Avs
10 Novembre 2009
billet
L'injure et les accusations gratuites à la bouche, Bédié et son compère Ouattara font le tour des grandes villes de Côte d'Ivoire, à la pêche de voix pour la présidentielle prochaine. Inutile de dire que l'enjeu est de taille pour eux, puisqu'il s'agit de leur "retour aux affaires". Preuve qu'ils étaient déjà aux commandes où ils ont laissé chacun des traces indélébiles.
Dans les injures qu'ils déversent sur le FPI, il revient sans cesse, les thèmes de la mauvaise gestion des biens de l'Etat et la non-tenue des promesses faites aux Ivoiriens. On devrait dire que c'est de bonne guerre qu'un opposant ou que des opposants critiquent assez sévèrement un parti au pouvoir, notamment à la veille d'une élection aussi capitale que l'élection présidentielle. Mais, très sérieusement, concernant Bédié et Ouattara, peut-on parler d'opposants ? Eux-mêmes ont la réponse à la question, puisque c'est parce qu'ils ne voulaient pas être dans l'opposition en attendant la prochaine élection qu'ils ont pris la position que tous les Ivoiriens savent.
A savoir faire une opposition armée et obliger le pouvoir à discuter avec eux afin de partager équitablement le pouvoir. Depuis janvier 2003, soit seulement après deux ans, le pouvoir de Laurent Gbagbo est partagé entièrement avec les Bédié, Ouattara, Mabri, Anaky, Wodié et autres. Cela fait donc six bonnes années que ces messieurs sont dans le coeur du pouvoir et bénéficient de tous les avantages liés à leur poste d'hommes du pouvoir. Au plus fort de la guerre qu'ils ont créée, financée et entretenue, ils demandaient même que la communauté internationale fasse partir le chef de l'Etat pour que eux prennent sa place. Quand ils se sont rendus compte de la complexité de la tâche, ils ont proposé à la même communauté internationale de faire d'eux des vice-présidents. On aura compris le but de toutes ces manoeuvres : être dans le pouvoir et manger.
Après la signature de l'Accord politique de Ouagadougou, ils ont fait des pieds et des mains pour figurer dans une structure créée et taillée à leur seule mesure pour être rémunérés comme des chefs d'institution. Ce sont ces gens-là qui parcourent le pays, insultent, accusent sans dire qu'ils sont les premiers responsables du malheur qui est tombé sur les Ivoiriens. Car, s'ils étaient restés dans leur cocon d'opposants et avaient regardé l'administration Gbagbo faire son travail et endosser seule les échecs et les réussites, peut-être seraient-ils à l'aise aujourd'hui pour critiquer et accuser. Ils n'auraient eu aucune peine à rallier, à leur cause, la majorité des Ivoiriens. Sans doute n'auraient-ils pas eu besoin de faire même campagne. Mais si ces messieurs se voient dans l'obligation de faire campagne en insultant pendant toutes leurs tournées, c'est que "ça chauffe dans les assiettes".
Les Ivoiriens, contrairement à ce que Ouattara et Bédié croient qu'ils sont, ne sont pas du tout dupes. Ils savent, plus que quiconque, que Laurent Gbagbo a été emmerdé et freiné net dans son gigantesque projet de réduction de la pauvreté et de modernisation de la Côte d'Ivoire.
Il y a peu, dans une salle d'attente d'une institution de ce pays, nous avons surpris une conversation de retraités. L'un d'eux, qui fait plus jeune, regrettait amèrement que son parti (il devrait être du PDCI) et l'opposition, en général, "n'aient pas laissé le temps à Laurent Gbagbo de travailler pour qu'on sache de quoi il est capable. Comme ça, on allait voir si tout ce qu'il a critiqué quand il était dans l'opposition, il allait le faire. Mais nous-mêmes, on est allé tout mélanger, et, aujourd'hui, on ne sait plus qui fait quoi. Vraiment, ça m'énerve !", a dit, à ses collègues militaires, le retraité. Sa chute a semblé plaire à la dame qui était en face de lui, puisqu'elle ne s'est pas empêchée de dire : "Hein, hein, hein, tchô !". Comme pour dire qu'elle partage entièrement le commentaire de son collègue retraité.
Les Ivoiriens, dans leur ensemble, si l'on s'en tient aux sondages réalisés par des instituts français et britannique, partagent aussi cette vision. C'est pourquoi, à toutes les questions qui leur sont posées sur leur avenir proche et immédiat, ils ne voient que Laurent Gbagbo pour les sortir du noir et les mettre à la lumière. Le disant, ils tiennent compte non seulement de ses performances extraordinaires d'avant la guerre, mais aussi de celles qu'il a montrées pendant la crise aiguë de laquelle le pays sort peu à peu. Et, on peut le dire, c'est cette même vision qui fait courir toutes ces femmes et tous ces hommes qui peuplent le monde qui se bat pour faire la campagne de Laurent Gbagbo. Parce qu'il lui faut gagner au premier tour et, au besoin, avec un score stalinien. Ce serait un juste retour des choses.
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