Fasozine (Ouagadougou)
Bark Biiga
9 Novembre 2009
Le Burkina Faso aura été fidèle à son «exception diplomatique», celle de préférer la Chine Taïwan à la Chine continentale.
Une option encore mal comprise (ou mal tolérée) - c'est selon - par la plupart des pays africains. Mais le gouvernement burkinabè a ses raisons que les autres ignorent. Ce n'est donc pas le Premier ministre du Conseil des Affaires d'Etat de la République populaire de Chine qui serait le premier étonné de l'absence d'une délégation officielle burkinabè à la quatrième Conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine, qui s'est tenu les 8 et 9 novembre 2009 à Charm el-Cheikh, en Egypte.
Dans le jeu de concurrence que mène la «grande» Chine contre les anciennes puissances coloniales de l'Afrique, le pays de Blaise Compaoré apparaît ainsi comme une forteresse imprenable, une chasse gardée de la «petite» Chine. Mais jusques à quand? Telle est la grande et délicate question que se posent les mauvaises langues.
Force est de reconnaître que les sirènes de Pékin attirent bien de gouvernements africains vers ce qui apparaît comme la «manne sans condition»... de respect de la démocratie et des droits humains que propose la Chine continentale. C'est depuis 1994 que ça dure! Apparemment, Ouagadougou n'a pas encore de raison suffisante pour tourner le dos à Taïwan, comme l'ont fait certains pays africains qui ont vogué d'une Chine à l'autre en fonction de leurs intérêts. Taïwan n'est pas là non plus pour rien. Elle se positionne solidement comme le quatrième partenaire bilatéral du Burkina, après la France, les Pays-Bas et l'Allemagne. Et permet au président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 1987, de tenir des «Engagements nationaux» qu'il a pris avec son peuple depuis 15 ans maintenant. Ce n'est pas rien.
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