Le Potentiel (Kinshasa)

Guinée: Conséquences du massacre de Conakry - L'opposition rejette l'offre de la junte sur la formation d'un gouvernement d'ouverture

Pierre Emangongo

11 Novembre 2009


Kinshasa — La junte au pouvoir en Guinée va négocier avec le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise guinéenne, la mise en place d'un "gouvernement d'ouverture" mais cette proposition a déjà été rejetée par l'opposition qui exige le départ des putschistes et le jugement des responsables du massacre de Conakry.

La junte au pouvoir en Guinée va négocier avec le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise guinéenne, la mise en place d'un "gouvernement d'ouverture" mais cette proposition a déjà été rejetée par l'opposition qui exige le départ des putschistes, a rapporté l'AFP

"Nous l'avons déjà dit, et nous allons le dire (au médiateur), nous allons demander un gouvernement d'ouverture, afin que chacun vienne apporter sa pierre pour trouver une solution adéquate aux problèmes guinéens", a déclaré Idrissa Chérif, conseiller du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara.

Interrogé sur des informations faisant état d'un éventuel "exil" du capitaine putschiste dans un pays d'Afrique de l'Ouest dans le cadre d'une période de transition, M. Chérif a répondu: "C'est seulement dans la tête de ceux qui le pensent".

JUGEMENT

"C'est l'armée qui a mis le capitaine (Moussa) Dadis (Camara) au pouvoir, quels pouvoirs ils (les opposants) ont-ils pour l'enlever?", s'est-il interrogé.

M. Chérif fait partie d'une délégation de 26 représentants de la junte venus rencontrer à Ouagadougou M. Compaoré qui tente de sortir la Guinée de la grave crise dans laquelle elle est plongée depuis le massacre de plus de 150 opposants, selon l'ONU, le 28 septembre à Conakry.

La délégation est conduite par le ministre-secrétaire permanent du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte), le colonel Moussa Kéïta.

M. Compaoré débuter hier mardi 10 novembre ses entretiens avec les délégués de la junte dans une salle de conférences du palais présidentiel.

"Comme il l'avait fait avec l'opposition. Il leur demandera de lui faire des propositions concrètes, par écrit, sur leur vision de la sortie de crise" en Guinée, a indiqué un conseiller de M. Compaoré. En dépit de la médiation du numéro burkinabè, une solution durable de sortie de crise passe inévitablement par le jugement des responsables du massacre du 28 septembre 2009 qui devront répondre de leurs actes.

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AllAfrica - All the Time
Author: socogieconakry
Wed Nov 11 17:25:18 2009

Et si Dadis était une victime ?

C’est vrai qu’il y a eu la tuerie du 28 Septembre qui est absolument inadmissible et épouvantable. Mais on ne parle que de ça, sans voir tout ce qui s’est passé depuis l’Indépendance et surtout sans voir tout ce qui se fait pour rétablir la paix et le dialogue dans le pays. Pour le passé, il y a eu la dictature de Sékou Touré avec des pendaisons en public, puis le régime corrompu de Lansana Conté ; mais à ce moment-là ni la France, ni l’Union Européenne, ni l’Union Africaine, ni l’ONU n’ont fait quoi que ce soit, car grâce à cette corruption généralisée on pouvait exploiter les richesses, minières et autres, du pays, sans honte.

Mais quand le Président Moussa Dadis Camara arrive et prétend réviser tous les contrats pour respecter les intérêts légitimes du pays et défendre le bien de la population, alors là les multinationales, et les pays occidentaux qui les soutiennent, ne sont plus d’accord. Et quand cette tuerie arrive, au lieu de pleurer les morts et de chercher les moyens pour que cela n’arrive plus jamais, on a l’impression que certains en sont heureux, pour pouvoir chasser le président et défendre leurs intérêts égoïstes. On parle des droits de l’homme, mais dans le fond on pense à l’or, au diamant et à la bauxite. Et quand en plus le président reçoit de l’argent de la Lybie et signe des contrats avec les Chinois, alors on ne se retient plus, on nomme un médiateur, Blaise Compaoré, président du Burkina Faso. Mais avant même qu’il commence son travail, on a déjà décidé que le président Moussa Dadis doit s’en aller, de même que tout le CNDD (Comité National pour le Développement et la Démocratie ).

On veut un gouvernement d’unité nationale, mais avec qui ? Les partis politiques sont tous unis contre Dadis. Mais dès que celui-ci sera parti, ils vont se battre entre eux, c’est sûr. La plupart n’ont même pas de programme. Comment faire un gouvernement d’unité nationale avec les chefs des partis politiques qui pour la plupart sont des anciens premiers ministres de Lansana Conté qui ont mis le pays à plat et fait preuve de leur incompétence.

Père Armel Duteil

Author: socogieconakry
Wed Nov 11 17:29:35 2009

Et si Dadis était une victime ?

C’est vrai qu’il y a eu la tuerie du 28 Septembre qui est absolument inadmissible et épouvantable. Mais on ne parle que de ça, sans voir tout ce qui s’est passé depuis l’Indépendance et surtout sans voir tout ce qui se fait pour rétablir la paix et le dialogue dans le pays. Pour le passé, il y a eu la dictature de Sékou Touré avec des pendaisons en public, puis le régime corrompu de Lansana Conté ; mais à ce moment-là ni la France, ni l’Union Européenne, ni l’Union Africaine, ni l’ONU n’ont fait quoi que ce soit, car grâce à cette corruption généralisée on pouvait exploiter les richesses, minières et autres, du pays, sans honte.

Mais quand le Président Moussa Dadis Camara arrive et prétend réviser tous les contrats pour respecter les intérêts légitimes du pays et défendre le bien de la population, alors là les multinationales, et les pays occidentaux qui les soutiennent, ne sont plus d’accord. Et quand cette tuerie arrive, au lieu de pleurer les morts et de chercher les moyens pour que cela n’arrive plus jamais, on a l’impression que certains en sont heureux, pour pouvoir chasser le président et défendre leurs intérêts égoïstes. On parle des droits de l’homme, mais dans le fond on pense à l’or, au diamant et à la bauxite. Et quand en plus le président reçoit de l’argent de la Lybie et signe des contrats avec les Chinois, alors on ne se retient plus, on nomme un médiateur, Blaise Compaoré, président du Burkina Faso. Mais avant même qu’il commence son travail, on a déjà décidé que le président Moussa Dadis doit s’en aller, de même que tout le CNDD (Comité National pour le Développement et la Démocratie ).

On veut un gouvernement d’unité nationale, mais avec qui ? Les partis politiques sont tous unis contre Dadis. Mais dès que celui-ci sera parti, ils vont se battre entre eux, c’est sûr. La plupart n’ont même pas de programme. Comment faire un gouvernement d’unité nationale avec les chefs des partis politiques qui pour la plupart sont des anciens premiers ministres de Lansana Conté qui ont mis le pays à plat et fait preuve de leur incompétence.

Père Armel Duteil


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