Republic of Togo (Lomé)

Togo: Togocel joue la transparence

11 Novembre 2009


Togo Cellulaire (Togocel), le seul opérateur mobile actuellement au Togo veut jouer la transparence. A l'initiative de l'Association togolaise des consommateurs (ATC) ses responsables ont accepté de répondre aux principales questions qui préoccupent les abonnés et, en premier lieu, le prix élevé des appels. C'est ce que rapporte L'Union dans son édition paru mardi.

Le journal liste les 14 problèmes auxquels sont confrontés les clients: coût trop élevé du kit, qualité du réseau médiocre, détérioration des cartes SIM, SMS trop chers, accès laborieux au GPRS, etc... Togocel a répondu avec franchise à l'ensemble des points évoqués sans toutefois régler la question des tarifs des communications. Des tarifs lus élevés au Togo que dans les pays voisins; Ghana et Bénin, notamment.

Maîtres Christian Charrière-Bournazel, Djovi Gally et Zeus Ajavon ont finalement rencontré à l'Agence Nationale de Renseignements (ANR) le lundi 2 novembre dernier Kpatcha Gnassingbé, détenu depuis le 15 avril dans une affaire de «tentative d'atteinte à la sûreté de l'Etat». Suite à cela, une conférence de presse a été animée pour expliquer à l'opinion l'essentiel de leurs discussions avec l'honorable député qui se résume en ces termes:«je mandate ces avocats que je charge d'entreprendre une démarche de conciliation avec mon frère Président de la République, Faure Gnassingbé», dixit Kpatcha Gnassingbé. Quelle honorabilité!

Au cours de leur conférence de presse, les avocats en «mission de confiance» ont rejeté avec force toutes les accusations portées contre leur délégant. «En ma conscience d'avocat que mes frères ont estimé digne d'élire comme Bâtonnier de Paris, il n'y a aucun fait dans ce que nous avons vu et je ne suppose pas qu'il y ait quelque chose ailleurs qui puisse aider à penser que M. Kpatcha Gnassingbé ait préparé un coup d'Etat», a lancé Me Charrière-Bournazel.

Plus loin, fustigeant la délibération de l'Assemblée Nationale et son bureau, il estime qu'il n'y a pas de flagrance dans cette affaire: «Et s'il n'y a pas de PV de police, c'est qu'il n'y a pas de flagrance et s'il n'y a pas de flagrance, c'est que l'Assemblée Nationale et son bureau ont été abusés et ont probablement délibéré un peu vite». De là, à croire que Kpatcha Gnassingbé est abusément détenu, le pas est franchi.

A la même tribune, les avocats ont fait des démonstrations encenseuses sur les conditions de détention du député:«Je voudrais en venir à présent à ce que vit Kpatcha Gnassingbé. A 180 jours de détention dans une pièce sordide, nous ne l'avons pas vue mais on a pu en mesurer la dimension par rapport au parloir où nous sommes entretenus avec lui. La porte avait été sérieusement fermée à clé pour qu'on ne puisse pas y entrer», a-t-on laissé entendre. De la même manière, les avocats ont spectaculairement avancé les humiliations dont ils ont fait l'objet.

On leur a demandé de marcher sous le soleil à 16 heures pour aller vers le parloir.

Pour les avocats, Kpatcha Gnassingbé est la victime et non le coupable dans cette histoire. «A comprendre que dans l'esprit des personnes qui gouvernent, le fait d'envisager, éventuellement en plaisantant, d'être candidat à une élection, ce serait un coup d'Etat qui justifierait une tentative d'assassinat», a-t-on mentionné pour expliquer les mobiles ayant conduit aux accusations. Pour finalement chercher à assassiner froidement Kpatcha Gnassingbé et les membres de sa famille: «Nous sommes donc là et cet homme est en isolement depuis 180 jours.

Aucune procédure contre les auteurs de tentative d'assassinat dont il a fait l'objet. Les photos de la maison montrent qu'il n'y a pas d'erreur, ce n'est pas un coup de feu tiré au hasard. Ce sont des murs entiers qui ont été sacrifiés sans aucun égard pour les pièces où vivaient la mère et les enfants, comme si on a cherché à atteindre délibérément tout le monde», a dit publiquement Me Charrière-Bournazel.

Ainsi les avocats ont entamé devant la presse leur mission de conciliation qui doit aboutir dans 10 jours. A suivre de près leurs démonstrations, le coup n'est pas encore joué. D'autant plus que le frère auprès de qui l'on doit obtenir l'arrangement est accusé indirectement de cautionner l'assassinat de son cadet et sa famille.

Une telle démarche a plutôt compliqué la situation. Et la riposte a été la constitution d'avocats de l'Etat pour que la lumière soit faite sur cette affaire devant les tribunaux.

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