Sandrine Tonlio
9 Novembre 2009
Ils demeurent pourtant indispensables à la réussite d'un élève quoique parfois insuffisants.
Depuis plusieurs années déjà, on retrouve dans plusieurs établissements scolaires publics (secondaires et universités) de Douala des conseillers d'orientation en plein exercice. Et ces derniers jouent, y constate-t-on, un rôle très important dans le suivi et l'insertion socioprofessionnelle des élèves et des étudiants. «Le conseiller d'orientation est celui-là qui aide les élèves en situation d'échec scolaire. Pour ces élèves qui n'ont pas eu une bonne note lors d'une évaluation, nous les convoquons afin de savoir si leur échec n'est pas dû au fait qu'ils ont des problèmes familiaux au des problèmes de santé», explique Célestine Bebene, chef service d'orientation au lycée technique d'Akwa.
«Nous informons également les élèves sur les filières qui leur seront ouvertes une fois l'obtention de leur Baccalauréat. Nous leur présentons leur établissement scolaire, les structures de cet établissement (infirmerie, bibliothèque), les responsables et leurs rôles. Nous leur apprenons aussi comment étudier et préparer leurs examens», poursuit-elle. Pour Suzanne Ngono Ayissi, chef service de l'orientation scolaire au lycée d'Akwa, «la réussite professionnelle de l'élève dépend de l'orientation scolaire. C'est de là que part le choix du type d'enseignement, des séries, des filières et d'une bonne insertion socioprofessionnelle. Notre devoir c'est de faire connaître le service d'orientation tant aux élèves qu'aux parents. Par ailleurs, nous orientons et assurons le suivi des élèves».
Orientations
Pour y parvenir, ces pédagogues passent par des entretiens psychologiques. «Pour accomplir notre tâche, nous procédons par des encadrements psychopédagogiques des élèves. Ça nous permet de définir assez clairement leurs problèmes. Nous avons aussi des causeries éducatives à travers des thèmes», soutient Suzanne Ngono Ayissi. «Chaque salle de classe a une heure d'orientation par semaine. Ça permet aux conseillers d'orientation de mieux suivre les élèves et d'avoir une idée sur les causes d'un échec scolaire», confie M. Boteng, censeur au lycée d'Akwa. «Nous n'avons pas encore des programmes pour toutes les classes. Nous travaillons dans nos bureaux et les séances d'information se déroulent dans les salles de classe. C'est dans ces salles que nous développons des thèmes. Nous faisons appel aux partenaires socioprofessionnels afin qu'ils éclairent la lanterne des élèves sur certaines filières», dit Célestine Bebene.
Dans les établissements scolaires publics, ces orientations sont assurées par des pédagogues sortis de l'Ecole normale supérieure. Ce qui n'est malheureusement pas le cas dans les instituts d'enseignement privé. Certains responsables font plutôt appel aux personnels vacataires pour orienter les élèves. «Nous faisons appel à notre personnel vacataire et parfois aux inspecteurs pédagogiques. Ce sont ces derniers qui ont la charge d'aller dans les salles de classe afin de canaliser les apprenants. A travers des tests psychotechniques, ils les orientent dans leur choix», indique Paul Djouaka, principal de l'Institut polyvalent Nanfah. Des fiches portant des informations relatives au choix de la spécialisation des collégiens en classe de 5e et 3e sont, dit le principal, remises aux parents pour leur appréciation. «Ce qui permet aux parents de savoir quelle série va faire son enfant. Ils peuvent toutefois modifier le choix opéré par le corps enseignant», précise Paul Djouaka. Une modification qui survient couramment chez les élèves de la classe de 3e ayant choisi de virer à l'enseignant technique.
Formations
Pour assurer le suivi de ces apprenants, une journée d'orientation scolaire a d'ailleurs été organisée sur l'ensemble du territoire national. «L'objectif de cette journée est d'informer les élèves sur les secteurs d'activités en abordant la question de la formation et du cursus scolaire, afin de leur permettre de découvrir leur projet d'orientation professionnelle. Ceci, au moyen des spécialistes qui exposent leur parcours», soutient Nicolas Ferraro, proviseur du lycée français Dominique Savio. «Chaque mois, nous avons un thème que nous poursuivons. Octobre était le mois de l'action professionnelle. C'est à travers cette action professionnelle que nous avons voulu aller vers les étudiants et les élèves, pour les aider dans leurs orientations; les futurs métiers dans lesquels ils veulent accéder.
Il ne s'agit pas seulement de leur donner le cursus de leur formation, ce qu'il faut faire pour accéder à telle ou telle profession ; mais il s'agit également de leur donner le vécu d'une profession», explique Jean Claude Dika Nsangue Akwa, président d'un club Rotary à Douala.
Les établissements secondaires n'étaient pas les seuls à organiser ces journées d'orientation, les formations universitaires en ont fait autant. «Les nouveaux et anciens étudiants doivent savoir quel est le meilleur cursus pour eux. Quel est le cursus qui doit leur permettre de découler sur une formation professionnelle ici ou ailleurs en fonction de leurs aspirations et également en fonction de leur background. Nous avons voulu orienter dans le cadre académique et professionnelle», indique à cet effet Aymeric Tientcheu, president du comité d'organisation de la journée académique et professionnelle de l'Université de Douala.
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