El Hadji Massiga Faye
10 Novembre 2009
Cela ronronne à Blaise Senghor ! La saison culturelle démarre timidement dans cet établissement culturel situé sur l'avenue Dial Diop.
Il est 16h, en ce lundi 26 octobre 2009. L'esplanade du Centre se singularise par le calme qui y règne. Seuls quelques coups de klaxons des véhicules qui empruntent‚ l'Avenue Dial Diop, et le gazouillementâ-‚des oiseaux perturbent la quiétude des lieux. Le décor sonore a fini de s'installer devant une sculpture géante qui vous accueille au bas des escaliers. En franchissant le hall d'entrée, le silence des lieux devient plus pesant. Hormis un préposé à l'accueil vautré sur une chaise et quelques éclats de voix provenant de la bibliothèque, on se croirait dans un cimetière.
Sur la porte d'entrée de cette salle, une affiche renseigne : « Bibliothèque fermée pour cause de nettoiement et de rangement. Ouverture le 2 novembre ». On le voit clairement. Le centre Blaise Senghor, en cet après-midi, fonctionne au ralenti. Habillée en tenu traditionnelle, un foulard de tête qui tombe négligemment sur les épaules, la directrice du Centre culturel Blaise Senghor, Awa Cheikh Diouf, confesse: «Pour le moment, « il n'y a pas d'activités avant le 4 novembre, à part les répétitions des ballets à partir de 18h. »
Du côté de la salle de spectacle, l'atmosphère est identiqueâ-‚ : les locaux sont désespérément vides. Si ceâ-‚n'est qu'une pile de chaises rangées à la verticale sous une épaisse couche de poussière. Même scénario du côté de la salle d'exposition où des débris de planches ont fini d'ajouter au décor. Grande toilette avant l'ouverture de la saison culturelle ou bien simple cure de jouvence? Toujours est-il que les deux salles contiguies sollicitent davantage de commodités pour une plus grande fonctionnalité. Pour l'heure, ce sont quelques oiseaux qui squattent la cour intérieure, un espace dédié aux répétitions des quatre ballets.
Entre temps, un détour du côté de l'Espace Demba Ndiaye s'invite à notre pérégrination. Cloisonnés dans leurs ateliers, les plasticiens s'activent autour de workshops qui vont aboutir à des productions en série avant de déboucher sur des ventes. Doigté, précision, concentration sur le travail, autant de mots qui ont leur importance et leur signification pour le Collectif « Mbar-mi » qui regroupe près de 60 artistes de nationalités différentes. La fausse noteâ-‚ : « Nous peinons à bénéficier de l'aide, de la subvention du ministère de la Culture», déplore Mactar Pouye, président du Collectif.
A un jet de pierre des ateliers des plasticiens, c'est le showroom dédié aux stylistes qui s'offre à notre visite. Ambiance bon enfant. Metteurs en scène, comédiens, stylistes devisent tranquillement autour d'un verre. Avant que ne s'esquisse un scénario. « C'est ici que se fait et se défait le mondeâ-‚ », lance en forme de boutade un comédien. En parcourant du regard les huit stands dressés, ce sont des sculptures, du batik, des céramiques, de la maroquinerie et des tenues de scène pour artistes qui ornent le décor.
Au même moment, ce sont des notes de reggae qui s'échappent du restaurant qui s'est fait une bonne réputation pour les plats et les jus locaux. A vos papilles ! En attendant, un bref crochet attire notre curiosité à l'arrière-cour du Centre qui faisait office de podium lors des grandes manifestations.
Les prémices d'une fondation et une broussaille sèche se disputent les lieux. « La nature a horreur du videâ-‚ », lance notre photographe. « Le site était retenu pour abriter des manifestations du FESMAN III», explique Awa Cheikh Diouf. L'heure est à l'attente des nouvelles orientations.
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