Boureima Ouedraogo Sonre
10 Novembre 2009
Dans ce communiqué ci-dessous, le secrétaire général du Congrès pour la démocratie et le progrès annonce la tenue, le 21 novembre prochain, de la 39e session du Bureau politique national.
A la veille des Législatives du 20 octobre dernier, la CEDEAO avait dépêché à Niamey la présidente du Liberia, Hélène Johnson Sirleaf, et l'ancien président nigérian, le Général Abubacar Abdulsalami, pour tenter une médiation. Ces deux émissaires étaient porteurs d'un message de l'Organisation sous-régionale africaine qui recommandait au président Mamadou Tandja de reporter la tenue de cette élection. Le président du Niger avait cependant fait la sourde oreille en choisissant de parachever son plan fortement décrié à l'intérieur comme à l'extérieur.
Au lieu de créer les conditions d'une alternance pacifique au crépuscule de ses deux mandats et au soir de sa vie (il a 71 ans) en organisant des élections lui permettant de passer le témoin à un de ses compatriotes nigériens et d'en tirer d'heureux dividendes, Tandja a préféré se fourvoyer et faire du Niger un "Etat voyou". La conséquence de son entêtement a fait de son pays, du reste dernier de la classe, la risée du monde entier.
Face à l'obstination des autorités de Niamey qui refusent de revenir au cadre constitutionnel normal, la Communauté internationale, à l'unisson, a réagi de façon énergique. La CEDEAO a suspendu le Niger de toutes ses instances. Ces sanctions ont été confirmées par l'Union africaine, et l'Union européenne a gelé sa coopération économique et financière avec Niamey, lui donnant un mois pour reprendre langue avec l'Opposition. Malgré tout, la CEDEAO a néanmoins entr'ouvert la porte du dialogue en nommant l'ex-président Abubacar Abdulsalami Médiateur de la crise nigérienne.
Ce dernier s'est déjà mis à l'oeuvre en recevant à Abuja une forte délégation représentant le camp présidentiel, en attendant d'auditionner les opposants. En écoutant les émissaires de Tandja, on peut déduire que la partie ne sera pas de plaisir. Les empoignades promettent d'être chaudes. Le président nigérien ne semble pas avoir pris toute la mesure de la crise. Reçus par le médiateur nigérian à qui ils ont remis un mémorandum débitant sans doute leurs litanies, ses délégués s'évertuent à défendre son projet de dévoiement politique et soutiennent mordicus qu'ils ne sont pas compris.
Difficile qu'ils ne soient pas compris par tout le monde en même temps et au même moment. S'oriente-t-on alors vers un dialogue de sourds dans cette médiation ? En réalité, Mamadou Tandja et ses affidés veulent amener tout le monde à prendre des vessies pour des lanternes et tourner le médiateur en dérision.
Aveuglées par le pouvoir et ses délices, les autorités de Niamey refusent de voir la réalité en face. Elles ne semblent pas soucieuses de la paix et du développement de leur pays. Au lieu de perdre inutilement du temps, le président nigérien ferait mieux de cesser sa politique de l'autruche. La CEDEAO et les opposants à Tandja sont sur la même longueur d'onde pour rejeter le référendum du 04 août et les élections législatives du 20 octobre. Ce faisant, c'est toute la VIe République qui est ainsi remise en cause.
La position défendue par l'Opposition est connue depuis belle lurette par Tandja : seule la Constitution du 09 août 1999 permettrait de parvenir à une solution durable. Par conséquent, le 23 décembre 2009 prochain, Mamadou Tandja ne sera plus président du Niger. En attendant de récolter les fruits de leur travail, les médiateurs, en Afrique de l'Ouest, ont décidément de longs jours devant eux.
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