L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Afrique de l'Ouest: Mutilations génitales féminines - Les Premières Dames pour la tolérance zéro

H. Marie Ouédraogo Alphonsine M. Laure Ido (Stagiaire)

9 Novembre 2009


La rencontre de haut niveau dénommée « Du Caire à Ouagadougou », en vue de l'interdiction totale des mutilations génitales féminines (MGF) s'est ouverte hier 9 novembre 2009 au Centre de conférences de Ouaga- 2000. Placée sous la présidence de Chantal Compaoré et de Mariama Mané Sanha, première Dame de Guinée-Bissau, la cérémonie d'ouverture a rassemblé la foule des grands jours.

« Les MGF se présentent en ce début de 21e siècle comme un défi majeur pour l'humanité entière ». En effet, poursuivra Chantal Compaoré, ce phénomène social est d'envergure mondial, et ses effets néfastes touchent particulièrement les femmes africaines.

L'excision, puisqu'il s'agit de cette pratique, est très répandue au Burkina à l'instar des autres pays d'Afrique sub- saharienne. Elle touche presque toutes les couches sociales du pays. La dernière enquête démographique et de santé (EDSBF - III, 2003) révèle que la prévalence nationale de l'excision chez les femmes de 15 à 40 ans s'élève à 77%.

Pour Pascaline Tamini, ministre de l'Action sociale du Burkina, qui accueille deux jours durant les acteurs africains de la lutte, l'élimination des mutilations génitales féminines dans notre pays à l'horizon 2015 demeure un impératif.

La volonté politique a été affichée au plus haut niveau, en la personne du président du Faso lui-même, à travers son engagement du 25 mai 2009, lors de la commémoration de la Journée nationale de lutte contre l'excision célébrée à Kaya.

A son tour, Mariama Mané Sanha, première Dame de Guinée- Bissau, est montée à la tribune pour exprimer son engagement en faveur d'une interdiction totale de cette pratique.

« La mutilation génitale féminine est un fléau qu'il faut combattre dans nos pays, car il s'agit d'une atteinte à la dignité de la fille et de la femme, ainsi qu'une violation de ses droits les plus intimes ».

Face à l'ampleur et la gravité du phénomène, plusieurs actions ont été entreprises aussi bien par les autorités nationales que les ONG et les partenaires au développement, au nombre desquels « No peace without justice » sous l'égide de laquelle est placée la présente rencontre.

C'est au nom de cette structure que Mme Emma Bonino, vice-présidente du Sénat italien, s'est adressée à la foule venue de divers horizons. Celle-ci n'a pas manqué de souligner la nécessité de sensibiliser davantage la conscience mondiale pour l'adoption d'une législation interdisant les MGF.

Si au cours de la dernière décennie, de nombreuses actions ont été réalisées grâce aux efforts des militantes antimutilation et à l'engagement au plus haut niveau de certains pays, beaucoup reste à faire au regard des poches de résistance qui persistent çà et là.

D'où l'appel lancé par les premières Dames à la tribune de cette rencontre de haut niveau, pour que puissent être fédérées toutes les énergies vers une tolérance zéro des MGF d'ici 2015. Et Chantal Compaoré d'ajouter que « Ouagadougou pendant ces 48 heures de travaux, se présente comme le point focal d'une dignité retrouvée pour l'autre moitié du ciel ».

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