12 Novembre 2009
Kinshasa — Jour J-1 à Mbandaka. C'est donc, dans 24 heures, que les députés de l'Assemblée provinciale de l'Equateur vont devoir se prononcer, en âme et conscience. C'est aux députés provinciaux qu'appartient le choix, parmi les cinq candidats annoncés, du futur gouverneur de province et de son adjoint.
Une question d'une brutale franchise peut être soulevée. Les deux élus, qui auront réussi l'exceptionnel exploit de drainer vers leur nom la majorité de voix à l'Assemblée provinciale, pourront-ils se prévaloir d'avoir gagné par mérite ? Embarrassante interrogation.
Quelle que soit la réponse des uns et des autres, Le Potentiel aura noté que les semaines précédant la campagne électorale ont été particulièrement mouvementées. D'abord, la Commission électorale indépendante avait enregistré plus de prétendants que de postes à pourvoir. L'appétit du pouvoir ayant sorti tous les loups du bois.
Ensuite, la classe politique a offert le spectacle désormais classique de reniements des alliances, de revirements de positions, de dénigrements réciproques, d'excommunications. Quel climat délétère !
C'est dans ce contexte qu'est sortie la grosse artillerie : le juridisme pour justifier les turpitudes de principaux acteurs. Plus préoccupés par leur avenir politique, ont-ils jamais pensé aux intérêts de la province ? Pas si sûr.
Toutefois, la campagne s'est terminée sur fond d'inquiétude. Le vote devant intervenir demain devrait, lui, se passer dans la sérénité. Dans la paix des coeurs et des âmes. A condition que les députés électeurs aient à coeur la responsabilité, personnelle et collective, de doter l'Equateur de dirigeants pétris d'esprit d'abnégation, de partage et d'altruisme.
Quoi qu'il en soit des stratégies montées par les partis pour gagner l'élection, le gouverneur et son adjoint élus demeureront bel et bien fils de l'Equateur. Le devoir les appelle à servir la République à travers les services à rendre à toutes les ethnies de la province. Sans exclusive.
Bien sûr qu'ils auront accédé au pouvoir grâce à la magie des partis politiques qui les parrainent. Politiquement, ils ont des obligations d'allégeance. Mais, une fois élus, ils n'auront aucune excuse de la part de la population. Car, c'est à son profit que doit, en priorité, tendre l'action de l'Exécutif provincial.
Bien mieux, le gouvernement de la République ne saurait se substituer au pouvoir provincial défaillant. Autant rappeler, en définitive, qu'il appartient au gouverneur de rendre compte de son efficacité, ou non. A ce titre, il est redevable vis-à-vis à la fois de la base à l'Equateur et de la hiérarchie à Kinshasa.
Ainsi prisonniers, le gouverneur et son adjoint n'auront de cesse de penser que leur position les expose dangereusement. Et que, pour mériter des électeurs en 2011, ils ont plus de devoirs que de droits. C'est ici que se situent les limites d'ingérence de Kinshasa.
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