Hamidou Ouédraogo
9 Novembre 2009
Lancée le 27 avril dernier, l'opération de délivrance massive et gratuite d'actes de naissance ne connaît pas l'engouement escompté. Pour le succès de cette campagne et de celle d'établissement de cartes nationales d'identité, le Premier ministre a réuni les gouverneurs des régions et des hauts-commissaires des provinces le 9 novembre 2009 pour les entretenir de la stratégie à adopter.
Le 27 avril dernier, le gouvernement lançait, à partir de Ouaga 2000, une campagne de délivrance gratuite d'actes d'état civil. Six mois après son démarrage, cette opération, qui se veut massive, n'a malheureusement pas tenu toutes ses promesses parce qu'ayant été confrontée, sur le terrain, à de nombreuses difficultés.
Entre autres, la mise à disposition tardive des registres et des imprimés de l'état civil ; les problèmes logistiques et financiers ; la lenteur dans la procédure de paraphe et de cotation des registres de naissance ; la faiblesse de la mobilisation sociale, le ralentissement du déplacement des équipes mixtes dû à la saison pluvieuse ;
le niveau d'instruction insuffisant de certains membres des équipes mixtes ; l'indisponibilité de certains membres du tribunal départemental et l'inorganisation de certains services municipaux. Toute chose qui a influé sur les résultats souhaités pour l'année 2009, qui tire à sa fin.
C'est dans ce contexte que le Premier ministre, Tertius Zongo, afin de relancer la roue de l'opération, a réuni, le 9 novembre 2009 à Ouagadougou, les gouverneurs des régions et les hauts-commissaires des provinces de notre pays.
Ce, en vue de les entretenir de la stratégie à mettre en place pour l'aboutissement de cette campagne d'envergure à laquelle il faut ajouter l'opération de délivrance de cartes nationales d'identité dont l'Office national d'identification (ONI) a la charge.
Pour le seul volet état civil, Tertius Zongo a annoncé qu'un montant de 1 570 784 364 FCFA avait été débloqué des caisses de l'Etat avec « des moyens matériels conséquents » pour que « l'opération puisse se dérouler normalement ».
L'objectif étant, selon lui, de rendre disponibles les imprimés, les registres et les fournitures « pour soutenir le déploiement des équipes mixtes auprès des populations » en plus des importantes contributions de l'UNICEF, de PLAN Burkina, et de St-EGIDIO au renforcement du dispositif national.
Dans son discours, le Premier ministre a tenu à faire une mention spéciale aux nombreux départements dont les équipes mixtes ont consenti d'énormes efforts pour toucher le maximum de la population concernée par l'opération. Contrairement à certaines provinces et communes où « l'indifférence, l'incompétence et les querelles de clocher », ont entaché le déroulement de la campagne.
Il n'a pas manqué de rappeler, à l'occasion, l'importance de l'opération de délivrance massive de pièces à la population ; en ce sens qu'elle va « contribuer au renforcement de la démocratie, à la participation citoyenne, à la gestion de la chose publique et à la consolidation de l'Etat de droit ».
Tertius Zongo a, en outre, indiqué qu'il est aujourd'hui nécessaire pour chaque individu de posséder une pièce d'identité avec une photo lui conférant le statut de citoyen pour exercer son droit de vote.
Car, a-t-il dit, les dispositions du code électoral autorisant les citoyens à utiliser certains documents pour s'identifier et voter, comme « la carte de famille, l'extrait d'acte de naissance, le livret de famille, de pension...pourraient devenir caduques pour compter de la prochaine élection présidentielles de 2010 ».
Pour ce faire, tous les Burkinabè en âge de voter sur le territoire national, a poursuivi Tertius Zongo, devront donc avoir obligatoirement une carte nationale d'identité burkinabè ou un passeport.
D'où la nécessité de posséder au préalable l'acte de naissance, pièce indispensable pour se faire établir les documents exigibles pour voter. Or, il se trouve, regrette le chef du gouvernement burkinabè, que l'accès des populations aux pièces d'état civil dans les zones rurales demeure difficile et entrave ainsi « l'exercice de la citoyenneté formelle », dont celui du vote.
En témoignent les statistiques d'une enquête en date d'avril 2004 qui établissent que « sur 7 401 364 enfants de 0 à 18 ans... » 67% ne sont pas enregistrés à la naissance. Ce qui peut, a-t-il dit, influé négativement « sur la planification des services sociaux de base comme la protection sociale, l'éducation, la santé et l'accès à l'eau potable ».
A en croire le Premier ministre, en marge de la délivrance des actes de naissance, l'ONI, qui a bénéficié d'un financement pour renforcer ses capacités de production, procédera à l'établissement des CNIB pour les personnes remplissant les conditions requises.
Ce qui permettra à cette institution de confectionner 15 000 CNIB par jour à son centre de Ouagadougou et 10 000 au niveau de celui de Bobo-Dioulasso, qui sera bientôt fonctionnel.
Pour le succès de toutes ces actions, Tertius Zongo a dit compter sur l'engagement des gouverneurs des régions et des hauts-commissaires des provinces à surmonter les difficultés rencontrées sur le terrain.
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