11 Novembre 2009
Kinshasa — Une épidémie qui se caractérise par les maux de ventre, la fièvre, la diarrhée, parfois, ou le vomissement et l'anémie très prononcée, fait actuellement rage à Manono.
Depuis bientôt deux semaines, les familles de Manono, territoire situé à 650 kms de Lubumbashi dans la province du Katanga, vivent dans l'angoisse de perdre à tout instant un membre de famille, surtout les enfants de moins de 6 ans, rapporte caritasdev.cd. A titre indicatif, l'Abbé Wilson Jacques Banza Katende, coordinateur de la Caritas-Développement Manono, a observé 5 décès des enfants de moins de 59 mois mercredi 04 novembre 2009 à l'hôpital général de référence de Manono. Il sollicite alors l'aide des Institutions et organismes compétents.
En attendant, les nouvelles données statistiques du Bureau central de zone de santé de Manono, l'Abbé Wilson Banza a indiqué que la prise en charge des malades de cette épidémie nécessite notamment la transfusion sanguine : «Mercredi 04 novembre 2009, nous avons observé 25 cas de transfusion sanguine faite à l'hôpital général de Référence de Manono; et cela, grâce aux 46 poches de sang que la Caritas-Dévelppement Manono a fournies à cette structure médicale qui était en rupture de stock. Il était donc resté 21 poches seulement ».
Combien de personnes meurent maintenant qu'il n'y a plus de poches de sang et presque pas des produits pharmaceutiques, se pose-t-il la question? Selon lui, le personnel prescrit presque uniquement les médicaments, quitte aux malades eux-mêmes de les trouver. « On peut s'imaginer les conséquences de cette procédure médicale pour les malades qui n'ont pas d'argent sur place, ni même de moyens de transport rapide pour passer en revue toutes les pharmacies de Manono. Combien de temps faut-il pour cela? Et l'enfant malade va-t-il attendre ce délai? Très souvent non, malheureux! », déplore le prêtre.
De son bureau situé à côté de cet hôpital, il affirme avoir enregistré mercredi dernier 3 décès entre 8h00 et 12h50. Ce bilan macabre ne tient pas compte des décès à domicile, précise-t-il. Comble de malheur, faute des soins à l'hôpital général de référence de Manono , par manque criant de médicaments, plusieurs parents préfèrent se rendre dans les postes de santé et chez des charlatans. Aussi, les cas de décès, qui sont les plus nombreux malheureusement, ne sont-ils pas connus du Bureau central de zone de santé de Manono.
«Nous lançons ainsi un appel à tous les acteurs humanitaires, chacun selon son domaine d'intervention, à venir en aide à cette population qui souffre atrocement et qui ne peut plus faire face à cette maladie sans assistance extérieure », conclut le coordonnateur de la Caritas-Développement Manono.
Pour rappel, le 20 janvier 2009, le médecin directeur de l'hôpital général de Référence de Manono avait lancé un SOS aux autorités de la province face aux nombreux cas d'anémie causés par le paludisme enregistrés dans sa zone de santé depuis décembre 2008. Selon le Dr Christian Bondo, le besoin en intrants est énorme : « Au niveau de la zone de santé de Manono, parmi les maladies à surveillance épidémiologique, il y a le paludisme qui est en première position. Nous avons pu enregistrer au moins 3.315 cas de paludisme qui nous ont été notifiés dans nos différentes aires de santé. C'est plus l'anémie qui emporte beaucoup d'enfants. Même par rapport à la sécurité transfusionnelle, qui nous préoccupe au niveau de notre hôpital général de référence, nous manquons parfois des intrants pour faire des tests. C'est un cri d'alarme auprès de nos autorités politico-administratives. S'il y a moyen de nous appuyer», déclarait-il en janvier 2009 à radiookapi.net.
INFO/CARITAS
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