Pierre Emangongo
11 Novembre 2009
Kinshasa — L'ambassadeur d'Angola en République démocratique du Congo a, au cours d'un point de presse hier mardi 10 novembre à Kinshasa/Gombe, fait l'état des lieux des relations entre les deux pays notamment l'incompréhension glissée dans les rapports entre Kinshasa et Luanda, les expulsions des étrangers de l'Angola, la délimitation des frontières et le pétrole.
Le nouvel ambassadeur d'Angola en République Démocratique du Congo, Emilio Jose de Carvalho Guerra, a tenu, hier mardi 10 novembre, son premier point de presse. Le cadre choisi, pour cette rencontre, est la salle de conférences de la mission diplomatique de l'Angola située dans la commune de Gombe à Kinshasa.
Devant un parterre de journalistes, le diplomate angolais a fait savoir que l'Angola et la République démocratique du Congo partagent une frontière commune de 2.511 kilomètres.
Les aides mutuelles entre les deux Etats, a-t-il précisé, datent de la conférence de Berlin, de 1.885 lorsque les puissances occidentales avaient décidé de se partager l'Afrique. Ce qui veut dire, selon l'ambassadeur Emilio Guerra, que l'aide des Congolais aux Angolais pendant la lutte de libération de l'Angola était normale. C'est sur la base de cette réciprocité d'entraide, a-t-il poursuivi, qu'en août 1998, l'Angola avait décidé d'intervenir lorsque le Congo, en plus de vivre sous la menace d'une implosion, courait le risque d'être assiégé.
INCOMPREHENSION
«Dernièrement, certains faiseurs d'opinions ont cru bon profiter de quelques incompréhensions glissées dans les rapports entre les deux pays pour décharger sur l'Angola leurs frustrations, insultes et, même, des déclarations de guerre ( ) En plus, ces «stratèges» arrivent à considérer analphabètes 90 % de la population angolaise. Nous ne savons pas de quelle époque ils sont. Mais si être analphabètes c'est réussir ce que nous avons fait en sept ans de paix, alors nous préférons rester analphabètes», a réagi le diplomate angolais. Concernant l'expulsion des étrangers de l'Angola, le chef de la mission diplomatique d'Angola en RDC a expliqué que cette question relève de la souveraineté de chaque pays d'établir la légalité sur son territoire.
Et l'Angola, a-t-il poursuivi, a ses lois et dans ce contexte, elle a toujours agi en conformité avec les principes et normes du droit international. Il a ajouté qu'aucun pays réellement organisé ne tolère que n'importe quel citoyen, indépendamment de ses origines, entre et s'installe illégalement sur son territoire.
Au sujet des violations des droits de l'homme et la confiscation des biens dont l'Angola est accusée, l'ambassadeur Emilio a précisé que les expulsions ont commencé en 2007 par la police angolaise. Mais au fil des temps, elle a buté contre la résistance des illégaux qui détenaient même des armes à feu. C'est dans ce contexte que des actes de brutalité auraient été enregistrés contre les irréguliers, opérant illégalement dans les zones minières, ayant opposé de la résistance. Aussi, a-t-on appelé à la rescousse de la police les éléments de l'armée angolaise pour mener à bien ces opérations.
L'exploitation illégale du diamant est interdite par la loi angolaise. Les irréguliers ont subi les rigueurs de la loi. A titre illustratif Emilio Guerra a fait savoir que lors des dernières expulsions, auprès des illégaux des centaines de pierres de diamant, des milliers de dollars américains, des électropompes, des hors-bords, des compresseurs et des groupes électrogènes ont été saisis. «Le désir de l'Angola est que la République démocratique du Congo retrouve la paix et embrasse la voie de reconstruction nationale pour le bonheur des millions de Congolais, seul gage de la grandeur d'une peuple. Le reste n'est que distraction. Car, nous sommes convaincus que lorsque la RDC sera en paix et sable, l'Angola n'aura pas d'inquiétude. Le reste n'est que distraction. Car, nous sommes convaincus que lorsque La RDC sera en paix et stable, l'Angola n'aura pas d'inquiétude», a souligné M. Emilio Guerra.
LES FRONTIERES ET LE PETROLE
A propos des prétendues violations des frontières de la RDC par l'Angola le diplomate Emilio Guerra a expliqué que cette question a été traitée par les deux gouvernements, y compris le cas Kahemba qui a fait l'objet d'une rencontre des parties, à Bruxelles, en présence des anciennes puissances coloniales (Belgique et Portugal). Le gouvernement congolais, a-t-il précisé, dispose du communiqué sanctionnant lesdits travaux.
Quant à L'accusation sur la violation de la localité de Tshela, par les Forces armées angolaises, le démenti du ministre de la Communication et Média, M. Lambert Mende lors de la présentation du «Livre Blanc» a été, selon l'ambassadeur angolais, sans équivoque.
Sur la problématique de la plateforme continentale et celle de frontières, il a été décidé par Les deux parties, en octobre dernier, ici à Kinshasa, qu'elles soient abordées au cours de la réunion de la Commission mixte bilatérale, prévue pour la deuxième quinzaine de ce mois de novembre 2009, à Luanda.
Répondant à une question sur les divergences autour de l'exploitation pétrolière, M. Emilio Guerra a déclaré que le Premier ministre congolais Adolphe Muzito a, au cours de son dernier voyage à Luanda, convenu avec son homologue angolais de traiter ce problème lors de la prochaine commission mixte Angola- RDC.
Il s'est étonné du fait que les gens gonflent cette question alors que les deux gouvernements en discutent. Quant à l'absence du président Eduardo Dos Santos aux sommets de la SADC et de la CEEAC tenus dernièrement à Kinshasa, le chef de la mission diplomatique angolaise a fait savoir que son pays a bel et bien participé à ces assises.
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