Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Tambacounda - Projet de lutte contre la pauvreté et sur les Industries Extractives - Le satisfecit d'Oxfam Amerrira

Boubacar Dembo Tamba

10 Novembre 2009


« Epargner pour le changement », c'est l'un des projets que déroule Oxfam Amerrira en partenariat avec l'Ong « La Lumière » dans la région naturelle du Sénégal oriental. Ce programme de lutte contre la pauvreté est accompagné par un autre touchant les industries extractives. Une mission de suivi et d'évaluation d'Oxfam Amerrira dans la région a pris fin vendredi 06 novembre dernier.

La mission de suivi et d'évaluation d'Oxfam Amerrira dans la région naturelle du Sénégal oriental a pris fin vendredi dernier. En partenariat avec l'Ong « La Lumière », cette organisation déroule deux importants programmes dans le domaine des industries extractives et celui de la lutte contre la pauvreté. « Nous sommes particulièrement heureux parce que nous avons compris que nos efforts vont à l'endroit de communautés suffisamment responsables et organisées », laissera entendre Souleymane Zeba, le nouveau directeur régional Afrique de l'Ouest.

Jimmy Daniel, le premier vice-président chargé des opérations d'Oxfam Amerrira et les membres de sa délégation dont la directrice des bureaux régionaux et le nouveau directeur Afrique de l'Ouest, sont repartis comblés par ce qu'ils ont vu et entendu sur le terrain. En partenariat avec l'Ong « La Lumière », Oxfam Amerrira déroule un programme de lutte contre la pauvreté dénommé « Epargner pour le changement » et un autre sur les industries extractives pour lequel il est surtout question d'outiller les acteurs communautaires, les élus dans le sens de la mise en place de cadres de concertations avec toutes les parties prenantes dans les opérations minières.

22 000 FEMMES PLEBISCITENT L'ONG « LA LUMIERE »

Déjà, à Gourel Ndiapaldé où s'étaient donné rendez-vous un peu plus de mille femmes issues de la cinquantaine de groupes formés à travers 29 villages de la communauté rurale de Misera, l'ambiance carnavalesque attestait parfaitement que quelque chose a positivement changé dans cette contrée, conformément à la philosophie qui sous-tend le programme « Epargner pour le changement ». Ici les animateurs du programme signifieront à leurs hôtes du jour qu'en un temps record, les femmes ont pu contracter un peu plus de 13 millions de francs de crédit avec un taux de remboursement de 100%. « Nous parvenons maintenant à transcender les problèmes de ravitaillement de nos familles du fait des bénéfices générés par les activités que nous menons, et qui ont essentiellement trait au petit commerce, à l'élevage de petits ruminants, à l'agriculture. Nous prenons correctement en charge les problèmes de scolarisation de nos enfants, gérons leur santé, bref c'est une véritable croisade que nous menons contre la pauvreté, grâce aux recettes et à l'encadrement des dynamiques animateurs de l'Ong La Lumière », expliquera Marient Diapo, la présidente de l'association « Coeurs Unis », regroupant les groupes « EPC » de Misera.

Partout ailleurs, à Damantang tout comme Mandancoli, Khossanto, Mamakhono, Faloumbou ou encore Sabodala, le discours était le même. « Nous n'avions aucune idée sur les possibilités d'investissement de l'argent pour générer des bénéfices et améliorer nos conditions d'existence », lancera la présidente de Mandancoli dont les envolées lyriques et le discours à plus d'un titre dithyrambique à l'endroit des encadreurs de « La Lumière », ont fini par convaincre Jimmy Daniel, le premier vice-président chargé des opérations d'Oxfam et des membres de sa délégation qu'un « beau travail a été abattu » dans cette zone où cela n'était point évident.

D'ailleurs, Mr Daniel n'a pu s'empêcher d'esquisser quelques pas de danse à Sabodala, sous l'emprise des rythmes endiablés du « Séwourouba » certes, mais aussi des témoignages de satisfaction et des prières formulées pour la pérennisation de ces actions. « Nous marchions les pieds en l'air, la tête en bas, ce programme EPC nous a fait remis sur nos deux jambes, et nous pouvons même nous payer le luxe de nous aligner pour les jeux olympiques » ironisait Khadidiatou Cissokho qui ajoutera que leurs habitudes alimentaires ont même changé, qualitativement parlant. « Il n'y a aucun doute quant au succès de cette opération. Maintenant il va falloir anticiper afin que ce succès soit durable en étant la rampe de lancement d'autres projets plus grands générateurs de revenus », nous a confié Souleymane Zeba, le tout nouveau patron du bureau « Afrique de l'Ouest » d'Oxfam Amerrira.

Le programme « EPC » consistant à mobiliser toutes les semaines de l'épargne et de la redistribuer entre les membres de chaque groupe touche aujourd'hui dans la région de Tambacounda et Kédougou plus de 22 000 femmes qui affichent grandement le sourire et plébiscitent les responsables de l'Ong « La Lumière ».

LES COMMUNAUTES MINIERES FAVORABLES A LA CONCERTATION ENTRE ACTEURS

Les responsables d'Oxfam ont tenu une rencontre avec les responsables des 9 comités villageois de surveillance des impacts des opérations minières mis en place par l'Ong « La Lumière » dans le but d'échanger périodiquement avec les responsables des compagnies minières évoluant dans la zone, pour une gestion sans grands couacs des activités, au grand bénéfice de toutes les parties prenantes.

A ce jour, les membres de ces comités ont deploré, à l'unanimité, que les portes des compagnies « visiblement peu enclines à la discussion », leur soient fermées. « Nous n'avons pu comprendre cette attitude synonyme de mépris à notre endroit, alors que nos champs, nos aires de pâturage nous sont arrachés, nos eaux polluées », ont martelé Moussa Cissokho et Sara Cissokho, respectivement président du comité inter villageois de surveillance des impacts et chef du village de Sabodala.

Là-dessus, les responsables d'Oxfam sont formels, « il faut un certain nombre de concertations » dira M. Zeba qui poursuivra en invitant les communautés au dialogue à travers un cadre de concertation comprenant les pouvoirs publics, les compagnies, les communautés, le secteur privé et les organisations de la société civile. « Nous avons rencontré le directeur national des mines et de la géologie, les autorités administratives des régions de Tambacounda et Kédougou, les responsables de l'Ong La Lumière tout comme les communautés, tous semblent s'inscrire dans cette dynamique que nous encourageons fortement », a ajouté le directeur régional « Afrique de l'Ouest » d'Oxfam qui conclura en posant que l'expérience de son organisation sera partagée en la matière.

Les opérations se poursuivent sur le terrain avec l'espoir que le potentiel minier de Sabodala va crescendo avec les réserves des compagnies Ormoie JVG, et Rand Gold. Il ne reste à espérer que les retombées soient bénéfiques aux sénégalais, surtout que par les temps qui courent, le prix de l'once d'or a pour la première fois de son histoire dépassé les 1100 dollars.

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