers ceux qui veulent ruiner ou tout au moins neutraliser les bonnes relations entre l'Angola et la République démocratique du Congo avec comme objectif d'affaiblir politiquement la RDC pour faire de Kabila une proie facile à portée et de Dos Santos un coupable parfait et idéal, derrière lequel ils se cacheraient pour passer inaperçu. Et peut être visent-ils à distraire le président Dos Santos pour le surprendre au Cabinda faisant ainsi d'une pierre, deux coups. Ensuite, cette action de déstabilisation pourrait faire partie d'une entreprise plus vaste pour empêcher les Etats de la sous-région, qui regorgent de tant de ressources convoitées, de s'organiser pour mieux en profiter tant au niveau des Etats que des populations.
La concomitance de certains faits et le lien logique éventuel qu'un esprit critique pourrait établir entre' eux est, de ce point de vue, intéressant voire troublant. L'on pourrait ainsi citer pêle-mêle et penser à l'Angolagate, à la prétendue affaire des biens mal acquis en France par les présidents Sassou, défunt Bongo et Nguema, à l'affaire Kahemba, à la question du plateau continental jusqu'à l'affaire des expulsions.
Puisque toutes ces opérations géostratégiques dépassent et même ignorent superbement l'Angola et la RDC, notre parade et notre salut se trouvent dans l'union, l'unité, la concertation et la clairvoyance de nos dirigeants : l'union fait la force.
Bref, Angolais et Congolais ont le plus grand intérêt à sauvegarder la qualité enviable et exceptionnelle de leurs relations. Véritable noyau à protéger comme la prunelle de l'oeil grâce à l'écrin que sont nos deux chefs d'Etat, nos opinions nationales et nos deux peuples, la qualité de nos relations bilatérales est en définitive ce que tente de détruire les flibustiers des temps modernes par des opérations aussi opaques qu'immorales pour atteindre leur objectif de domination et d'exploitation sans coup férir et à moindre frais.
Voilà le crime - voilà le criminel - voilà le but du crime. Si le crime peut être identifié et qualifié, il n'en est pas de même du criminel qui apparaît sous la forme d'une nébuleuse immonde qui s'ingénue à changer de forme et de face pour mieux opérer et presque toujours sous les couverts des complices nationaux, conscients ou inconscients !
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