L'Express de Madagascar (Antananarivo)
Iloniaina Alain
11 Novembre 2009
interview
L'émissaire et envoyé spécial du président de commission de l'UA, s'explique sur l'acte additionnel signé par les quatre mouvances à Addis-Abeba.
Les médiateurs sont-ils satisfaits de l'issue du Sommet d'Addis-Abeba ?
On peut le dire. Personnellement, je suis heureux pour Madagascar. À l'issue du Sommet d'Addis-Abeba, il est clair, dans la tête de tout le monde, aussi bien des Malgaches que de la communauté internationale, que la transition est conduite par Andry Rajoelina, président de la Transition et chef de l'État. Ce qui s'est passé à Addis-Abeba prouve que l'Afrique peut régler elle-même ses problèmes.
Comment peut-on expliquer le principe de la co-présidence et du conseil présidentiel ?
Pour obtenir l'inclusivité, les quatre mouvances se sont convenues de la mise en place d'un conseil présidentiel, dont Andry Rajoelina fait partie, pour assister le président de la Transition. C'est le principe de collégialité sans pour autant oublier que c'est le président qui a la main sur les affaires nationales.
Mais comme son nom l'indique, la structure conseille le président et assure le suivi. Avec le président de la Transition, les co-présidents se réunissent une fois par semaine pour effectuer un tour d'horizon des affaires nationales, soumettent les questions à traiter en conseil des ministres. Les décisions prises en conseil des ministres nécessitent également le contreseing des co-présidents.
Avec la présence des personnalités issues de différentes tendances politiques, la structure de la co-présidence et du conseil présidentiel est-elle viable et peut-elle être fonctionnelle ?
Il ne devrait pas y avoir de problème avec l'esprit de tolérance et d'acceptation qui devrait animer tout le monde.
Dans l'acte additionnel, il est prévu d'attribuer plusieurs postes, aussi bien au sein du gouvernement que du parlement, à d'autres sensibilités. De qui s'agit-il ?
Il ne faut pas oublier qu'après le Sommet de Maputo, 69 associations et groupements ont signé la Charte de la transition. Plusieurs tâches attendent le régime de transition cette semaine. Désormais, le président, le conseil présidentiel et le premier ministre devront commencer les consultations. Les mouvances devront fournir la liste des noms des personnalités qui vont occuper les fonctions au sein des institutions.
Entre-temps, Andry Rajoelina devrait publier tous les textes réglementaires pour la mise en place desdites institutions. À Addis-Abeba, on sentait la fatigue chez les participants, et il ne faut pas travailler dans la précipitation, d'où le report des discussions. Maintenant, la mise en place du gouvernement devient un test grandeur nature pour tout le monde.
La mise sur pied de la co-présidence est une décision politique pour un retour à l'ordre constitutionnel
La mise en place du conseil présidentiel ne modifie-t-elle pas la structure convenue à Maputo ?
La mise sur pied de la co-présidence devrait permettre à l'ensemble des structures en place de fonctionner. C'est une décision politique. L'ajustage est le prix à payer pour avoir la sécurité et la paix. En tout cas, l'essentiel est d'atteindre les objectifs fixés, c'est-à-dire le retour à l'ordre constitutionnel.
Qu'en est-il du Comité de réflexion sur la défense et la sécurité nationale (CRDSN) qui avait suscité des réactions au sein de l'armée ?
Je tiens à rappeler que le CRDSN est une structure de conseil. Chaque mouvance donne deux noms pour la composer. Les hommes politiques ont émis le souhait de voir une réflexion sur la défense et la sécurité. Le CRDSN est appelé à disparaître aussitôt sa mission terminée sans attendre la fin de la Transition. Il aura alors remis à qui de droit les fruits de sa réflexion. Et ce, contrairement au Comité national de réconciliation (CRN). Le mandat de celui-ci continue au-delà de la période transitoire.
Pendant le Sommet d'Addis-Abeba, vous vous êtes attiré les foudres de l'ancien président Ravalomanana***. Comment vous avez vécu cela ?
Je ne suis pas un acteur de la vie politique à Madagascar. Je ne suis pas un adversaire du président Ravalomanana. C'est une personne que j'admire pour ses qualités d'homme d'affaires. Mais dans la vie, il ne faut jamais faire machine arrière. Si on rate un arrêt, il faut attendre le prochain. En tout cas, je suis fier du travail accompli au niveau de l'équipe de médiation.
Par deux fois, Ablassé Ouedraogo a été repoussé par Ravalomanana : à l'aéroport d'Addis-Abeba et au cours des réunions.
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