Véron-Clément Kongo
11 Novembre 2009
Kinshasa — « Femme congolaise en politique et au sein de la Société civile : succès, échecs et perspectives », tel est le thème d'une journée d'échanges organisée, le lundi 09 novembre 2009 à l'hôtel Venus, par le Comité national Femme et Développement (CONAFED), en partenariat avec le Centre Educatif pour les Femmes en Démocratie (CEFD), une structure kenyanne.
Dans son introduction, Mme Elise Muhimuzi, secrétaire exécutive du CONAFED a présenté sa structure comme étant un réseau d'organisation des femmes mis en place depuis 1997 et dont le rayon d'action s'étend sur toute l'étendue de la RDC, dans chacune de 11 provinces dont la ville de Kinshasa. Il compte en son sein 360 organisations membres réparties dans 11 Réseaux Femme et Développement (Réfed).
En sa qualité de modératrice, Mme Faida Mwangilwa a présenté l'étude menée entre les mois d'avril et septembre 2009 par le Kenyan Joshua Kipsang Changwony du CEFD sur la participation des femmes congolaises dans le domaine politique et la Société civile en RDC.
Dans sa recherche, Joshua Kipsang s'est posé quelques questions : « Est-ce que la gouvernance ou la démocratie est réelle en RDC à partir du moment où la moitié de la population est exclue du pouvoir ? La RDC est-elle vraiment démocratique ? Il s'est également interrogé sur la capacité des mouvements des femmes de faire la mobilisation en RDC et le rôle des femmes parlementaires de réaliser l'agenda des femmes en RDC.
Concernant la participation des femmes dans le domaine politique en RDC, le constat fait par le kenyan Joshua Kipsang Changwony est que rien n'a changé entre 2006 et aujourd'hui sur le plan de la formulation et la politique anticipée. Selon le rapport de la Mission Observatoire de EISA, on a déploré la discrimination dans la sélection des femmes candidates. Il n'y avait que 4 femmes candidates aux élections présidentielles. Sur 13,6 % des femmes candidates parlementaires, 8,4% ont été élues, soit 42/500. Aucune femme n'a été élue gouverneur ou vice-gouverneur. Les femmes ministres et vice-ministres ne représentent que 15%. Sur 108 sénateurs, il n'y a que 5 femmes.
En outre, poursuit le chercheur kenyan, les femmes congolaises sont victimes de violence électorale basée sur le sexe (VEBS). Ce qui est à la base de l'inégalité et de l'intolérance. Il y a une culture très puissante de corruption électorale, la campagne électorale pose des problèmes économiques aux femmes.
RECOMMANDATIONS
Dans ses recommandations, le Kenyan Joshua Kipsang Changwon demande au gouvernement de respecter les engagements et obligations contenus dans les instruments régionaux et internationaux.
Il faut une sensibilisation à travers l'éducation politique, former les femmes sur les techniques de lobbying, développer une base de données pour identifier les femmes qui ont le potentiel de leadership au niveau national. Il faut introduire des cours sur les droits des femmes et enfants à tous les niveaux. Il y a lieu aussi de développer et renforcer les réseaux parmi les femmes membres des partis politiques, Parlement, Organisations de la Société civile ainsi que les médias, engager les partis politiques pour promouvoir l'égalité Genre, arrêter les guerres civiles dans les régions de l'Est et du Nord de la RDC. Après avis et considérations des participantes à cette journée, cette étude a été validée moyennant amendements.
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