Freddy Monsa Iyaka Duku
11 Novembre 2009
Kinshasa — « How many days you stand in Lagos ? » Cette question du guide qui est venu nous accueillir au sortir de l'imposant aéroport de Lagos, Murtala Muhammed Airport, consistait à savoir combien de jours allions - nous rester à Lagos. « Two days », deux jours, avions-nous répondu. « Oh Sorry ». Regret, avant d'ajouter que nous n'aurions rien vu de Lagos, une ville « très intéressante ». Notre guide n'aura peut être pas tort. Car, nous n'avions aucune prétention d'affirmer avoir connu Lagos. Mais nous avons retenu quelque chose : Lagos demeure une mégalopole grouillante.
C'est pour la deuxième fois que nous passions par le Nigeria, et précisément par Lagos. La première fois, il y a de cela vingt ans, alors en route vers les Etats-Unis, via le Brésil et l'Argentine. En transit à l'aéroport Murtala Muhammed Airport, nous n'avions pas eu l'autorisation de quitter l'appareil, cette première fois. C'est à travers les fenêtres de l'avion que nous admirions les installations de cet aéroport imposant.
Cependant, notre voisin de voyage à cette époque, lui qui avait déjà séjourné à Lagos, ne s'était pas empêché de décrire en une minute, cette ville de Lagos. « C'est une belle ville. Mais elle est grouillante. Comme toutes les grandes métropoles, elle n'échappe pas aux effets néfastes de l'urbanisation. Une fois que tu es dans ton hôtel, il faut prendre soin de sortir avec quelqu'un qui connaît bien la ville, au risque des surprises désagréables », nous avait-il prévenu.
Aussi, quand nous débarquions cette fois à Lagos, nous avions toujours à l'esprit « cet avertissement ». Car nous pensions à cette histoire de la « pègre » au Nigeria.
Mais nous devons nous empresser d'affirmer que nous n'avions pas été l'objet d'une quelconque « surprise désagréable ». Peut-être parce que notre emploi de temps était si chargé que nous n'avions pas pu satisfaire toute notre curiosité. Seulement voilà. Nous avions rencontré de nigérians sympathiques qui ont rendu notre court séjour à Lagos agréable.
UN PARC AUTOMOBILE IMPRESSIONNANT
Ce qui frappe dans le premier instant qu'on circule à Lagos, c'est ce parc automobile impressionnant. Des petits aux grands cylindrés, Lagos peut se vanter de rivaliser avec les grandes villes européennes et américaines. Biens sûr que ça sent les « pétrodollars », car le Nigeria est l'un des grands producteurs de l'or noir. C'est ainsi que de nombreux navires de haute mer mouillent sur les côtes nigerianes, comme c'est le cas à Shangai, cette autre ville chinoise qui ouvre la Chine vers d'autres continents.
On ne peut empêcher les nigerians de faire étalage de leur opulence. Ce qui explique ces longues files d'embouteillage qui vous prennent des heures, soit pour atteindre le centre ville ou pour se rendre à l'aéroport. Il faut compter plus ou moins quatre heures de temps pour arriver à destination. Ce qui revient à dire que tout voyageur qui se rend à Lagos, doit absolument compter avec ces longues files de véhicules pour répondre à un rendez-vous.
La circulation est rendue intense ave ces milliers de motos qui font la concurrence aux taxis. Ces conducteurs des engins à deux roues sont d'une habileté qui vous arrache les cheveux d'autant plus qu'ils se frayent le chemin entre plusieurs véhicules pour se dégager. Il est donc déconseillé à ceux qui ont l'habitude de s'approvisionner en infime quantité d'essence de se hasarder dans les principales artères de Lagos. Tout comme il n'est pas bon de s'aventurer avec des vieux tacots qui toussent à chaque mètre au risque de bloquer toute la circulation si le moteur arrivait à lâcher.
Mais l'intensité augmente avec la présence de ces vendeurs ambulants. A l'image de toutes les grandes capitales africaines, Lagos a aussi ses « chailleurs ». Ils vendent à la criée tous les petits articles, allant de l'eau en sachet, aux DVD en passant par des chaussettes, des boissons sucrées, des biscuits, des beignets
Bien sûr qu'ils ne manquent pas d'imagination, car ces longues heures d'embouteillage attisent la soif et la famine. Aussi, vont-ils d'une bande à l'autre des avenues principales et autoroutes, au risque de se voir coincés par deux véhicules. Il faut être un conducteur éprouvé, sinon un accident est vite arrivé.
LAGOS, UNE VILLE PITTORESQUE
Pour ceux qui ont eu le privilège de voyager, ils n'hésiteront pas à comparer Lagos à Venise, cette ville italienne entourée des eaux. Lagos accuse quasiment le même relief, avec les tentacules des eaux de l'Océan pacifique qui traversent pratiquement de part et d'autre, jusqu' au coeur de Lagos.
Mais le plus impressionnant, comme à Venise,ce sont ces immeubles, ces buildings dans tous les quartiers ou communes de Lagos. Des immeubles modernes qui font la fierté de cette ville nigeriane qui mérite bien d'avoir été la première capitale du Nigeria.
A coté de ces immeubles, un autre fait attirant : son infrastructure routière développée. Des dizaines d'échangeurs permettent aux habitants de cette ville, à tous ses usagers, même ses hôtes de quelques jours, de rejoindre un coin et l'autre de la capitale. Ce sont des milliers de kilomètres de route asphaltée qui traversent toute la ville de Lagos. Une fois de plus, le spectacle est impressionnant pour cette ville qui compte plus 12 millions d'habitants.
Une chose à retenir, si vous vous rendez à Lagos. Ayez bien les yeux ouverts pour regarder à votre droite, en partant de l'aéroport international, ou à votre gauche en s'y rendant. Il y a là un quartier totalement constitué de pilotis. Il n y a ni avenue, ni route, sauf des cours d'eau. On n'y accède que par pirogue en pagayant, pirogue à moteur ou canot rapide. A en croire les informations en notre possession, près de 20 mille personnes habitent à « Epunte Mbaka » - passez-nous l'orthographe- car c'est le nom de ce quartier. La plupart des habitants sont des pêcheurs. Un spectacle vraiment saisissant qui accroche votre regard.
Oui, Lagos est une ville pittoresque, vraiment grouillante. Il se raconte que ses soirées sont encore plus grouillantes. Car, il ne peut en être autrement avec ces hôtels et restaurants flottants, des paquebots qui vous emmènent aux larges de Lagos pour mieux admirer cette vue étendue et infinie de l' océan. Mais la nuit, de contempler cette ville illuminée dont nous n' avons pas vraiment eu le temps de percer le mystère et la beauté à la fois.
Car, Lagos mérite bien le qualificatif de mégalopole. Cette ville nigeriane, en étendue, est plus vaste que Kinshasa. Elle accuse une longueur d'avance sur le point de la modernisation urbaine au regard de ses infrastructures tant routière qu'immobilière.
Nous serions incomplets si nous ne soulignions pas que Lagos est une « ville qui bouge ». Déjà à quatre heures du latin, les gens sont sur la route du travail, chacun , selon ses occupations professionnelles. Manifestation incontestable d'une ville qui «vit », où les gens travaillent pour apporter leur modeste contribution au développement de leur pays.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.