« Andry Rajoelina est le président de la transition qui exerce les fonctions de Chef de l'Etat. », nuance le Pr Jean Eric Rakotoarisoa, qui ne fait en fait que reprendre la disposition de l'article 1er de l'acte additionnel d'Addis-Abeba. Autrement dit, le président de la transition, Andry Rajoelina, a rang de chef de l'Etat, avec toutes les honneurs protocolaires que cela implique.
Se référant à l'article 4 de la Charte de Maputo, il accrédite et rappelle les ambassadeurs, reçoit les lettres de créance et de rappel des représentants des Etats, nomme aux hauts emplois civils et militaires, ainsi qu'à ceux des organismes relevant de l'Etat en Conseil des Ministres, promulgue les lois et ordonnances, préside les cérémonies officielles, confère les décorations de l'Etat...Dans l'exercice de ces fonctions, le président de la transition, Andry Rajoelina, est le seul maître à bord. Il n'a pas besoin de la participation des 2 co-présidents.
Pouvoir limité. Le Pr Jean Eric Rakotoarisoa soulève cependant une exception en soulignant qu'il ne sera pas le seul chef suprême des Forces Armées. « Le président et les 2 co-présidents doivent exercer collégialement cette fonction. » indique-t-il. Ce constitutionnaliste qui a participé à la rédaction de la Charte de la transition et de l'acte additionnel d'Addis-Abeba d'enchaîner sur les actes du président de la transition qui doivent être contresignés par les 2 co-présidents: « Il faut 3 signatures pour que les actes du président pris en Conseil des Ministres soient valides». En clair, le pouvoir du président Andry Rajoelina se trouve limité par la présence de Fetison Rakoto Andrianirina et Dr Emmanuel Rakotovahiny. « Assistants » ou « conseillers », peu importe le titre. Ces 2 co-présidents de la transition sont là pour baliser, voire contrôler, les actions de Andry Rajoelina, avec le pouvoir de mettre leur veto si besoin est.

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