11 Novembre 2009
Kinshasa — La Commission nationale de démobilisation et réinsertion a mis la clé sous le paillasson depuis belle lurette, abandonnant à leur triste sort des anciens combattants. La gestion des fonds mis à disposition par la Banque mondiale et les autres bailleurs ayant été qualifiée de catastrophique. Faute d'avoir été réinséré dans la vie civile, les anciens démobilisés retournent à la vie militaire. Ils s'illustrent souvent par des actes de barbarie, faute d'une réelle prise en charge.
Habitués à se servir sur les populations civiles, ces éléments reprennent leurs anciennes habitudes. Ils volent et pillent pour se nourrir, pour survivre. Abandonnés à leur triste sort, finalement, ils préfèrent de loin la vie dans les rebellions que dans les casernes où il n'est pas facile de tout recommencer.
A Mbandaka, chef lieu de la province de l'Equateur, des coups de feu ont été entendus à la suite des réclamations des démobilisés impayés par la Conader. Dans le Nord et le Sud-Kivu, régulièrement, les anciens démobilisés érigent des barricades et perçoivent des taxes ! Les démobilisés ne sont pas à leurs premiers exploits du genre.
D'ailleurs, il ne pouvait en être autrement dans la mesure où les actions entreprises par la Conader dans le cadre de la mise en oeuvre du PNDDR n'ont toujours pas fait l'unanimité autant dans le rang du gouvernement congolais que de la direction des opérations de la Banque mondiale. Ainsi, a-t-il été décidé de mettre fin aux activités de cette structure par les différents partenaires.
La mission de la Conader était de concevoir le programme de démobilisation et de réinsertion des ex-combattants sur toute l'étendue de la République. Cette mission ayant échoué, plus rien ne retenait les ex - combattants de réintégrer les rangs des milices. Souvent, ces éléments des anciens groupes armés circulent avec leurs dépendants, enfants et femmes.
Placés sous leur responsabilité, le kit qui leur est remis ne constitue qu'une goutte d'eau dans un océan de problèmes de survie. Mais à l'allure où vont les choses, les démobilisés sont susceptibles de devenir une bombe à retardement. Le cas récent de Mbandaka qui a même provoqué la suspension d'une plénière de l' Assemblée nationale alors que le temps ne joue plus en faveur de la classe politique doit inciter à des réactions appropriées.
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