Charles Guibo
10 Novembre 2009
Ne vous fatiguez pas, ce titre ne veut absolument rien dire. J'aurais pu tout aussi bien écrire qu'en juillet tous les caïmans sont gris mais c'est tout ce que j'ai trouvé pour mes élucubrations du jour. J'avais pensé d'abord à :
La fièvre monte dans le Tukguili...
Règlement de comptes dans le Tukguili...
Mon nom est Tukguili... Mais ces différents titres me rappelaient le cinéma de mes 20 ans. Qu'ils étaient beaux les films d'autrefois au Ciné NADER et à l'OLYMPIA ! Hélas, il n'y a plus de Western. Et puis, nous sommes au Faso, ce n'est pas le Far West ici.
En juillet les nuits sont chaudes. C'est bête comme titre vous trouvez ? Alors moi je vous dis que si vous trouvez que ce titre est idiot, c'est que vous n'êtes pas très intelligent vous non plus. C'est bête, c'est bête, bien sûr que c'est bête comme titre, qu'est-ce que vous croyez ? Parce que si ce n'était pas bête est-ce que ce serait écrit par un élucubreur ? Dites donc ! Au commencement était l'élucubration. Et moi je suis un élucubreur, un vrai. Je dirais même que l'élucubration et moi c'est "YES, WE CAN".
On me demande souvent comment je fais pour élucubrer tant. Mais, je ne sais pas mes chers amis, je ne sais point. Est-ce que vous demanderiez à Tertius Zongo comment il fait pour parler si bien, pour avoir réponse à tout, en tout temps et en tout lieu, dans les bananeraies ou sous les lambris de la République ? Il ne saurait pas vous répondre. Les mots lui viennent comme ça du ciel à notre cher Premier Ministre et sur moi Toégui aussi, votre petit Toégui, les élucubrations tombent du ciel, parfois à son corps défendant.
Pourtant Tertius et moi nous ne sommes pas de la même graine. Lui il est thermostat, moi je suis plutôt thermomètre. Ensuite, Tertius a fait ses humanités à la Sorbonne chez les Gaulois. Moi je suis né dans le Sourou-Nayala avec une cuillère d'élucubreur dans la bouche. Oui, mes frères, je suis né élucubreur, pour votre bien. Réjouissez-vous donc et écoutez ce que Barack Obama a dit : « Le Burkina Faso n'a pas besoin de beaux parleurs forts mais des élucubreurs forts ».
Voulez-vous alors que je vous livre le secret du parfait élucubreur ? Voilà, il suffit de prendre une plume, puis du papier, puis de s'asseoir et de coucher des histoires sans queue ni tête, à ne pas confondre avec des histoires sans tête ni queue, sinon ce serait la catastrophe.
En attendant, c'est mon ami Bomborou du club www. l'Observateur.bf qui ne doit pas être content de moi. Je lui ai fait faux bond. Je lui avais pourtant promis des élucubrations sonnantes et trébuchantes. Hello, Bombourou ! ça boume ? Et les autres gars du club ? Cliquez , mes amis, cliquez, ça ne s'use que si l'on ne s'en sert pas.
Mais dis-moi, Bomborou, qu'il est joli ce nom que tu portes. Tu le tiens de ton géniteur ? Visiblement tu n'es pas du Mosstinga. Ce n'est pas comme ce Bagnaaba. Avec un tel nom, il ne peut qu'être un descendant d'esclave. Sûrement même qu'il doit être du Haut- Mosstinga. Le pauvre. Bof, il est membre du club, c'est déjà ça.
Tu connais la dernière Mossiterie, Bomborou ? A l'état civil de Boulmiougou on a enregistré la naissance d'un « Yes we can Ouédraogo ». Comme tu vois, Ky D. André qui a eu cette idée folle d'étudier l'évolution des Mossis a vraiment du pain sur la planche. C'était un coucou à mes potes du site de chez Nakibeugo. Vous ne les connaissez pas ? Attention ! C'est des gars qui savent être gentils mais qui ont parfois la « souris » féroce.
Je vous informe maintenant que cela fait plus de deux mois que j'étais hors de Simonville. Le devoir m'avait appelé au Samogo Faso. Avec d'autres frères, nous devions accueillir et piloter une mission de l'UNESCO à travers tout le pays San. Oui, ça plane pour nous. L'UNESCO vient en effet d'inscrire les greniers San sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité. Il nous fallait par conséquent procéder à un inventaire général de tous les greniers San. Dans le même temps, nous étions chargés de mettre la dernière main sur un projet de jumelage-coopération que nous ont soumis les Japonais.
Ils souhaiteraient envoyer périodiquement des équipes de Sumotori afin qu'elles s'imprègnent des techniques de la lutte Samo qui les fascinent beaucoup. Dans ce cadre, Athanase MOUSSIANE est présentement à Tokyo à la tête d'un groupe de lutteurs SAN sur invitation de la Fédération Japonaise de Sumo.
Les experts de l'UNESCO qui étaient accompagnés par le professeur Jean-Baptiste Kiéthéga sont tombés en admiration devant nos greniers et ont fait des révélations sur nos origines. Ainsi, ils sont persuadés que les San sont les descendants des anciens Egyptiens en raison des similitudes entre les pyramides et les greniers San. Nous avons dû leur dire : « Non, messieurs les experts, nous avons le plus grand respect pour les travaux de Champollion et de ses éminents disciples mais nous les San, nous avons toujours été les San.
Nous avons toujours été ici et nous ne venons de nulle part. Quand on érigeait les pyramides, nous étions déjà là ». Peine perdue. Nos visiteurs restaient sur leur conviction et ils ont même ajouté : « Ne soyez donc pas si modestes. Nous l'affirmons sur la base de recherches scientifiques et il n'y a aucun doute, vous descendez bien des pharaons. Et même que depuis notre arrivée, nous avons aussi observé vos maisons d'habitation, les angles des murs sont du même style que les colonnes du temple de LOUQSOR qui date du temps de Ramsès 1er ».
Au bout du compte, pour ne pas blesser l'amour-propre de nos illustres hôtes, nous nous sommes concertés pour leur fournir une explication qui les a convaincus : « Messieurs les experts, vous n'avez pas tort de trouver des similitudes entre les Egyptiens d'autrefois et les San d'aujourd'hui. Comme nous vous l'avons déjà dit, avant que l'Egypte ne soit, le Samogo Faso était. Il n'y a donc qu'une explication, ce sont les Egyptiens d'aujourd'hui qui descendent des San d'autrefois ». Comme qui dirait, nous avons coupé la poire en deux et nos visiteurs semblaient satisfaits.
Dans tous les pays, les envahisseurs viennent du Sud
On croyait leur curiosité assouvie lorsque le chef de délégation porta son regard sur le professeur Kiéthéga et posa cette question tout en se caressant le menton.
Cher homologue, il y a quelque chose que je ne comprends pas. Au cours du trajet, avant d'atteindre le pays San, nous avons traversé des villages et avons vu des machins ronds avec de la paille en guise de toiture. Qu'est-ce que c'est ?
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