Fasozine (Ouagadougou)
Joël Zoundi (stagiaire)
11 Novembre 2009
Les délégués du personnel des «Boulangeries 2000» à Ouagadougou ont rencontré la presse, ce mercredi 11 novembre 2009, pour faire le point de l'évolution de leur situation, depuis la libération sous condition de Elie Riskalla, propriétaire des Boulangeries 2000 qui, toujours selon les interessés, a suspendu leur contrat de travail et mis une bonne partie d'entre eux en chômage technique.
Les 280 employés des « Boulangeries 2000» ont décidé d'ajouter une chance à leur lutte pour recouvrer tous leurs droits. Après les démarches entreprises au niveau de l'inspection du travail et de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), ils s'en remettent maintenant aux bons offices du premier ministre, Tertius Zongo. L'annonce a été faite par les représentants du personnel aux hommes de médias au cours d'une conférence de pressequ'ils ont tenu ce mercredi 11 novembre, à la Bourse du travail.
Pour Konomba Traoré, délégué du personnel, le recours au premier ministre intervient après les audiences que leur a accordées le ministre du Travail et de la sécurité sociale, Jérôme Bougouma. Le ministre leur aurait promis de prendre langue avec ses collègues en charge du Commerce et de la Justice. Mais depuis lors aucune suite n'a été donnée à leur dossier, a affirmé Konomba Traoré. Le délégué du personnel dit même s'inquiéter des agissements de son ex-patron.
Car, a affirmé l'homme, suite à une décision de justice, le bailleur d'une des boulangeries a procédé à l'enlèvement du matériel et Elie Riskalla aurait par ailleurs entrepris la même opération dans les autres boulangeries. Un bon lot du matériel des boulangeries serait aussi entrain d'être vendu, se plaignent les délégués du personnel. «C'est pourquoi, explique Konomba Traoré, il en appelle à l'intervention du premier ministre, afin qu'un traitement diligent soit réservé à leur dossier, puisque Riskalla semble narguer la justice».
En rappel, c'est le 17 Janvier 2008 que le propriétaire des 7 «Boulangeries 2000», Elie Riskalla a été interpellé, suite à une plainte déposée par Gaetano Santomenna qui lui aurait livré 5 fours d'une valeur de 150000000 FCFA. Elie Riskalla ne se serait pas acquitté du paiement de cette somme. Déféré à la maison d'arrêt et de correction de Ouagadougou, il bénéficiera plus tard d'une liberté provisoire.
A sa sortie, il refusera de recevoir une délégation du personnel et décide unilatéralement de suspendre les contrats de travail et de mettre une bonne partie des 280 employés en chômage technique, a confié Konomba Traoré. La conciliation de la direction régionale du travail n'ayant pas abouti, le dossier est transmis au tribunal de Ouagadougou en décembre 2009. Mais depuis lors, a encore souligné le délégué du personnel, le dossier a été enrôlé et renvoyé à plusieurs reprises pour non comparution de Elie Riskalla ou de son avocat alors qu'ils sont régulièrement informés.
Une autre plainte a été déposée le 10 septembre 2009 au commissariat de police de Ouaga 2000, cette fois à l'encontre de Riskalla/Dergham Nathalie épouse de Elie Riskalla pour avoir menacé de mort avec un pistolet automatique et une arme de chasse une délégation du personnel venue remettre une convocation du tribunal du travail à son époux, a noté le délégué du personnel.
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