Donatien Ngandu Mupompa
9 Novembre 2009
Kinshasa — Le député François Muamba est appelé à comparaître devant la Cour militaire. Il devra témoigner sur la non implication du prévenu Mbelema dans la manifestation des ex-Faz du 28 mars 2004.
Affaire ministère public contre des militaires ex-FAZ accusés d'avoir participé à un mouvement insurrectionnel en mars 2004. A l'audience du jeudi 5 novembre 2009, le lieutenant Dieudonné Mbelema est passé à la barre. Torturé, il est détenu depuis 6 ans pour avoir porté un pantalon Jean's et un polo.
Appelé à la barre, le prévenu Mbelema a dit qu'à cette époque il travaillait chez le ministre du Budget François Muamba Tshishimbi, aujourd'hui député du MLC. Ce qui fait qu'au moment des faits, il était de garde à la résidence du ministre.
Terrassé par la diarrhée, l'épouse du ministre l'a autorisé d'aller chercher un médicament. Avant de déboucher sur l'avenue du 24-Novembre, il a été arrêté par les militaires commis à la résidence du général John Numbi. Ces éléments ont prétendu que le pantalon Jean's et le polo qu'il portait constituaient l'uniforme des manifestants. Il a été acheminé à la résidence du général.
Lorsque le général Numbi l'a vu, il a prononcé une seule phrase : « Je ne veux pas le voir ». Le malheureux a cru que cette autorité donnait l'ordre de le relâcher. Il a donc été désillusionné quelques instants après le départ du chef. Les gardes se sont mis à le torturer sauvagement.
Le magistrat Nsendula, conseiller à la Cour militaire, a posé cette question au ministère public : « Le prévenu a dit qu'il était chez le ministre chargé du Budget. Pourquoi l'a-t-on maintenu ? ». En guise de réponse, l'auditeur militaire supérieur Muwau Sanzu a dit que pour lui, le prévenu Mbelema était dans l'opération, mais non de service. Pour être éclairée, la Cour militaire a, par la bouche du colonel Kalala Kapuku, son président, décidé d'entendre l'honorable François Muamba à la prochaine audience.
Me Peter Ngomo de la défense a révélé à la Cour que le général Munkutu a reconnu pour ce prévenu que c'était le seul cas de torture. Et Me Ngomo de faire remarquer : « Le ministère public l'a traduit devant votre Cour, et il ne connaît même pas les faits pour lesquels il est arrêté ».
Ce conseil s'est indigné de voir que pour un homme détenu depuis 6 ans, on ne s'est pas donné la peine de vérifier s'il était de service le 28 mars 2004. Et lui d'ajouter : « Rien n'a été fait, et on a prolongé illégalement sa détention ». Toujours selon Me Ngomo, quand le général Numbi avait dit : « Je ne veux pas le voir », cela voulait simplement signifier : « Achevez-le ». Cet avocat a fini par dire : « Quelles sont les charges retenues contre Mbelema ? Rien dans le dossier. Voilà comment on prive un paisible citoyen de sa liberté ! ».
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