Mamadou Aliou Diallo
11 Novembre 2009
Le collectif syndical des enseignants de l'Ensea (ex-Enea) va boycotter la cérémonie de remise des diplômes qui sera présidée ce matin par le Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye. Il entend ainsi protester contre les lenteurs constatées dans l'intégration de leur établissement dans le dispositif universitaire.
C'est en principe ce mercredi que doit avoir lieu la cérémonie de remise de diplômes aux étudiants de l'Ecole nationale d'économie appliquée (Enea, ex-Enea). Contrairement aux années précédentes, la fête risque d'être mouvementée dans cet établissement d'enseignement supérieur de référence où les actions de protestation sont plutôt rares. Le collectif syndical des enseignants de l'Ensea a, en effet, décidé de boycotter la cérémonie qui doit, en principe, être présidée par le Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye. Les enseignants entendent ainsi protester contre le retard constaté dans leur intégration à l'Université alors que tous les actes administratifs ont déjà été signés. Ils cherchent ainsi à attirer l'attention des autorités compétentes sur les conséquences que cela pourrait entraîner sur le déroulement de l'année académique 2009/2010. 'Comme mesure immédiate, nous avons décidé de boycotter la cérémonie de remise des diplômes qui devrait être présidée, ce mercredi matin, par le Premier ministre. Nous voulons profiter de cette cérémonie pour nous rendre visible de façon à ce que les autorités soient suffisamment sensibilisées sur notre problème. Nous n'allons pas vous dire ici les moyens que nous comptons utiliser pour nous faire entendre', a déclaré, hier, Aly Sada Tinéra, enseignant et coordonnateur du Collectif syndical des enseignants de l'Ensea, lors d'une conférence de presse.
Les syndicalistes annoncent par ailleurs d'autres actions pour contraindre le gouvernement à accéder à leurs revendications. Ils annoncent, entre autres mesures, le boycott de la correction des rapports de stage des étudiants, qui conditionnent leur passage en classe supérieure, et du concours national d'entrée à Ensea. Ce qui risque de compromettre les recrutements de nouveaux étudiants dans cet établissement pour l'année académique qui doit, en principe, démarrer au mois de janvier prochain. Ils comptent en outre boycotter les cours jusqu'à la satisfaction de leurs doléances. 'Nous ne comptons pas reprendre les cours si nos revendications ne sont pas prises en compte par le gouvernement. Nous allons boycotter ces cours jusqu'à la satisfaction de nos doléances', a précisé Aly Sada Tinéra.
Le Collectif syndical des enseignants de l'Ensea a voulu, à travers cette rencontre avec les journalistes, informer et sensibiliser l'opinion sur les multiples obstacles qui empêchent l'intégration de l'Ensea dans le dispositif universitaire. Théoriquement, tous les actes administratifs devant consacrer l'entrée de cet établissement à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar ont déjà été signés, depuis l'année dernière. Mais leur application semble plutôt poser des problèmes.
Pour justifier ces lenteurs constatées dans le processus, les autorités de tutelle auraient évoqué des problèmes d'ordre financier. Mais les enseignants ne sont pas du tout convaincus par cette réponse. Ils estiment que ce retard s'apparente plutôt à de la mauvaise volonté de la part du gouvernement.
D'autant plus qu'il existe, selon eux, d'autres mécanismes que les autorités auraient dû actionner pour pouvoir trouver les fonds nécessaires à cette prise en charge financière en attendant le vote d'un budget par l'Assemblée nationale. 'Pour les autres écoles de formation, des mécanismes ont été trouvés, pour prendre en charge et de façon transitoire, la question du traitement salarial des personnels. Nous avons entamé toutes les démarches auprès des autorités, mais cette question n'est toujours pas résolue. Nous considérons qu'il y a, peut-être, un déficit de volonté de la part des autorités de régler cette question', a déploré M. Tinéra.
Le Collectif syndical des enseignants de l'Ensea a décidé d'élever la voix pour que cette question de l'intégration soit définitivement réglée. Outre le problème salarial, il déplore aussi le manque de perspective de carrière. 'Un enseignant de l'Ensea n'a aucune possibilité de progression sur le plan professionnel. A l'Université, vous entrez comme assistant et passez ensuite maître-assistant, maître de conférences, puis professeur etc. Ce qui n'est pas le cas à l'Ensea où nous avons des enseignants qui ont fait plus de vingt ans de carrière sans aucune perspective', a précisé Aly Sada Tinéra. Des enseignants ayant le niveau du doctorat percevraient encore à l'Ensea, des salaires d'instituteurs, d'après le coordonnateur du Collectif syndical des enseignants de l'Ensea.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 Wal Fadjri. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.