Pape Ndiaye
10 Novembre 2009
Le coupable de la mort de Babacar Mbaye, survenue en novembre 2002 à Rufisque, a été condamné hier à sept ans de travaux forcés par la Cour d'assises de Dakar qui a disqualifié le crime d'assassinat en meurtre simple. Abdallah Diop dispose ainsi d'un délai de 15 jours francs pour interjeter appel.
La Cour d'assises de Dakar a prononcé, hier, la peine de sept ans de travaux forcés à l'encontre du sieur Abdallah Diop, reconnu coupable du meurtre de Babacar Mbaye, survenu le 18 novembre 2002 à Rufisque. Elle a disqualifié le crime d'assassinat initialement reproché à l'accusé, en meurtre simple. Abdallah Diop recouvre ainsi la liberté pour avoir purgé la peine en détention préventive.
L'enquête de personnalité renseigne que l'accusé a arrêté ses études en classe de Cm2 pour se consacrer à la pêche. Fils de policier, il est célibataire sans enfant. De son passé pénal, Abdallah Diop est à sa première comparution devant une juridiction pénale et n'a jamais fait l'objet de condamnation. Il vivait en parfaite harmonie avec sa famille et entretenait de bonne relation avec son voisinage. Mais Abdallah Diop est sujet à des crises d'épilepsie ; une maladie qu'il a héritée de ses parents. Les archives policières de la ville de Rufisque le présentent comme sujet à de multiples dénonciations pour trafic de chanvre. Et les limiers d'avouer qu'il a toujours réussi à échapper à leurs mailles.
Au cours de l'interrogatoire d'hier, l'accusé qui décrivait les circonstances qui ont conduit à l'irréparable a reconnu s'être battu avec la victime en lui jetant une poubelle qui le mit à terre. Il nie toutefois l'avoir administré un coup de couteau. L'accusé révèle à la barre que le sieur Mbaye entretenait des relations amoureuses avec sa soeur Khady Diop et celui-ci s'apprêtait même à l'épouser. Propos confirmés par la mère de Abdallah Diop, Bineta Bâ. Elle indique que son fils avait interdit à Babacar Mbaye l'usage de ses verres de thé ; et c'est ce qui serait à l'origine du contentieux entre les deux personnes. Mais, selon la dame Bineta Bâ, l'affaire s'est envenimée lorsqu'un jour, Babacar Mbaye a injurié Abdallah Diop alors qu'il était en état d'ivresse. 'C'est pourquoi, mon fils lui a interdit la maison et il a bravé l'interdiction. Mbaye a fréquenté la maison durant huit ans. Mon fils n'a jamais brandi d'arme blanche et c'est moi qui ai fait appel à la police et aux sapeurs-pompiers', témoigne Bineta Bâ.
L'avocat général s'est fondé sur le certificat de genre de mort, les aveux circonstanciés de l'accusé et le constat des enquêteurs pour requérir 20 ans de travaux forcés à son encontre. Il estime que l'accusé n'a fait qu'exécuter sa menace de mort vis-à-vis de Mbaye. Ce qui le pousse à établir un meurtre commis avec préméditation. 'On lui a planté un couteau au niveau de la ventricule gauche du coeur', a soutenu le maître des poursuites. Il ajoute que le certificat de genre de mort a été établi par l'un des plus grands médecins légistes du Sénégal qu'est le professeur Isidore Boye.
Dans son verdict rendu, la Cour a finalement reconnu Abdallah Diop coupable de la mort de Babacar Mbaye et a disqualifié les faits en meurtre simple. Le coupable récolte sept ans de travaux forcés ; une peine qu'a totalement couvert sa détention préventive.
Me ANTOINE MBENGUE (AVOCAT DE LA DEFENSE) : 'Le procès-verbal de police renferme des imperfections'
Hier, lors du procès du sieur Abdallah Diop, la défense a tout d'abord relevé des imperfections contenues dans le procès-verbal d'enquête préliminaire, pour dire que 'les policiers n'ont pas pour rôle la qualification pénale'. Elle soutient que le juge d'instruction est mieux placé pour qualifier les faits. Me Antoine Mbengue regrette en même temps le fait que la famille de l'accusé ait seulement été entendue à l'enquête. Son regret va aussi à l'endroit du juge d'instruction qu'il accuse d'avoir suivi les policiers dans leur qualification des faits.
S'agissant de son client, l'avocat pense qu'il n'y a jamais eu d'altercation entre Mbaye et Abdallah. 'Les conclusions du médecin légiste ne disent pas que les blessures ont occasionné la mort. Mon client n'est pas l'auteur des coups de couteau', plaide Me Mbengue. Il finira par dire que son client a eu un comportement exemplaire en prison, durant ses sept ans de détention. Son confrère Me Issa Diop demande, 'à titre principal, de retenir le crime de coups et blessures ayant entraîné mort sans l'intention de la donner'. Et 'à titre subsidiaire', il implore à la Cour 'd'écarter l'assassinat et de retenir le meurtre simple'.
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