La Prospérité (Kinshasa)
Propos recueillis par Laetitia Mbuyi
10 Novembre 2009
interview
Kinshasa — Il est économiste de formation. Il a été, des années durant, Directeur à la Banque Centrale du Congo. Le Samedi dernier, il a été désigné Administrateur Général de la Fédération Nationale des Artisans, Petites et Moyennes Entreprises Congolaises, FENAPEC et Administrateur Gérant de la Coopérative d'Epargne et de Crédit de la FENAPEC, Coofen. Il, c'est Michel Nsomwe Nsomwe. La simple évocation de son nom à la tête de cette structure draine déjà des centaines d'adhérents. L'homme promet de faire la différence avec ses prédécesseurs qui ont brillé de mille feux par la mégestion. Sa foi, sa détermination, son savoir-faire et son faire- savoir aidant, Nsomwe Nsomwe qui croit dur comme fer que la crise est le meilleur moment de l'ambition plutôt qu'un champ d'alibis, entend façonner, à travers ces deux structures, un model d'intégration économique par excellence pour toute la nation congolaise et, partant, réduire l'empire de l'économie informelle, mieux souterraine. La Prospérité l'a approché, dans un entretien exclusif, pour se faire une idée de ce qu'il veut faire de la FENAPEC. Découvrez, ci-après, à travers ses réponses aux préoccupations du Quotidien de Mont Fleury, les grandes lignes de la philosophie que Nsomwe Michel voudrait imprimer à la FENAPEC.
Bonjour M. Michel Nsomwe. Le samedi 7 novembre dernier, nous avions assisté à votre installation officielle au rang d'Administrateur Général de la Fenapec et Administrateur Gérant de la Coofen. Quels sont vos sentiments à ce sujet ?
Premièrement, je me sens honoré par la Fenapec pour la nomination. C'est une expression énorme de confiance, mais aussi un sentiment de lourde responsabilité. Et, je sens cette nomination comme une charge et un défi à relever. Economiste de formation, je suis capable de sortir la structure Fenapec de son marasme actuel pour qu'effectivement la Fenapec joue son rôle de producteur et d'encadreur des petites et moyennes entreprises congolaises. Je suis vraiment heureux de jouer ce rôle.
Quels sont les objectifs poursuivis par la Fenapec et la Coofen ?
La Fenapec a comme objectifs majeurs, d'abord en tant que chambre de commerce, elle vise à encadrer les PME et, partant à aider les congolais à s'organiser en entreprises, à créer des entreprises, à générer des revenus pour qu'une classe moyenne existe réellement en RDC, donnant lieu à une bourgeoisie congolaise. La facilitation d'intégration entre les opérateurs économiques congolais est aussi notre visé. Par exemple, si vous êtes un boulanger et membre de la Fenapec, la Fédération vous met en contact avec les agriculteurs qui produisent du blé. Nous tenons à établir une intégration totale de l'activité économique entre nos membres. Soit, vous disposez d'un poulailler, ne craignez pas la mévente, la Fenapec peut vous rassurer qu'à son sein, il existe des responsables de restaurants qui auront certainement besoin des oeufs ou des poules. C'est dans cette optique que nous militons pour l'intégration qui est un élément majeur en faveur de nos membres. Au- delà de l'aspect d'une chambre de commerce, la Fenapec est aussi un syndicat pour défendre les intérêts de ses membres qui sont les PME congolaises. Ils ont des problèmes qui restent sans solution. Il y a des problèmes de dettes intérieures. La plupart des créanciers de l'Etat, victime de cette dette intérieure impayée ou une dette intérieure qui subit tous les jours la décompte sont eux les membres potentiels et réelles de la Fenapec. La Fenapec met la barre haute pour être en mesure de les aider à retrouver leur gain. La Fenapec entend relancer le petit commerce dans son intégralité qui doit être, en principe, repris dans le cahier des charges de la République qui, malheureusement, est quelque peu bafoué, s'il faut le dire. La Fenapec doit s'impliquer en faveur de ses membres qui sont des bénéficiaires de cette loi afin que le respect des textes soit établit, en sachant que le non respect de ces textes par lui-même crée des victimes qui sont les membres de la Fénapec. Quant à la Coofen, elle aide la Fenapec à être plus concret. La Coofen se propose de financer les PME congolaises, l'individu et établissements congolais quel que soit leur niveau d'avoir ou profil social. La Coofen doit être en mesure de financer chaque projet banquable et même aller vers les congolais pour les aider à obtenir un financement. Nous allons faire des études pour découvrir et apporter un appui financier afin que chacun devienne à tout moment une source de revenu. Et nous puissions sortir la RDC de ce bourbier qui est communément appelé «économie informelle, le secteur informel ». Nous voulons que le congolais quitte l'informel, comme il n'est pas un fantôme, il le peut. Nous lui apporterons un financement concret en l'aidant à rentabiliser le peu d'avoir qu'il a. C'est l'aspect épargne, parce qu'il ne s'agit pas seulement d'accorder de crédit. En observant la société congolaise, il y a de ceux qui ont l'argent mais qui ne savent quoi en faire ou comment le placer. Nous n'apprendrons pas aux congolais à garder l'argent en devises étrangères, mais nous leur donneront plusieurs produits financiers, plusieurs opportunités de gain à travers l'épargne. C'est comme ça que nous allons innover sur tous les plans.
Quelle impulsion pensez-vous donner à la fédération ?
D'abord la foi, puisque je suis un homme de foi. Je le contaminerai à tous mes collaborateurs, mais aussi ma détermination de réussir. Depuis mon arrivée, j'ai déjà tenu des séances de travail avec le personnel réduit trouvé sur place. Je trouve en eux plein de volonté et d'ambition à faire mieux. Car ils sentent des choses se bousculer. A ma foi, il faut ajouter ma casquette d'économiste. Ce costume dont je ne peux me séparer me permet d'apporter une contribution énorme de manière à ce que beaucoup de congolais palpent la réalité. Je tiens à réaliser les différentes ambitions pour que l'opinion tant nationale qu'internationale ne pense pas que j'ai raconté des histoires. Mais que l'on constate plutôt que nous avons atteint les objectifs voulus.
Dans votre allocution de samedi dernier, nous avons relevé une citation, je cite : « la crise est le meilleur moment de l'ambition plutôt qu'un champ d'alibis. ». Quel est le sens premier de cette expression ?
C'est la crise qui crée le génie. On n'aura pas un Kenz, si l'on n'avait connu une période de crise en 1929. Tous les grands noms de l'histoire sont liés à un moment de crise. Le scientifique normal qui résonne correctement aime des périodes de crise. Elle n'est pas un moment de résiliation mais plutôt un moment de l'inflexion c'est-à-dire le changement d'une phase, d'un cycle qui tendait vers l'impasse pour redonner de l'avenir. Je ne défini pas la crise de Fenapec en terme de mauvaise gestion de mes prédécesseurs, non. En acceptant les fonctions d'Administrateur Général de la Fenapec et Administrateur Gérant de la Coofen, j'ai choisi d'affronter la traversée de la crise que subit mon pays tout en travaillant pour faire de ces 2 structures, le model d'une intégration économique par excellence pour toute la nation congolaise.
Quelles sont les conditions d'affiliation à la fédération ?
Une contribution de 200 dollars est à payer pour adhérer à la fédération. Le montant paraît dérisoire mais octroie beaucoup des facilités aux membres. Plusieurs compatriotes ont cru à la Coofen lorsqu'ils ont appris mon ombre dans l'affaire et sont déjà nombreux à venir souscrire. Les membres bénéficieront des plusieurs opportunités qu'offre la Fenapec. Seuls les membres de la fédération sont éligibles pour un crédit de la Coofen. La Fenapec accompagne ses membres dans les périodes de succès comme de disgrâces. Nous militons pour chasser la pauvreté et le chômage.
Votre mot de la fin
Grand merci à la Prospérité pour son soutien à la Fenapec, la Coofen ainsi que son Administrateur. Nos portes restent ouvertes. Nous comptons faire de la Coofen une véritable banque ouvrière. Qui va apporter au pays la prospérité, à la grande satisfaction des PME congolaises, la population et les autorités tant politiques qu'économiques.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 La Prospérité. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.