Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)
11 Novembre 2009
Plusieurs facteurs dont l'environnement scolaire et les conditions d'étude et de vie expliquent la désorientation des filles vers les filières scientifiques, a estimé mercredi l'inspectrice d'Académie de la région de Thiès, Absatou Diop Diallo.
"Les raisons de ne pas choisir les séries scientifiques sont nombreuses. Il y a les conditions d'étude, l'environnement scolaire, les conditions familiales, la grille des programmes, le défaut de formation des enseignants, le manque de motivation des élèves, de manuels etc." a énumé Mme Diallo.
S'exprimant à l'occasion de la célébration de la Journée nationale de l'éducation des filles, elle a affirmé : "Nous avons constaté qu'il y a des difficultés dans tous les pays du monde certes, mais au Sénégal le phénomène est plus accentué".
Cette journée dont le thème est : "L'accès des filles aux filières scientifiques : quelles stratégies, quelles politiques", a servi d'occasion pour absatou Diop Diallo, d'emmener les élèves filles à visiter certaines structures techniques et écoles à vocation scientifiques.
"Il fallait donc développer un plaidoyer et emmener les enfants visiter certaines structures techniques, notamment les industries, l'école polytechnique, l'école d'agronomie qui sont des écoles à vocation scientifique", a -t-elle expliqué.
Poursuivant son propos, elle a ajouté : "Nous avons également invité des dames à témoigner, mais surtout organiser en amont, une journée de réflexion car le thème a été posé sous forme de question : "quelles stratégies et quelles politiques mettre en Å"uvre ?".
"Nous voulons faire d'une pierre deux coups pour célébrer cette journée de l'éducation des filles qui est une journée permanente, une journée de sensibilisation, de prise en charge", a encore dit l'inspectrice.
Elle a souligné que "cette journée sert de prétexte pour encore rappeler aux gens qu'il y a là un défi qu'il faut relever".
Un défi dont l'un des aspects est lié à la présence des filles dans les séries scientifiques. "Il y a parfois moins de trente pour cent des filles dans les séries scientifiques", a précisé l'inspectrice d'Académie, relevant que ces effectifs évoluent avant même la classe de terminale.
Selon elle, les filles jugent ces filières comme étant difficiles, inaccessibles. Certaines d'entre elles vont même jusqu'à les considérer comme des filières comportant le plus de risques d'échecs.
Evoquant le sens de la journée, Absatou Diop Diallo a rappelé que le vÅ"u du chef de l'Etat est de voir les femmes occuper des postes de responsabilité et être bien formées. "C'est pourquoi, par décret, il a institutionnalisé cette journée", a rappelé Mme Diallo.
"La valeur de cette journée est que les populations soient sensibilisées pour soutenir l'éducation des filles. C'est ce symbole qu'il faut rechercher à travers la célébration de cette journée", a-t-elle souligné.
Si la scolarisation de la fille était parfois considérés comme un problème, force est selon Absatou Diop Diallo de constater que "les gens semblent avoir résolu cette question". Néanmoins, le "maintien des filles constitue un autre problème", a-t-elle fait remarquer.
Face au phénomène lié au départ des filles de l'école à partir du moyen et du secondaire, elle estime qu'il faut relever le défi consistant à faire en sorte qu'elles restent sur les bancs le plus longtemps possible.
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