Aly Diouf
12 Novembre 2009
En 2012, le Sénégal vise l'autosuffisance en riz. Le pays ambitionne de produire 500.000 tonnes de riz. Dans son optique de faire de l'agriculture le moteur de la croissance économique, les autorités vont soutenir les chercheurs et organiser les producteurs.
Le ministre de l'Agriculture, de la Pisciculture et des Biocarburants, qui défendait, hier, son budget face aux députés, a réaffirmé l'option des autorités de gagner le pari de l'autosuffisance en riz à partir de 2012.
Ainsi, outre la région du Fleuve, une attention particulière sera attachée à la Casamance où le Nerica, qui fait 5 à 6 tonnes à l'hectare, sera disponible. Pour cette année, la production nationale de riz est estimée à 536.000 tonnes. Elle devra être 500.000 tonnes en 2012. Des députés des régions rizicoles du pays comme Moussa Cissé, ont mentionné la difficulté liée à la commercialisation du riz local non sans plaider pour la préférence nationale et l'organisation du secteur.
Pour le ministre de l'Agriculture, de la Pisciculture et des Biocarburants, ces difficultés sont liées aux « manques de maîtrise du calendrier cultural qui aurait pu éviter le chevauchement dans la production ».
Sur les 536.000 tonnes, environ 13.000 seulement sont en souffrance, comme quoi soutient le ministre, le riz local est bien consommé.
Fatou Gaye Sarr a aussi annoncé l'intention du ministère de la Famille, de la Sécurité alimentaire, de l'Entreprenariat féminin, de la Micro finance et de la Petite enfance de créer très prochainement des boutiques villageoise pour la commercialisation exclusive du riz local.
L'option du Sénégal est de faire de l'agriculture le moteur de la croissance économique. Ainsi, le ministre Fatou Gaye Sarr a précisé que des structures comme l'Isra, l'Ita et tous les chercheurs seront soutenus.
Pour les députés, tout comme pour le ministre Fatou Gaye, l'agriculture ne peut pas se faire sans modernisation, voire sans organisation. Sur cette question de syndicalisation des agriculteurs, Aïda Mbodj a invité les ministres à la vigilance face aux velléités d'infiltration du mouvement syndical par des opérateurs économiques nourris par l'ambition d'exercer une emprise sur les instances dirigeantes.
Le ministre chargé des Relations avec les Organisations paysannes et de la Syndicalisation a promis d'y « veiller ». Selon Khadim Guèye, il y aura deux types de structures. L'une sera collective et va fédérer, au niveau national, tous les départements ; l'autre sera fédérateur, en fonction des spéculations, à l'intérieur de la première. Le ministre Fatou Gaye Sarr a annoncé le démarrage de la campagne agricole le 15 courant. L'objectif est d'acheter 300.000 tonnes. Une première tranche du financement sera bien sûr disponible, a-t-elle soutenu.
A la suite des débats, les députés ont voté dans la matinée d'hier le projet de budget du ministre de l'Agriculture, de la Pisciculture et des Biocarburants.
Celui-ci est arrêté pour la gestion 2010 à la somme de 89.309.319.360 Fcfa, contre 82.896.488.760 Fcfa pour la gestion en cours, soit une hausse de 6.413.830.600 Fcfa en valeur absolue et 7,74% en valeur relative.
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