Alain Saint Robespierre
10 Novembre 2009
Hier, mardi 10 novembre 2010, s'est ouverte dans la salle des Banquets de Ouaga 2000 la deuxième conférence internationale sur les biocarburants. Objectif : poursuivre la réflexion sur les enjeux liés à la production de l'énergie verte, comme l'indique déjà le thème de la rencontre : « Les biocarburants : facteur d'insécurité ou moteur de développement ? ».
Les biocarburants n'en finissent pas de turlupiner les experts et autres spécialistes en énergie. Aubaine ou danger pour la planète, particulièrement pour l'Afrique dont l'immense majorité peine toujours à garantir la sécurité alimentaire ? L'énergie verte, toujours, divise.
Deuxième du genre, la présente conférence internationale, organisée conjointement par la fondation institut international d'ingénierie de l'eau et de l'environnement (2IE), le ministère des Mines, des Carrières et de l'Energie, et par le centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), réunira, trois jours durant, une centaine d'experts en énergie autour de la question des biocarburants.
« L'originalité de cette rencontre est de chercher à valoriser les travaux de recherche et les expériences concrètes en cours pour accompagner les gouvernements africains dans la définition de leur politique sur des bases objectives », a indiqué l'ambassadeur de France au Burkina Faso, François Goldblatt.
Pour celui-ci, dont le pays a contribué à l'organisation de ce deuxième rendez-vous sur les biocarburants, les enjeux de cette réunion se situent à quatre niveaux : la poursuite des expériences d'échange ; l'évaluation des potentialités des biocarburants ; l'impact sur la sécurité alimentaire ; et l'état des lieux des connaissances sur les résultats des impacts des biocarburants.
« Au total, les biocarburants seront jugés sur la base d'une situation aussi fiable que possible sur leur quadruple bilan énergétique, écologique, alimentaire et environnemental », a conclu le diplomate français. Mais pour le directeur général de la fondation 2IE, Paul Ginies, l'heure n'est plus à se demander si « les biocarburants sont bien pour l'Afrique » :
« J'ai envie de dire que la question est dépassée en ce sens que le choix n'est plus possible parce que, rappelons-nous tout simplement, nous, humains, et plus généralement la vie sur terre, sommes le produit de la chaîne carbone ». Avant de trancher : « Nous avons pu, grâce à l'utilisation des ressources fossiles, satisfaire nos besoins énergétiques sans entrer en concurrence avec nos besoins alimentaires.
Bien au contraire, les engrais, la mécanisation et la chimie du pétrole ont permis un accroissement de la productivité. Il n'y a pas de sécurité alimentaire sans sécurité énergétique ».
Les experts, venus des cinq continents, se pencheront sur quatre grands sous-thèmes : « Biocarburant : quelle responsabilité dans la crise alimentaire ? » ; « Les facteurs d'insécurité et les risques liés aux biocarburants » ; « Usage et application des biocarburants et stratégies nationales de développement » ; et « Méthodologie d'évaluation des impacts ».
Le ministre burkinabè des Mines, des Carrières et de l'Energie, Kader Cissé, dont le pays s'est déjà lancé dans la culture du jatropha (plante dont l'huile extraite des graines sert à produire du carburant), avec aujourd'hui 70 mille hectares de pieds, a exhorté les participants à orienter la réflexion vers l'impact des cultures énergétiques sur la production, les obstacles et risques associés aux choix technologiques. En marge de la conférence se tiendront des forums au cours desquels promoteurs et éventuels investisseurs échangeront autour des questions de financement de projets biocarburants
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