Samir Azzoug
10 Novembre 2009
Le vol et la contrebande du cheptel ovin et bovin sont des phénomènes à ajouter à l'escarcelle des malfrats algériens. Rien n'échappe à cette catégorie de rebuts de la société.
Rusés comme des renards, ils s'adaptent rapidement et profitent de chaque défaillance pour commettre leurs forfaits au préjudice de l'économie nationale et du pouvoir d'achat des citoyens. A quelques semaines de la fête du sacrifice du mouton, les annonces de vol de troupeaux entiers sont légion. En dix mois, la Gendarmerie nationale fait état de la subtilisation de 13 000 ovins et bovins et dévoilé le bilan de 712 affaires traitées dans ce cadre. Ce sont généralement des réseaux organisés qui s'adonnent à ce genre de trafic à destination du Maroc et de la Tunisie. Il faut dire que la qualité de la viande ovine algérienne est connue et reconnue. Au grand dam du simple citoyen qui ne peut en consommer à sa guise au regard de sa cherté. Alors que le cheptel est bradé de l'autre côté des frontières. Devant l'importance de ce trafic, les autorités du pays réagissent en convoquant la désormais sacro-sainte technologie. Un contrat a été signé fin octobre entre la Caisse nationale de mutualité et d'assurance (CNMA), Algérie Télécom et la société québécoise Agri-Traçabilité pour la mise en place d'un système national d'assurance et de traçabilité en direction du risque animal. Des puces vont être implantées sur les oreilles du cheptel pour permettre un suivi permanent de l'état de santé et de la position géographique des bêtes. Le procédé qui a fait ses preuves en Europe depuis plus d'une dizaine d'années est une initiative louable.
Mais ce qui reste incompréhensible, c'est le fait que les contrebandiers arrivent à acheminer les troupeaux volés, sur de très longues distances via les frontières, sans être débusqués. Des moutons ou des bÅ"ufs n'ont quand même pas le volume d'un jerrican d'essence, sans parler des odeurs et des bruits. La complicité de certains responsables aux postes frontaliers n'est pas à écarter donc. Faut-il alors implanter des puces «espionnes» sur les oreilles de chaque préposé au contrôle frontalier ?
Et puis, les bêtes volées sont destinées généralement à l'abatage. Une carcasse de mouton dépourvue d'une oreille pourra-t-elle dissuader un amateur de viande de l'acheter ?
Si jamais l'opération d'implantation de puces se révèle être efficace, il faudrait penser à la généraliser. Car, question traçabilité, la viande n'est pas le seul produit qui en souffre. Du combustible, aux pièces de rechange en passant par les véhicules, la nourriture, les produits manufacturés... et la liste est longue, le marché algérien est envahi de marchandises suspectes. Même si l'implant des puces est une démarche intéressante, il reste que la manière la plus efficace pour lutter contre la contrebande reste le contrôle rigoureux des frontières nationales et la lutte contre la corruption.
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