L'Express de Madagascar (Antananarivo)
Fanja Saholiarisoa
11 Novembre 2009
Les cas de bilharziose se multiplient, notamment dans les provinces. Cette maladie négligée est surtout favorisée par les eaux insalubres.
Les cas de bilharziose sont de plus en plus nombreux dans la Grande île. Pour ne citer que la région Boeny où des communes rurales enregistrent des cas positifs jusque chez les écoliers. 278 élèves sur les 349 de l'école primaire publique de Tsinjorano II, commune rurale d'Ambondromamy, sont victimes de cette maladie.
Selon Liva Andrianasolo, médecin inspecteur de cette commune, le non accès à l'eau potable demeure la première cause de la bilharziose. Les habitants boivent l'eau des rivières et des flaques d'eau. Or, ces sources se détériorent à cause de la chaleur et deviennent de plus en plus polluées.
Maladie négligée
Selon le médecin, les symptômes de la bilharziose se traduisent chez les élèves par des urines sanguinolentes et parfois des maux de tête. Ces enfants ont déjà été traités par le Praziquantel, médicament de la bilharziose.
Mais la recrudescence de cette maladie n'alerte pas pour autant le service des maladies endémiques. Selon le Dr Armand Rafalimanantsoa, assistant technique dans ce service, la bilharziose a toujours connu la même prévalence à Madagascar. « Cette maladie figure parmi les maladies négligées à tous les niveaux. Faute de grosse enveloppe de financement, la bilharziose n'a jamais pu être éradiquée à Madagascar », souligne-t-il. D'ailleurs, il est parfois difficile de reconnaître les personnes affectées, car même malades, elles peuvent toujours exercer leur activité.
« Pourtant, le pays dispose d'une politique nationale réaliste consistant en la distribution gratuite de médicaments anti-bilharziose dans les écoles jusqu'en 2012 », ajoute le responsable. Pour limiter la propagation de la bilharziose, Madagascar se joint à l'initiative mondiale lancée cette année pour combattre la maladie.
« Grâce à cette initiative, le pays pourra renforcer le traitement de masse gratuit ainsi que les consultations, une meilleure façon de lutter contre cette maladie », précise le Dr Armand Rafalimanantsoa.
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