Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Yakhya Diop Yékini sur sa confrontation du 4 avril face à Tyson - « Ce combat est un moment de confirmation »

Omar Diaw

12 Novembre 2009


Le combat devant opposer le 4 avril prochain, Mohamed Ndao Tyson et Yakhya Diop Yékini, aura valeur de "confirmation". Ou du moins c'est la signification que lui donne le « Roi des arènes » qui a fait hier, mercredi, dans une société bancaire de la place, face à la presse. Mais au-delà de ce challenge sportif, cette rencontre a permis à Yékini de revenir sur le processus qui lui a conduit à porter son choix sur cet adversaire qu'il avait nettement battu le 6 juin 2006. Mais surtout pour réitérer sa volonté de rester invaincu jusqu'au terme de sa carrière. « Ce qui est du domaine du possible », selon l'enfant de Bassoul.

Yakhya Diop Yékini compte tripler les moyens à sa possession lors de ses retrouvailles du 4 avril prochain avec le « revenant » Tyson. Le « Roi des arènes », qui a fait hier face à la presse dans une société bancaire de la place, l'a souligné en plaçant ce combat sous le signe de la "confirmation" dans une carrière où il a réussi à battre tous les adversaires qui ont tenté de prendre une revanche sur lui.

« Mon combat avec Tyson est d'abord un challenge sportif avant d'être un challenge financier. Chaque combat à ses réalités. Mais, il y a ce que l'on appelle le moment de la confirmation. Ce combat me permettra de dire qu'il a battu le meilleur de sa génération. Je vais utiliser les même moyens voire les tripler pour y arriver et s'imposer », soutien-t-il.

En bouclant la saison 2006-2009, par une victoire devant Gris Bordeaux, Yékini confie toutefois, qu'il était loin de douter qu'il allait inaugurer la présente saison avec des retrouvailles Tyson, un adversaire qu'il avait réussi à terrasser le 1 janvier 2006 au stade Léopold Senghor.

Après avoir fait le vide autour de lui, l'actuel « Roi des arènes » avait même souhaité au cours de la saison écoulée d accorder une chance aux valeurs montantes de l'arène qui caressent tous, le rêve de le croiser. Mais c'était sans compter avec les tractations que le promoteur à mener inlassablement pour l'opposer d'abord à Gris Bordeaux et aujourd'hui avec Yékini.

Pour le promoteur comme pour le lutteur, l'aspect financier sera également tout aussi déterminant pour faire pencher la balance en faveur de ses deux lutteurs très côtés sur la bourse des valeurs de l'arène.

« C'est après le combat entre Thiek et Bombardier que Gaston Mbengue m'a contacté en proposant de m'opposer à la fin de la saison au vainqueur du combat. Après l'échec des négociations, il m'a donné Gris Bordeaux et j'ai ensuite accepté. Je ne croyais pas au début que j'allais tomber sur Tyson », confie- t-il.

« J'ai accepté quand on m'a proposé Tyson. Personne ne peut aujourd'hui me contraindre d'accepter tel ou tel lutteur. C'est moi qui choisis mes adversaires. Je ne suis pas non plus arrivé à un stade où je peux avoir un cachet en deçà de ce que peux percevoir mes adversaires », indique-t-il.

Invaincu depuis son irruption dans l'arène en 1996, Yékini dit ne pas entrevoir l'idée d'enregistrer une défaite dans sa carrière de lutteur, même s'il est le propre de tout champion.

« Tous les champions sont appelés à tomber un jour. Mais c'est possible de ne pas tomber. Je m'emploie à le faire et je crois à mes possibilités », précise-t-il. L'enfant de Bassoul a en profité pour réfuter l'assertion qui lui est prêtée selon laquelle il allait battre et corriger son prochain adversaire Tyson. Tout comme il s'est refusé d'émettre un quelconque avis sur la confrérie et le statut de Cheikh de Tyson.

« Je n'ai jamais dit que je vais corriger et battre Tyson. C'est un adversaire que je respecte car c'est un lutteur qui a travaillé pour en arriver là. Personne ne doute que je suis un talibé Cheikh. Mais il faut le mettre de côté. Je ne commente pas la vie spirituelle des gens », avance-t-il.

A la suite de son agent Mamadou Niang, Yékini a par ailleurs exhorté, les lutteurs à être plus regardant sur le plan de leur comportement et de leur image, afin d'inciter les sponsors à s'intéresser davantage à la lutte.

« Le 4 avril est un évènement pour la lutte et nous ferons tout pour que d'autres sponsors s'intéressent à notre sport. Et pour cela, les pierres, les injures et autres bagarres doivent être bannies de l'arène », lance-t-il.

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