Youcef Salami
10 Novembre 2009
En visite de travail hier dans la wilaya de Aïn Témouchent, le ministre de l'Energie et des Mines, Chakib Khelil, a affirmé que le Medgaz, le gazoduc en chantier, devant relier Almeria à Beni Saf, sera mis en service début 2010. Le Medgaz, c'est huit milliards de mètres cubes/an. Ce gazoduc est une canalisation d'un diamètre de 24 pouces de transport de gaz naturel qui traversera la mer Méditerranée et unira l'Algérie à l'Europe via l'Espagne.
Il est d'une longueur totale de 210 km sur une profondeur de 2 160 mètres. En mettant en route un tel projet, Sonatrach s'affirme dans l'investissement à l'international. C'est en 2003 que le Medgaz a été approuvé par la Commission européenne comme projet d'intérêt commun dans les réseaux trans-européens du secteur de l'énergie, tout comme il a été retenu dans le programme Quick Start, de sa mise en service immédiate par la Commission européenne. Seulement, le Medgaz n'a pas été mené sans difficultés. Le projet a failli être mis en rade, à la suite d'un conflit entre Algériens et Espagnols sur la structure des actions de la société Medgaz. Il a fallu des mois et des mois de négociations pour débloquer la situation.
Les conditions dans lesquelles a été conduit ce gazoduc, le ministre de l'Energie et des Mines en parle dans un récent entretien qu'il a accordé à un journal russe. Le gazoduc Medgaz vers l'Espagne a été construit en «cinq ans» et «nous avons dépensé des milliards de dollars», surmonté «beaucoup de difficultés» et il est fin prêt pour entrer en exploitation et «nous avons l'intention d'y faire envoyer du gaz», a-t-il dit dans cette interview.
Et d'ajouter : «Et voilà que subitement, le ministère des Finances espagnol a décidé d'instaurer une taxe, qui maintenant vaut zéro, mais qui dans l'avenir sera réelle ; si on m'avait parlé de cela il y a cinq ans, nous aurions pu mener des discussions sur le taux de cette taxe et en fin de compte décider à ce moment-là si nous devrions construire ou non ce pipe.» Et ce n'est pas fini, les Espagnols reprochent à la partie algérienne d'avoir modifié les conditions du contrat au dernier moment. «Maintenant, on va y réfléchir deux fois avant de réaliser de nouveaux projets avec l'Europe», a-t-il conclu.
Indépendamment de ce conflit, l'Algérie travaille à l'élaboration avec l'UE d'un accord dit stratégique sur l'énergie. Logiquement, si un accord est trouvé, tous les pays de l'UE seront tenus de le respecter. Sauf que ces mêmes pays n'arrivent pas à s'entendre entre eux sur la politique énergétique dans l'espace UE.
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